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de l’Adriatique ; plus d’une fois, jai contemplé la belle Naples tout étin.
celante des feux du soleil couchant : j'ai vogué sur les ondes azurées du lac de Genève; notre doulce France m'a charmé ; mes pas ont foulé le sol béni de Rome, et j'en ai tressailli d’un indicible bonheur... Mais tous ces grandioses spectacles, tous ces immortels souvenirs, toute cette poésie sublime, toute cette nature enchanteresse, ce n’était pas toi, ô ma patrie !
et je n'ai pas cessé un seul instant de te garder la première place dans mon enthousiasme et dans mon admiration.
Pourrais-je donc aujourd’hui ne pas implorer pour toi les bénédictions du ciel ?
O Dieu, qui selon votre bon plaisir faites les patries grandes et lorieuses ; vous qui assignez à chacune sa place au soleil des nations, jetez sur notre
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Canada un regard de complaisance et
d’amour, et donnez-lui des Jours pros.
pères.
Tous les peuples, je le SalS, VOUS appartiennent ; ils naissent à votre appel, vous les tenez dans votre main toute-puissante, et quand vous vous retirez d’eux, il faut qu’ils meurent.
Mais il en est qui sont plus spécialement l’objet de votre tendresse et de vos bienfaits. Vous entourez leur berceau d’une sollicitude toute maternelle, vous vous les consacrez en quelque sorte, vous leur distribuez avec une admirable sagesse les prospérités et les épreuves, afin que leurs regards et leurs cœurs demeurent toujuurs tournés vers vous.
Tel fut le peuple d'Israël destiné À donner au monde le Rédempteur.
Que n’avez-vous point fait pour
lui ? Après l'avoir soustrait à Ja.
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servitude de l'Egypte, vous vous
constituez son guide à travers les us périls et les tristesses du désert. Vous
êtes vraiment son docteur, son légisse | lateur, son maître et son vengeur.
e Pour l’instruire, vous luienvoyez des ds prophètes, et, pour le gouverner, vous e lui choisissez des rois selon votre t: | cœur. Se montre-t-il reconnaissant “ : et fidèle ? Vous le récompensez.
PE: l S'égare-t-il ? Vous le redressezaussitôt. : L] “ Je serai ton Dieu, lui aviez-vous dit, - et tu seras mon peuple. ” Grandes js : et consolantes paroles ! Israël pouvait- 4 il les oublier ? Les pères devaient les à rappeler avec émotion à leurs fils; ; | et David, chantant sur sa harpe ces t cantiques inspirés, dans lesquels | l'amour du sol natal ne se séparait ; pas de l’amour delareligion, s’écriait :
‘“ Jérusalem, louange au Seigneur !
Sion, remercie ton Dieu, car il n’a pas
traité avec la même Miséricorde toutes les patries !”
O Canada, ces chants enthousiastes du Toi-prophète ne te Conviennent-ils Pas à merveille 2
Est-il une nation qui puisse se glorifier d’une origine plus belle et plus pure que la tienne ? D'où te vinrent en effet tes fondateurs 2 N'est-ce pas de ce royaume auquel l'univers décernait Je titre de très chrétien ? Choisis entre mille, ils S'élancèrent vers tes solitudes immenses ; e{ tu sais avec quel Courage et queile générosité d’apôtres. Depuis ce Moment, as-tu cessé d’être comblé des célestes faveurs ? Ah ! trois siècles sont là pour affirmer le contraire. En un jour de lugubre mémoire, il est vrai, Dieu permit que tu fusses séparé de la France, mais n'était-ce point Pour que tu ne te Séparasses pas de
lui ? Il veillait alors sur toi comme toujours. En changeant de drapeau, tu n'as changé ni de sentiments, ni de langage ; ta foi est demeurée vierge ; tu as su maintenir tes libertés saintes et conserver les glorieuses traditions des ancêtres.
Que ton avenir, Ô mon pays, soit digne d’un si noble passé. Oui, qu’elle te soit chère à jamais cette religion divine qui protégea ton berceau. Ne la laisse ni s’affaiblir, ni diminuer en toi. Ne l’oublie point : c’est à l'ombre de la croix que tu as pris naissance.
Aime l'Eglise d’un amour tendre et fort. Avec quelle reconnaissance elle bénit jadis le filiu dévouement qui te fit voler à sa défense, lorsque, attaquée de toutes parts, elle sollicita le secours de ton bras ! Sois-lui donc toujours un serviteur fidèle ; souffre de ses souffrances, et réjouis-toi de ses
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triomphes. Prouve aux autres peuples que lui obéir ce n’est ni s’humilier, ni être esclave, ni se condamner à l'ignorance, mais trouver au contraire le secret du vrai progrès, de la vraie grandeur et de la vraie liberté.
L'’attashement de tes fils à cette patrie des âmes amoindrira-t-il l’amour qu'ils doivent avoir pour tol ?
Oh ! ne le crains pas; ‘“ tout le monde sait que la patrie et l'Eglise, le sentiment national et le sentiment reliœieux, loin de s’exclure, se fortifient l’un l’autre, et que, touchant la poitrine de chacun de nous, ie ciel et la terre y rendront ce cri célèbre :
A tous les cœurs chrétiens que la patrie est chère !
O mon pays, je t'en conjure, ne marche pas sur les traces des ingrats et des pervers. Observe scrupuleusement le jour du Seigneur et les fêtes
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de ses saints. Jamais, je l'espère, nous ne verrons tes temples abandonnés ; Dieu y sera prié, remercié, adoré par un culte solennel et public; la parole des pontifes et des prêtres y sera accueillie comme un oracle du ciel, Puisse chacune de tes lois être dictée par l'esprit chrétien et catholique, et ne contredire en ren les ordonnances, ou même les vœux et les désirs de l'Eglise. Rappelle-nous, par ta foi ardente, ces temps bénis où la France, en tête de sa loi salique, écrivait ces paroles immortelles Vival Christus, qui diligit Francos, vive le Christ qui aime les Francs !
Cher pays, je souhaite aussi que les lettres, les sciences et les arts prennent en ton Sein un essor nouveau. Ah! si Dieu te donne de nombreux poètes capables de célébrer dignement les incomparables beautés
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de tes paysages, les exploits de tes héros, les vertus de tes saints et l’intrépide courage de tes martyrs, qu'ils chantent ; et, lorsqu'un éclatant succès viendra couronner leurs efforts, leurs frères s’en réjouiront et battront des mains.
Ta langue, cette belle langue française pour la conservation de laquelle nos pères ont combattu, garde-la'avec une piété jalouse, comme un héritage de famille. Honte à ceux qui l’oublient après l’avoir apprise sur les genoux de leur mère! Qu'on l’étudie avec ardeur ; qu’elle demeure pour tout Canadien la langue de l'amitié et de la prière, afin que l'étranger, abordant sur nos rives, y reconnaisse une autre France, et que le Français y salue une seconde patrie.
Honneur et respect à toutes tes vraies libertés : liberté dans l’expres-
sion de tes sentiments religieux, dans la manifestation de tes sympathies, dans l’éducation chrétienne de tes fils.
Pour te gouverner et te conduire, daigne le Seigneur ne susciter que des hommes de conviction, de sacrifice et de courage, dont l’unique ambition soit ta prospérité et ta grandeur.
Et la charité, la vraie charité apportée par le Christ à la terre, puisse-t-elle régner entre tous les citoyens comme entre les enfants d’une même mère ! Point de ces divisions intestines qui nous affaiblissent, point de ces haines malheureuses capchles de compromettre les intérêts les plus sacrés. Quand, à l'exemple des premiers disciples de l'Eglise, ne formerons-nous tous qu’un cœur et qu’une âme ? Pourquoi emploierions-
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nous les courts instants de notre vie à nous déchirer et à nous porter des coups peut-être mortels ? Ainsi que nous l'enseigne, en son naïf et gracieux langage, l’aimablesaint François de Sales, “la pauvre mère poule qui, comme ses petits poussins, NOUS tient dessous ses ailes, a bien assez de peine à nous défendre du milan, sans que nous nous entrebecquetions les uns les autres, et que nous lui donnions des entorses.”
C’est là, me dira-t-on,un idéal irréalisable ici-bas ? C'est vrai peut-être ; mais pourquoi ne pas te souhaiter tout ce qu'il y a de meilleur, de plus noble, de plus parfait, ô ma patrie ?
Ecoute mes derniers vœux : que dans tes villes et tes campagnes le commerce et l'industrie prospèrent ; que nulle part l ouvrier ne soit sans travail, que le nombre des pauvres
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diminue, qu'une aisance honnête succède à la misère.
Je serai heureux quand je verrai
Le je ton territoire s’agrandir, tes fils cul- ï is tiver ton sol si fécond et lui faire !
fe produire ses trésors ; je me réjouirai ; it au spectacle des merveilles opérées é le par la colonisation devenue, grâce à k 15 nos pontifes, un glorieux apostolat.
es Que les arbres s’abattent donc dans tes À n- forêts encore vierges, que les solitudes ë se peuplent, qu'on y bâtisse de nouré- veaux temples au Seigneur, que les e ; paroisses s'ajoutent aux paroisses, et ï er les diocèses aux diocèses déjà floris- !
us sants.
m ? O Dieu, nous vous en prions, don- 1 ue nez la fécondité à nos champs, le à le succès à nos travaux et à nos entreit : prises, et préservez nos villes de tout ins malheur.
Bénissez nos évêques et nos prêtres,
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les gouvernants et les gouvernés, les pauvres et les riches, les enfants et les vieillards. Nous voulons rester votre peuple, ne nous délaissez pas.
Bonne année... bonnes années, Ô ma patrie !|
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Bonne année à la famille
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1Qvr de chers souvenirs se pres-
- sent en ce moment dans ma Été Le premier jour de l'an,
au foyer paternel, pourrais-je dire
combien il était ardemment désiré ?
Que d’agréables surprises il nous réservait, que de charmes il avait pour nos cœurs ! Un mois d’avance, tout le petit monde au logis était en liesse et ne parlait que d’étrennes, de promenades, de joyeux soupers.
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