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L'humbhle maison faisait sa toilette, le salon mettait ses plus beaux rideaux blancs, et s’ornait d'ordinaire de quelque parure nouvelle : tout prenait un air de fête, nous allions bientôt serrer la main à tant de bons amis !
La vieille année ne finissait plus.
Chaque jour qui s’écoulait était, je le sais bien, un pas de plus vers la tombe, mais y songions-nous dans ce temps-là ? Etre grand, cela nous semblait si beau, et nous étions si fiers de grandir !
Enfin, voici la dernière nuit ; mais nous ne dormions guère. Au pied du lit, le petit bas neuf était suspendu ; et ne fallait-il pas guetter l'ange aux ailes d’or qui devait, en passant, y déposer les bonbons les plus exquis ?
Le matin, l’aurore ne brillait pas
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encore, et déjà nos pieux parents étaient à l’église. Pour Dieu, disaientils, notre première pensée et notre première visite : c'était une vieille habitude à laquelle, pour rien au monde, ils n'auraient voulu déroger.
Ils priaient longtemps et avec ferveur pour eux-mêmes el pour nous ; puis, quand ils avaient bien épanché leur âme, ils revenaient vers leurs enfants impatients de les revoir. Alors, commençait une scène touchante, bien connue de toutes nos familles : respectueusement prosternés à leurs pieds, nous leur demandions de nous bénir ; et nous sentions comme une grâce céleste descendre en nos CŒuTS, pendant que leurs mains chéries passaient sur nos têtes. Puis nous nous embrassions avec tendresse. Que de vœux nous échangions tour à tour !
Que d’espérances, que de projets, que
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de beaux rêves ! Les cadeaux venaient ces Cadeaux convoités depuis de longs mois, et nous nous pensions bas Père, mère, frères et sœur, que nous vivions heureux ensemble, et comme nous étions loin de penser que ces joies si douces devaient nous être ravies bientôt !.......…
Et pourtant elles sont passées pour ne plus revenir jamais. Dans sa course rapide le temps emporte tout. Il ya des places vides maintenant à ce foyer jadis si rempli ; la mort, en y allumant ses Pambéatne. a fait succéder le deuil à la joie. Sans doute, nousnous souhaiïiterons encore la bonne année mais comment, en nous rappelant notre passé envolé, ne pas joindre à nos vœux des regrets et des larmes 2?
O vous, jeunes enfants qui lirez ces pages, vous qui ignorez la douleur d’être orphelins, rendez grâces
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au Seigneur, et dites-lui en ce jour, du fond de votre âme :
Oh ! Laissez-nous longtemps la joie à Ia maison,
Le père au coin du feu, le rire et la chanson,
Nos jardins pleins de fruits, et nos cœurs pleins de sève, La mère à nos rideaux, nous veillant avec vous,
Et nos chevets bénits, où, chaque nuit sur nous, Comme on sème des fleurs vous semez de beaux rêves.
Enfants, sachez-le bien, ces anges protecteurs, le père et la mère disparus, rien ici-bas ne saurait les remplacer. Jouissez-en maintenant, car votre bonheur ne durera pas toujours.
Vous arriverez bientôt, vous aussi, à cet instant de la vie où vous direz mélancoliquement avec le poète :
Que vous ai-je donc fait, Ô mes jeunes années,
Pour m'avoir fui si vite et vous être éloignées Me eroyant satisfait ?
Hélas ! pour revenir m’apparaître si belles,
Quand vous ne pouvez plus me prendre sur vos ailes, Que vous ai-je donc fait ?
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