SAUVÉ PAR MARIE
Ecoutez ce récit d’une mére:
“J'avais un fils unique, je l’aimais ! il m'aimait bien aussi, lui. Ilétait intelligent. J'en étais fiere, trop peut-être, A seize ans, il concourut pour un emploi et fut classé en première ligne. L'on me prédit pour lui un bel avenir: je consentis à le laiser partir. Au moment de la séparation, je lui dis en l’embrassant: ‘Tu aimes Ja Sainte Vierge, mon enfant, n'oublie pas qu'Elle n’a jamais abandonné qui a recours à Elle, tu me le promets, mon Charles? - Oui, ma mère, me dit-il, en me serrant dans ses bras...”
“Il alla à Marseille. Il m'écrivit souvent au début; ses lettres étaient affectueuses et pleines d'abandon. Elles devinrent rares par la suite; puis ...je pleurais, je priais, s'attendais; rien ne venait, Un jour, oh! bien longtemps après, je reçus un télégramme, il me disait: ‘Venez vite, votre fils Vous réclame.” Vingt-quatre ‘heures après, j'étais à Marseille.
“Je cours à la maison de Charles; le concierge veut m'empêcher de monter.
“Je suis sa mère, lui dis-je, et je gravis l'escalier comme une folle. J’entrai chez mon fils, malgré deux messieurs qui voulaient m'empêcher.
“Pauvre Charles, cher enfant, il était bien mal. Il avait demandé un prêtre, et an le lui avait refusé. Deux de ses amis s’étaient institués les sentinelles du démon pour empêcher le prêtre d'arriver. Alors il se rappela ma recommandation dernière, et le Souvenez-vous monta à ses lèvres, il le répéta sans cesse et tout haut. Une jeune demoiselle, un ange plutôt, en passant l’entendit.' Elle entra pendant l'absence de la garde ; touchée de pitié, elle m'envoya la dépêche qui me fit venir sauver mon enfant en chassant ses amis par ma présence.
“Un prêtre que j'avais prié de mesuivre arriva bientôt. Il reçut la confession de mon fils,'et il lui donna de la force et du courage. Je restai encore deux jours à ses côtés: à la fin du deuxième, il m'attira à lui et soupira à mon oreille: ‘Mère, c’est Elle qui t’a envoyée.’ Un moment après mon pauvre et cher enfant était mort.”
an anni een Ain