‹ Voie large et voie étroite [microforme]Chapitre 7 sur 21 · LES IN$SENSES · texte numérisé non relu

LES IN$SENSES

O aveuglement déplorable des hommes! Je me transporte sur une place publique: je vois une foule de personnes qui vont, qui viennent, qui courent, qui s’empressent ; je leur demande : Où allez-vous, où courez-vous avec cet empressement ? L’un dira : Je vais travailler à un établissement ; l’autre, je vais visiter un ami ; l’autre, je vais m'occuper d’un procès ; l'autre, une affaire importante m'appelle. Et votre

salut ? et votre salut ?... C* ainsi que parmi cette foule de gens agités, emprewse., à peine s'en trouve t-il quelqu'un qui s'empresse pour le salut de son âme. Tout le reste, absorbé dans les affaires tempo relles, refuse jusqu’au moindre le ses soins à la seule affaire qui les mérite tous sans réserve,

Non, Dieu ne condamne pas le soin raisonnable des choses de ce monde ; mais ce que Dieu condamne c'est la négligence criminelle pour le salut. Pour les affaires du monde, on est tout ardeur et tout feu : pour celles du ciel, on n’est qu'indifférence et que glace. On agit :isi, on mourra ainsi.

Voilà l’homr. * : où est le chrétien ? Voilà le temps ; quelle sera l'éternité? On a travaillé pour le monde, pour sa famille : qu'a-t-on fait pour Dieu, pour son salut! Quand on sera au bout de sa course, et qu'on jettera les yeux sur le chemin qu'on à fait durant sa vie, quel étonnement ! quels regrets! peut-étre quel désespoir ! Il fallait y penser et le prévenir.

Pensez à votre salut. De quoi sert à l’homme de posséder l'univers, s'il vient à perdre son âme ? Quid prodest homini, si mundum universum lucretur,

mimeæ vero suc detrimentum patiatur ? (Marc, 8.)

Page 1