‹ Voie large et voie étroite [microforme]Chapitre 8 sur 21 · UN QUART D'HEURE, $. V. P · texte numérisé non relu

UN QUART D'HEURE, $. V. P

Un courtisan, qui avait passé sa vie au service de son rince, étant tombé dangereusement malade, le prince qui ‘aimait, vint le visiter en personns, accompagné de ses autres courtisans. 1lle trouva dans le plus grand danger, réduit à une espèce d'agonie et comme prêt à rendre le dernier soupir. Touché de ce triste état: Pourrais-je quelque chose pour vous ? lui dit-il, Demandez avec confiance et ne craignez pas d'être refusé. — Prince, répondit le malade, dans la triste situâtion où jesuis, je n’ai qu’une

Chose à vous demander: ce serait de m'’accorder un quart d'heure de vie —Hélas ! ce que vous me demandez n'est Pas en mon pouvoir, dit le prince; demandez autre chose, si vous voulez que je vous exauce,—Eh quoi! dit le malade il y a cinquante ans que je vous sers, et vous ne pouvez m'accorder un quart d'heure de vie! Ah! si j'avais servi aussi fidèlement et anssi longtemps le Seigneur, il m'accorderait à présent, non Pas un quart d'heure de vie, mais une éternité de bonheur, Bientot après il rendit l'esprit.

eureux s’il profita lui-même de la leçon qu’il donnait aux autres sur le néant des choses humaines, et la nécessité de travailler au salut de son âme!

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