MéUse (larix
Bavière l'^*^*^ provenant de vallées basses. 6 à 8 ans
*î — — des montagnes 10 à 45 —
Oréfx k Gôjlach 9 à 40 —
Les écarts que présente la durée d'une môme essence n'ont ries qui doive surprendre, quand on songe aux causes si multipliées qui modifient les propriétés du bois lui-même, et à Tinfluencç si variaUe du milieu dans lequel il est pkcé; des traverses identiques «Dt des durées très^inégales suivftnt la nature chi hallast, leur (emploi en tranchée ou en remblai, etc.
tâi. Si, au lieu du climat tempéré de l'Europe centrale, on envisage les climats extrêmes, les conditions deviennent bien plus défavorables à l'emploi des mêmes essences. Cette influence, déjà trèsprononcée en Espagne, prend des proportions intolérables dans les régions tropicales d'une fîsûhle altitude. Au MsO, par ezeoiplei le
CHAP. V. — TRAV£fibi^S. —.BOIS etXjH PRÉPARÉS. — LEUR DURÉE. 171
pîD-du pays» très-médiocm en lui-même, il est mi, n'a pu être employé. — La plupart des bols se détiuîsent également ayec une grande rapidité sous le climat à la fois tonide et humide de Flnde. Aussi les ingénieurs anglais ont-Os rencontré là une difficulté nouvelle, atténuée, mais dans une certaine mesure seulement, par les ressources qu'offre la végétation propre à ces contrées.
Les bois employés dans l'Inde sont, sans compter le sapin dit crêo- «o/é, tiré d'Angleterre :
1* Le jarrah et d'autres bois d'Australie ; 2* le teak, le bois de fer ; 3" les bois du pays, notammpnt du littoral de l'Ouest et de l'Himalaya.
Le jarrah (mahogani d'Australie) est un bois très-dur, lourd (pesanteur spécifique, 1 à peu près), mais sujet à se fendre sous l'action du soleil, à tel point qu'au bout de 18 mois en moyenne on en avait déjà remplacé un dixième. — Ce bois résiste mieux d'aiUeurs sous le climat humide du Bengale que dans les présidences de Maéroê et de Bombay, Dans le Scinde, on a essayé. l'arbre à gomme, mais il se fend rien qu'en enfonçant les chevilles des coussinets : c'était le cas d'essayer les tire-fonds ^ il ne parait pas qu'on Tût fait — Ge bois est d'ailleurs extrêmement lourd, ce qui est un avantage au point de vue de la stabilité, mais un inconvénient au point de vue des transports, et un inconvénient d'autant plus grave que les transports sont coûteux et les distances très-longues. — Malgré la grande pesanteur spécifique du bois, on ne peut, comme on Ta dit plus haut, réduire . notablement le cube et surtout la largeur des tr^^erses.
Le teak, moins lourd (0,8), se comporte très-bien, mais il est cher. Sur le Branch-Railway, on a essayé de l'employer sous forme de madriers fonctionnant surtout comme tirants, et appuyés à chaque bout sur un dé du même bois. Ces supports, assez analogues à ceux de M. Pouiilet, appliqués, il y a plusieurs années, sur le Nord-Français, et abandonnés aujourd'hui, coûtaient seulement le cinquième des traverses ordinaires ; mais on a dû y renoncer.
Le bois de fer, le plus lourd de tous, est employé aussi depuis peu sur quelques points de TËst-Indien dans des conditions analogues, c'est-àrdire avec une épaisseur de 0*^,06 à O'tO?, moitié de celle des traverses en sapin. On caraint que cela ne suffise pas pour la solidité des chevilles.
Le sapin créosoté se comporte, au surplùs, très-bien tant sous le dimat humide du Bengale que dans le Scinde, beaucoup plus sec; aa durée paraît devoir être de quinze ans au moins.
UY. l". — VOIE.
t AU. n y a de longues années qu'on prépare les traverses. Les matières préservatrices en usage sont noxnbreuses; les moyens ci' application sont variés, même dans des conditions identiques d'amours; ce qui revient à dire qu'on n'est encore fixé ni sur la valeur relative
des unes ni sur celle des autres,
Les seuls points à peu près acquis sont ceux-ci :
1* Le chêne équafri n'est pas pénétré, du moins industriellement, par les dissolutions salines.
2* Le cœur ou bois dur de! autres essences est impénétrable à ces dissolutions, comme le cœur de chêne lui*mème.
8* La durée du chêne denuhrond et des autres essences usueUes en Europe, équarries ou non (le mélèze excepté), est presque toujours trop faible pour qu'on puisse les employer à l'état naturel, lors même, que leur prix est très-bas (1S6 et suiv.}.
A* Le sublimé corrodf, la créosote, ou plutAt Fhdle lourde se dégageant à 200* environ par la distillation du goudron de gaz, et le sulfate de cuivre, sont les substances les plus efficaces en elles-mêmes; introduites à dose sufllsante et de manière à atteindre tout le bois per- • méable, elles le préservent mieux que les autres de la destruction. Ce qui ne veut pas dire*qu' elles doivent par cela même être toujours préfcrées aux autres, puisque le problème est exclusivement économique, et qu'un procédé moins efficace peut être en somme plus avant<igeux. Le meilleur, dans chaque cas, est celui qui fait ressortir la dépense annuelle au taux le plus bas en faisant, bien entendu, entrer en ligne de compte les frais de l'opération même de la substitution des traverses. Hais l'incertitude qui règne sur la question de durée, même pour une essence, une matière préservatrice et im mode dTapplîcation donnés, ne permet paa de ramener purement et simplement la comparaison à des chiflres. Une même substance, un même procédé, une même essence donnent des résultats bien différents, suivant que l'exécution a été plus ou moins soignée, plus ou moins consciencieuse. Chaque ingénieur juge naturellement ^après ce qu'il a observé, et ainsi s'explique la divergence des opinions sur des questions de faits sans doute, mais de faits très-complexes et dont les causes sont souvent diûiciles à saisir.
. j i^ .d by Googl
CBAP. V. TRATEB8E8. PRÉPARATION. — ANTISEPTIQUES. 178
Les principes posés tout à l'heure comme déduits de faits expérimentaux paraissent impliquer une contradiction. Si, dans les autres essences, aussi bien que dans le chêne, l'aubier seul est pénétrable à la plupart des réactifs, il semble que tous les bois sont dans ks mêmes conditions, et que toutes les autres essences équarries dotvent, comme le chtoe, se refuser à rappHcation des procédés préser« vattife. S'il n'en est point ainsi, c'est que, comme on l'a déjà dit (133) , le bois dvTt qui occupe une grande partie de la section dans le chêne rond et la presque totalité dans le chêne équarri, même avec flaches, ne forme qu'une partie beaucoup plus faible ^ d'aîllêurs variable des autres essences. Quelques cahiers des charges ont fixé pour le hêtre, par exemple, un maximum que le bois dur ne doit pas dépasser. Cette partie, non atteinte par la substance préservatrice et devenue ainsi la moins durable, peut, en effet, se décomposer impunément si elle ne forme qn un petit noyau.
Dans l'état actuel de la question, il serait sans utilité d'insister longuement sur des faits isolés dont la discussion ne pourrait conduire à des conséquences générales. Nous nous bornerons donc à passer rapidement en revue les matières employées, les procédés d'application, et à énumérer les faits qui peuvent guider pour le choix à faire dans chaque cas.
Qn sait que les bois sont fonnés essentiellement de cellulose et de ligneux, substances ternaires non azotées, et que le fluide vital, la séve, contient des matières quaternaires azotéês, l'albumine et la ûr brine végétale, &cilement putrescibles, et dont la fibre végétale est pour ainsi dire imprégnée. Les conditions dans lesquelles les traverses sont placées ne sont que trop ^voraUes aux réactions mutuelles de ces éléments et de ceux de Tatmosphère, réactions qui constituent la pourriture ; les bois humides renferment d'ailleurs déjà en eux-mêmes les deux agents de leur décomposition, l'eau et riiir.
Quelque défavorable que soit, en général, la situation des traverses, le bois échappe, sous cette forme, à ime cause de destruction à laquelle il est soumis dans beaucoup d'autres circonstances, c'est-àdire la voracité des insectes. Quant à la végétation cryptogamique qui s'y développe, elle est plutôt Teilet et l'indice que la cause de la décomposition.
Les substances préservatrices agissent, soit en coagulant les matières azotées et les rendant imputrescibles, soit en formant avec elles des combmaisons stables, et probablement a^issi en détruisant les fer-*
174 uv. i**. — Ton.
ments contenus dans l air. Généralement aussi le mode d'application a pour effet d'éliminer plus ou moins complètement la séve, et, par suite, une partie des éléments putrescibles.
t4S. AniiseptiqtÊei, — Outre la créosote, le sulfate de cuivre et le bi-chlorure de mercure déjà cités, on emploie quelques autres aete, notamment le chlorure de âne.
La eréosote est, naturellement, en usage surtout dans tes contiées riches en hoùîHe prqpre à la ÊMcation du gas d'ôckurage. Anam ertdle presque exclusivement employée en Angleterre; elle a d'vUcnn asses de valeur intrinsèque pour supporter des transports asseï kin* tains; des navires anglais- en ont mtoe porté aux Indes des charge* ments complets; mais on a renoncé au transport en grandes masses d'une matière aussi inflammable à cause des dangers qu'elle présente; elle infecte d'ailleurs les navires.
La production très-limitée, et partant le prix élevé de l'huile de goudron en France, en restreignent l'emploi. 11 est d'autant plus coûteui que le bois est très-avide de cette huile. Si on la lui donne avec trop deparchiionip. ]o résultat est mauvais.
L'État belge, après des applications peu satisfai sautes du sulfate de cuivre, a adopté la créosote, qui lui donne depuis iSôS de bons résultats.
L'Est Prussien et la plupart des chemins aUemands voisins du Bbin donnent également aujourd'hui la préférence à la créosote. On paraît toutefois s'accorder à reoonnattre que cette substance convient peo pour le sapin à tissu lâche, peu résineux, qui en absorbe par trop. Une traverse peut alors absorber jusqu'à 60 et même 70 litres d'hnSeï tandis qu'une traverse de chêne, ayant peu d'aubier, n'en prend que 8 litres. 11 n'est pas nécessaire, sans doute, d'aller jusqu'à la satura* tion ; mais il est difficile alors de s'arrêter au point convenable, e! c'est ainsi qu'une traverse de sapin peut coûter plus cher quifflfi traverse de chêne, tout en valant moins.
Sur l'Est Prussien, on emploie non-seulement l'huile lourde provenant de la distillation du goudron de gaz, mais aussi le goudron loimême, qui est trop peu fluide pour pénétrer profondément dans le bois. Aussi son action sur le chêne équarri est-elle tout à fait superficielle.
En général les produits désignés aujourd'hui sous le nom de eréosote sont loin d'être constants, et souvent ils n'ont guère de commun que l'origine.
. j i^ .d by Googl
CliAP. V. TRAVERSES. PRÉPARATION. ANTISEPl'IQUES. 176
Le goudron de houille est un mélange très-complexe; la nature et les proportions des produits qu'on en extrait varient avec la nature de la houille, et avec la manière dont la distillation a été conduite» Ces produits 9e divisent essentiellement en : 1* huiles légères, ou hendnes, dont Tindustrie tire aujourd'hui un si grand parti pour la préparation des teintures; 2* huiles lourdes, ayant leur point d^ébul- Ûtiott vers 200" et renfermant Fadde phénique.
L'efficacité de l' huîle de goudron deliouille, dans laquelle il n'entre souvent en réalité pas un atome de créosote, est due, en même temps qu'à r.huile elle-même, aux principes divers auxquels elle sert de véhicule et noUmment à l'acide phénique, ('<?tle huile a aussi la propriété à peu près indifférente, au surplus, au point de vue des traverses, d'écarter les parasites qui attaquent les bois (*).
Le sulfate de cuivre, à peu près seul en usage aujoni d hui en France, est également appliqué en Allemagne, et surtout en Autriche ; il doit être non acide et pur; il est rejeté s'il contient plus de de sulfate de fer.
L'emploi du sublimé corrosif a toujours été trèsr-restreint par suite de son prix élevé, et des dangers que présente une substance aussi toxique ; il était même presque abandonné depuis longtemps. Hais le chemin badoisy qui en lavait iait usage et qui a pu constater son efl&»dté (des traverses en chêne et en sapin posées entre Hmdelbtrg et Manhim étûent intactes au hout de vingt ans), y est revenu en 1859, Fa abandonné de nouveau, et Fa repris récemment à TeKclusion de tout autre procédé. Cet exemple vient de déterminer le chemin de Nassau à ressayer de nouveau.
Le chlorure de zinc est loin d*ètre un antiseptique aussi énergique que les précédents ; mais il est peu coûteux. 11 n'a guère été employé qu'en Allemagne; mais c'était, il y a une douzaine d années, la substance la plus en faveur dans cette contrée ; aujourd'hui on ne la retrouve plus guère en usage que sur les chemins de Cologne à Minderiy delà haute Silésie, (sapin), de Brunswick, de Nassau, où elle est employée concurremment avec la créosote, de l'Est saxnrt, etsurtoiii vu Hanovre, où elle est appliquée exclusivement depuis 1850. Les iugé-
n lï'après des olMtmtiomréeenttt, cette propriété, qofdqne rédle, ii>st pas amsl
absolue qu'on le prétend souvent, quand il s'agit d'oavragcs à la mer. Le taret, par exemple, redoute plus la créosote que le sulfate de cuivre, mais U s'y fait; de sorte que leeré4>sotage ne dispense pas coati^lMiMiit de l'applicatimi des clous à maUleler, A tàei bleo joiatlTet.
nieurs de ce pays lui atuibuent la propriété de pénétrer complètement même le cœur de chêne.
Le chlorure de manganèse, que j'ai vu employer eu Âutiiche en 1853, a donné de mauvais résultats.
Le sulfate de fer elle sulfure de barium, introduits successivement en vue de produire par double décomposition un prédpité de suliate de baryte incrustant la fibre ligneuse, sont également abandonnés. L'insuccès de ce procédé, essayé en France sur la section de Creil à CompiigM et sur TEst (prix : Ô^,7b) , s'explique en partie, sans doute, par sa complication, qui le rendrait très^ûteux si l'on voulait ^astreindre à toutes les conditions indispensaUes, et peut-être d'asleurs insuIBsantes pour le succès.
144. Modes d^mjeetion, — La liqueur petit être introduite, {dus ou
moins complètement d'ailleurs :
1* Par biuipie immersion dans le bain froid;
2* Par simple immersioii dans le bain chaud, à une température peu élevée;
.^•Par shiiple immersion dans le bain porté à l'ébullition;
h" Par immei'sioD à chaud, le bois étant d'abord desséché et chauffé
àl'étuve;
ô° Ëu vase clos, par l'action d'une pression artificielle, le bois ayant été d'abord purgé de l'air et de l'eau qu'il contient par l'action du vide, et souvent soumis avarit tout à l'action de la vapeur d'eau;
6^ Par le procédé de H. Boucherie.
Nous ne citerons que pour mémoire l'application des enduits. La ghi tnarme, obtenue en ajoutant de la laque à une dissolution de caoutchouc dans l'huile provenant de la distillation du goudron de gaz, a été essayée il y a une vingtidne d'années, mais sans succès. Appliqués à des bois bien secs, bien exempts de fentes, les enduits auraient sans doute une certaine efficacité ; mais ils sont sans valeur pour des bois humides, renfermant en eux-mêmes tous les éléments nécessaires au développement de la fermentation putride. Peindre de tels bois, quelle que soit la peinture emjjloyée, c'est, comme on l'a dit avec raison, enfermer le loup dans la bergerie*
115. r Immersion simple à froid. — Elle est en général peu efiicace ; son action, dans laquelle lacause fort obscure désignée par le nom (ï endosmose païaît jouer un certain rôle, est fort lente; c est seulement au