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CHAP. V« — TRAVERSES. — PRÉPARATION. —- PROCEDAS

boat de deux ou trois jotirs, et souvent plus, que Tabsorption atteint à peu près sa limite. Un énorme matériel de rédpients est donc nécessaire pour une production journalière un peu considérable. Aussi

cette méthode, appliquée par exemple aux traverses en chêne demirond du chemin d Amiens à Boulogne^ y a-t-f lle été bientôt abaxidonnée ; l'antiseptique était le sulfate de cuivre. - "

Le procédé est cependant encore a])piiqué au pin et au sapin sur les chemins de Berlin- Anhalt, Ouest saxon. Est saxon i sur ce dernier, l'immersion est prolon^^ée pendant huit jours.

Aujourd'hui comme autrefois, c'est par l'immersion à froid qiion procède, dans le duché de Bade, pour l'application du sublimé corrosif. Les traverses restent pendant dix jours dans le bain, qui est au titre de jj^. Les récipients sont des auges en sapin, de 6 mètres de longneor, 2'*,55 de largeur et 1°*, 50 de profondeur» revêtues intérieurement d'un (»)duit composé d'huile de lin (1 part), de cire (1 part) , de gomme (2 part) et d'étonpe hachée. Cet enduit est posé k chaud, n sert élément à mastiquer les joints lorsque des fuites se déclarent Des ferrures extérieures et de longs ttoulons à écrous, noyés dans l'épaisseur des madriers, permettent d'ailleurs de serrer les joints et de les rendre -étanches.

La dissolution se fait à chaud, dans un vase spécial, sur OS 6 de sel et S litres d'eau seulement à la fois. Cette dissolution concentrée est amenée au titre de jj^ par l'addition d'eau froide.

La préparation coûte 2»'*'**»-,5 par pied cube, soit 11 ',48 par mètre cube.

Les ouvriers doivent s'astreindre à diverses précautions, dont ils payeraient chèrement l'oubli, lis doivent éviter soigneusement tout contact, soit avec la liqueur, soit avec le bois préparé, et se défier surtout de l'introduction des moindres parrellps de sel dans les organes de la digestion et de la respiration. La dissolution s'opère au moyen d'un agitateur, dans un vase fermé, qui doit recevoir d'abord l'ean bouillante, et ensuite le sel. Si l'on faisait l'inverse, la vapeur entraînerait des particules salines. L'ouvrier a d'ailleurs un tampcm sac la bouche*

Avant d'enlever les traverses, on Mi passer, au moyen de pompes en bois, la liqueur dans une auge,, voisine. Les hommes qui ex^ent les bois portent des gants, et un sarrau par-dessus leurs vêtements. Ils doivent d'ailleurs se laver avec beaucoup de soin, surtout avant leurs repas;

LIT. ▼OII*

Diverses industries exigent des précautions de ce genre. Bans ure usine permanente, avec un ])( rsofuiel spécial, rexéciition des mesures de pnidejK e s'obtient assez facilement. 11 n'en est pas de même d'un chantier îr mporaire, dont le personnel se recrute en partie sur les lieux, parmi des hommes qui ne comprennent guère que leur existence puisse dépendre de l'exécution fatigante et minutieuse de ces recommandations. C'est une objection sérieuse contre l'applicatioD d'mi procédé, qui a d'ailleurs contre lui son extrême lenteur.

t4«. 2* Immersion à chaud. — On a constaté, sur la ligne à'Âmiem à Boulogne^ qu'en portant le bain de sulfate de cuivre à la température de 60* environ on obtenait, en une demi-heure, un résultat au moins égal à celui que donnait, toutes choses égales d'ailleurs, l'immersion à froid pendant deux jours et même plus; aussi s'empressat-on d'adopter cette méthode expéditive et économique (0',35 à O'.AO par traverse). Le résultat a été satisfaisant, l'aubier ayant atteint à très-peu près la durée du cmur; c'est évidenunent tout ce qu'on pouvait désirer. La liqueur contenait ^ de sel; on opérait dans une cbaudière en plomb. Ce procédé sommaire, appliqué plus tard, mais avec peu de succès, sur le chemin de TEst français (sulfate de enivre: prix, 0',50] , est à peu près délaissé aujourd'hui ; peut-être cependant es^il, tout compte &it, le mieux approprié au chtae demi-rond, avec lequel la durée de la traverse a pour limite nécessaire la durée du cœur, qui forme une trop grande partie de la masse pour que la tni* verse lui survive.

Le chemin d'Orléans applique ce procédé, aujourd'hui encore, et au chêne équarri. Le bain de sulfate de cuivre, au titre de jq, est porté à la température de 60 degrés. La pénétration est très-superficielle, mais elle coûte fort peu, et comme l'altération du bois commence par la surface, cette action si limitée de la matière présemtrice est regardée comme très-utile. — L'application ne remonte pà^ assez haut (1856) pour que l'eflicacité de l'opération soit constatée encore, mais les résultats, d'après M« Sévénef ingénieur en chel' de la voie, s'annoncent bien.

149. 3" luunersion dans le bain porté d L'ebulUiion. — Ce procédé {das Kochen^ procédé Butiner) a été appliqué en Allemagne, notamment en Bavière où il était en faveur il y a plusieurs années. Les traverses, en sapin équarri, étaient placées verticalement dans une grande cuve en sapin; on les ûxait par le haut pour les empêcher de flotter;

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la liqaear (sulfate de cuivre) était introduite et portée à la tempéra^ ture de rét>u]litioii au moyen d'un jet de vapeur emprunté à une petite duiudière. L'injection de la vapeur cessait au bout de A6 miimtes environ; on laissait le tout se refroidir lentement, et c'est surtout pendant cette période que l'absorption s^effectuait.

Cette méthode a donné généralement des résultats médiocres. Une élévation modérée de la température favorise Tabsorpllon, mais ici le but est sans doute dépassé. Si, d'une part on introduit à plus haute dose la substance préservatrice, de l'autre la dissolution trop chaude altère la constiLuiion du bois en lui enlevant des principes essentiels à sa conservation.

En Prusse, le reproche qu'on adresse à ce procédé est de ne donner qu'une pénétration superficielle; peut-être les traverses étaient-elles extraites trop tôt du bain.

Ce mode est toutefois appliqué encore sur l'Est saxon ; il l'a été également aux traverses en hêtre et à une faible partie des traverses en chêne des nouvelles lignes du Holstein, mais en élevant la tem- ' pérature à S& degrés au plus (chlorure de zinc).

«49. A* fmmemon âan$ un bain ekaud uprH ehaufage du boU à téttm, ^ A l'exception du procédé Boucherie f qui est à cet égard dans des conditions toutes particulières (156) , il faut en général pour disposer lè bois à absorber la liqueur antiseptique, le purger, aussi complètement que possible, de l'eau et de Fair qu'il contient Une exposition prolongée à l'air atteint assez bien le premier but, surtout si elle a pu être précédée d'une immersion prolongée dans l'eau. Celle-ci a pour effet d'opérer un échange entre l'eau et la séve, d'enlever au bois des matières hygrométriques (et en môme temps putrescibles), et de faciliter ainsi la dessiccation par rexpo-iù ii ultérieure à l'air. — Le chauffage à l'étuvc vaporise l'eau, et de plus, en dilatant l'air, il l'expulse en grande partie des méats. Le bois, plongé chaud lui-même dans le bain chaud, se sature beaucoup plus rapidement, tout en absorbant beaucoup plus; mais la chaleur doit être appliquée avec mesure dans l'étuve, pour éviter de faire fendre le bois.

Le chauffage à l'étuve et l'immersion dan^ le bain chaud, applî» .qués surtout avec l'huile de* goudron, constituent un des procédés BitheUf fort usité en Angleterre; il est employé aussi en AUemagné* sur le chemin ^ Àix k DussOdorf^ par exemple. Les traverses, demirondes et écorcées, sont chauffées à l'étuve pendant 24 heures au

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moins et hS au ptas, et à 100 degrés. L'immeroioi^ dans le d'huile dure 2^.h«ire8. — Prix : l'42 par traverse. > M. finheU procède aussi 'conune îl eioit : les traverses sept pla^ cées dans un séçhoir où sont dirigés les produits de la combasto. . Le bois, en même'temps qu'il se- dessèche, s'imprègne des produits empyreuînatiques dégagés par le combustible. Il ébt ensuite plongé dans Thuile bouillante. Ge procédé, mal appliqué, du restû, a donné de mauvais résidtats sur l'Est français.

IM. 5^ Procédé par le vide èt.ht prcifton.— Le procédé^en itm

clos, exigeant un matériel assez- considérable, ne conviendrait p«B pjour une faible production. Mais comme il réussit d'autant mieux que le bois est plus sec, la préparation peut être centralisée dans un atelier alimenté par des bois venant de loin; ce n'est plus, du moins, qu'une question de prix de transport. ■ L'outillage comprend : 1* un récipient, longue chaudière cylindrique ayant à un bout une calotte sphériqne et à l'autre un obturateur solidement agrafé et devant supporter, comme le récipient, des pressions effectives de 7, 8 et même 9 kilog. par cenjiinètre<piarré; 2"* des wagonnets sur lesquels les traverses* sent empilées, et qui circulant sur une petite Voie à l'extérieur et .à l'intérieur, rendent le chaigement et le déchargement faciles et prompts; S* une madiioe à vapeur et sa chaudière, ordinairement une loc'omobile;'4* des pompes à air; 6* des pompes foulantes; 6* les tuyaux et lea rebinels nécessaires pour établir et interrompre les communications. '

tes wagonnets étant introduits et le couveande mis eo place, le ré* client est mis duccessivement en communication : 1* avec la diandiëre, le récipient étant ouvert de manière à déterminer, un courant * de vapeur; 2* avec les pompes à air, qui font le vide; 3" avec le bassin à Vair libre contenant hi liqueur, que la pression atmosphérique refoule dans le récipient ; 4' avec les pompes foulantes, qui soft mettent tout le système à une pression déterminée.

On rrproche à cette méthode cF introduire la liqueur dans tous les sens et d'emprisonner ainsi dans le bois les liquidos et les gaznnisi- Mes, soit par leur nature même, soit seulement par l'obstacle qu'ils opposent à l'introduction de la suhstanc&préservatrice. Cette objection, fondée en principe,'perd beaucoup dé son importance si les trois premières phases de l'opération ont été conduites à» manière à atteindre Jera but» qui esl? d'éliminer l'eau et Tair contenus dans le bois.

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Ce procédé est appliqué à la pénétration des traverses pair les trois substances les plus usitées : huile de goudron, chlorure de xinc, sulfate de cuivre ; mais avec la première, l'action de la vapeur sur le bojd doit être remplacée par uiie dessii^tion préalable» la présence de Teau^ mèiDe en très-^le proportion, ëitant. uA o))stacle k û pénétration de l'huile. Il est d'ulleurs indispensable de chauffer cellenïi dans le récipient lorsque la température de Tair est peu élevée pour maintenir sa fluidité, de- sorte que les tuyaux d'injection de .vapeur subsistent; seulement ils ne fonctionnent qu'après Tintroduction de la liqueur. Cette action de la vapeur est d'ailldnrs toujours avantageuse^ et on l'étend âssez souvent au bassin à l'air libre, mais en chauffant modérément pour éviter une distillation en pure perte.

Tandis qu'avec les deux premières substances le récipient est en tôle de fer, il doit être en cuivre avec la troisième. C'est cette dépense assez considérable, d'autant plus qu'il faut deux récipients pour une marche continue, qui seule a*restreint Vapplicatioii du procédé avec le sulfate.de cuivre. Je l'ai vue dès 1853 en pleine activité en Autriche; le mode de préparation . prôné depuis quelques années en France sous le nom de procédé Ligi et Pinmnet, n'est pas autre chose ; les détails sont bien enteaqjjdus, puds le principe n'avait

absolument' rien de nouveau* -

On a essayé somoent, avec le sulfate de cuivre, de conserver le récipient en tôle en 1^ protégeant àTintérieur par un doublage ou par l'application d'un mastic }L-BeUuU^ qui a fait usage aussi del'appa^ ^raîl pneumatique et du sulfate de cuivre, a essayé le plomb, le caoutchouc, la gutta^percba, et un mélange de gutta-percha et de caoutchouc, en protégeant cet enduit par un revêtement en bob. MM. Burth et compagnie, dans le3 appareils qu'ils ont installés à J?ordcaux et kHennebon, ont fait usage d'un enduit de bitume protégé également par ^un doublage en bois. L'expérience ne paraît pas avoiiprononcé encore sur la valeur de ces expédients. Les pièces ordinairement en fer doivent d' ailleurs être remplacées aussi par du cuivre dans les petits chariots de manœuvre.

150. 11 est évident que le procédé pneumatique donne des résultats d'autant meilleurs qu'on prolonge davantage l'action préparatoire de la vapeur, celle du vide, celle de la pression, et que l'un et l'autre sont poussés plus loin* Mais aussi, l'opération est d'autan)^ plus coûteuse, tant en elle-même que par suite d'une absorption plus grande de

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matière préservatrice. Gomme il y a d'autant plus d'intérêt à prolonger la durée du bois qu'il est plus cher, et comme son prix est Vérnble, il est tout simple que les conditions de l'opération wient d'un tas à l'antre. Cette cause ne sii^t pas néanmoins poar expliquer les différences ai grandes qu'elles présentent, et ces différences doivent être attribuées pour une bonne part àTabsence de données précises sor le degré d*eificacité qu'on peut espérer ; plus on compte sur cette officacité, moins on tient àrédiûre la d^ense éè la préparation.

tM. Crêù$ùl«* ^ Le créosotage pneumatique a été appliqué sur les chemins de l'Est prussien et de la haute Silésie, en remplaçant, comme il convient de le faire (148), i jnti oduction préalable de In vapeur dans le récipient par la dessiccation du bois, soit à l'air, soit à l'étuve, où il séjournait jusqu'à ce que tout (]égap:ement de vapeur eût cessé ; les traverses passaient alors dans ie récipient.

A Bromberg (Est prussien) les traverses (chêne et sapin) restent empilées, avant d'être injectées, pendant 1 an ou 1 an et 1/2. Si les dépôts sont abrités, la dessiccation est alors assez complète pour que le cbauflàge à l'étuve soit superflu. Mais il est nécessaire si 1* exposition a en lieu à Tair libre, et surtout si la préparation est faite à la suite de pluies prolongées. La durée de l'étuvage est de à heures, odle do idde (0",6S à 0-»68 de mercure) de 1 heure 1/2» et celle de la pression (7 à 8 kil. par centimètre quairé) de 2 heures 1/2. L'absorption a été en moyenne 19 kiL d'halle pour les traverses de sapin* et 5^,6 pour les traverses de chêne. On a même rénssi à fiûre absorber au sapin 70 kîL , tandis qu'on n'a pu d^[>asser 8^",^ pour le chfine. Le premier serait donc, en pratique, beaucoup plus éloigné que le second du point de saturation.

On emploie à Bromberg : 1^ d(; l'huile dite/îne, tirée d'Angleterre; 2* de l'huile dite moyenne; 3* du goudron, provenant de l'usiae àgas do Berlin. Le prix total de l'injection d'une traverse est :

, Sapin. CMm.

Avee l'huile fine. S',79 • IMS

Avec rhuile moyenne^ • . Sftii 0',89

■Avec le goudron 0',96 V^it

Les huiles pénètrent complètement le sapin, le cosur excepté; dans le chêne équarri, les fentes et fissures sont seules pénétrées. Sur le chemin de la haute Silésie, les traverses étaient soumises

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