SC
CHAP. Xf. — ÉPREUVE DES RAILS PAR LE CHOC. 045
Le lail n* 6 a donc, quoique presque tout à nerf, une rhUtance vive beaucoup moindre qae celle du rail n' 9, presque tout à grain, et d'un poids très>pea supérieur. Ce même rail n** 6 n'a, sous le rapport de cette résistance, qu'un avantage insignifiant sur les rails 10 et 7, de poids identiques, et l'un et Vautre à grain. Il est clair, d'ailleurs, que les effets des différences de texture peuvent très-bien, en général, être masqués par les différences de la qualité même des fers ; mais ce n*est pas le cas ici : il s'agit de fers médiocres, comparables, si ce n'est identiques, sous le rapport de la qualité.
Si l'influence de la texture sur la résistance à la rupture par le choc est loiji d'être constante, il est incontestable, cependant, qu elle se manifeste parfois do la manière la plus nette. Ainsi, à l'époque encore • récente où le chemin de fer de l'Est faisait fabriquer à la fois des rails à champignons symétriques et des rails Vignole, l'infériorité de la résistance des premiers était si prononcée que la hauteur de chute du mouton de 300 kilogrammes, fixée comme elle l'est encore aujourd'hui, à 2 mètres pour les VignoU avait dû être abaissée à l^'fôO pour les doubles chafnpîgnons; et encore, tandis que les uns résistaient facilement à l'épreuve, la compagnie devait-elle souvent, pour éviter de rebuter des rails qu'elle savait être bons, réduire à l'",â5 et même à i'^yAO, la bauteur de chute pour les seconds. Le poids étant le même» la différence ne pouvait s'expliquer que par la nature du patin du Yignote formé de fer à nerf, tandis que ce fer n'entrait que pour une très-&ible fraction (la tige) dans la composition du rail symétrique.
Il n'y a pas d'ailleurs à se préoccuper ici de légères différences des formes du profil, pourvu que la section soit la même; la résistance au choc ne dépend alors, en effet, toujours avec le même degré d'approximation, que du volume, ainsi qu'on le constate immédiatemeut pour un prisme à section rectangulaire :
Keprenons en effet la relation approchée
PH^ip./^ (a)
et les valeurs
' 48 El ' » •
reportant celle-ci dans la première,
'""42 tV
reportant dans (2) ces valeurs de P, et de /;
Pïï = .»
ft el e étant les côtés de la section rectangulaire» on a : d'où
Pïï = -^ — o^essitTs y étant le volume, et jfc un nombre.
Les conséquences à tirer de cette discussion sont: 1' que le seul fait de la texture à nerf n'est pas par lui-même une prarantie certaine d'une plus grande résistance au choc. (Rappelons d'ailleurs (319, note) que cette texture est souvent due, en pai*tie, à l'action plus prononcée des appareils d'étirage sur le patin du raU VignoU); 2^que cette résistance peut être approximativement déduite de l'observation des niptures et des flèches statiques. Ce mode présente môme autant d'exactitude, si ce n*est plus, que l'expérience directe ; et il a surtout Favantage de rendre les comparaisons plus légitimes, les appareils employés dans les essais au clioc présentant des différences qni ont une grande influence sur les résultats, et que n*éliminent nuUenieiil les termes vagues dans lesquels les cahiers des charges défiuisseiit rinstallatlon de ces appareils.
Quoi qu'il en soit, si Ton admet T^reuve par le choc, il jestdiflicile â*aâmettre que les conditions soient convenablement formulées parles cahiers des charges. En s*abstenant de Ihnîter la flèche sous chaige dans répreuve statique, et en imposant seulement, pour l'épreuve dynamique, la condition de résister à un choc d'une intensité déterminée, on pousse les usines à produire des rails mous et flexible Celte tendance est combattue, sans doute, dans une certaine mesure, par la coirduion de la texture grenue dans le champignon ; maisl® conditions devraient être d'accord entre elles, et toutes dirigées vers un but vraiment utile. La condition de résister à un choc donné ne serait vraiment sigiii(l<*ntive, que si on limitait en plus, soit la fl^îci^^ sous le choc, soit de piéiérence, la llèohe permanente après le choc
CHAP. XL — BAULS £N FER, A CHAMPIGNON CÉMENTÉ. kkl