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CHAP. XI. — LUTTE DU RAIL EN FER ET DU RAIL BESSEMER. A

leurs principaux débouchés. S'il ne s'agissait que de substituer . en tout ou en partie, le convertisseur au four à puddler, il n'y aurait là, en somme, qu'un de ces changements d'outillage auxquelles Tin* dnstrie est soumise par le fait même de ses progrès. Mais telle n'est pas la situation pour les nombreuses usines dont Texistence même a pour base des miserais ordinaires, produisant des fontes impures, que les méthodes nouvelles n*ont pas encore réussi à convertir en métal fondu étirable.

Sans doute, le développement des votes de communication, l'abaissement des tarifs des chemins de fer et des canaux, permettent aux minerais riches et purs de franchir de très-grandes distances sans être grevés de frais excessifs. C'est grâce à cette expansion des minerais de choix que beaucoup d'usines, appliquant les procédés ordinaires, ont pu relever singulièrement la qualité de leurs produits. Mais un prix de revient admissible pour les minerais destinés seulement à améliorer le lit de fusion, où ils n'entrent qu'en faible proportion, serait souvent impossible lorsque ces minerais devraient être, au contraire, l'élément principal, n admettant qu'à.petite dose les.ininerais économiques.

D'un autre côté, il est vrai, c'est précisément la nature spéciale et la rareté relative des minerais propres à donner, au convertisseur ou au réverbère, le métal affiné fondu qui, limitant la production de oe métal, pourra permettre au fer ordinaire de se wiftint^nif en concur^ rence avec lui sur le marché des chemins de fer.

On escompte souvent, en faveur du Beumêr^ la chance de nouvelles réductions de prix (3&8) , ne fût-ce qu'en se fondant sur l'époque prochaine où le brevet principal sm périmé. D'antres soutiennent, an contraire, qu'une élévation du prix de l'acier est plus prdnble, et cela d'autant plus que son succès sera plus complet, la cause d'abaissement qu'on allégué devant être compensée, et bien an delà, par l'inévitable renchériss^ent des minerais spéciaux. Si les réseaux étaient complets, s'il ne s'agissait que des réfections de voie, la quantité de matière neuve à produire annuellement serait peu considérable, la consommation réelle, déjà faible pour le fer, devant être bien moindre pour l'acier. Mais qui peut prévoir où s'arrêtera le développement des voies ferrées ?

Les conjectures sur un tel sujet sont très-hasardées ; mais on ne peut refuser à la seconde opinion, celle qui admet le renchérissement, une certaine vraisemblance. Le Bmemer n'a, du reste, contre

49Q UV. l«. — TOŒ.

loi, ao point de vae éconoinî(iue, que cette condition de la spécialité, de la qualité des minerais, et peut-être réua^ra-t-on à 8*en affranchir.

Quant aux dépenses d'installation, si elles sont considérables, cet inconvénient est amplement compensé par une propriété précieuse de l'appareil : sa puissance de production.

Le succès du rail Bessemer est si éclatant, qu'il îaif?<;p peu de prise à la critique, même à la critique rendue plus clairvoyante par l'intérêt personnel menacé : aussi a-t-elle été rare, et timide. On a bien prétendu (*) que le rail en fer fabrifjué avec le soin qu'on y apportait autrefois, mais dont on s'est déshabitué depuis, pourrait lutter avec avantage contre le Bessemer. 11 est facile de le dire, il serait diflicile de le prouver. Que l'on y tâche, du reste, rien de mieux. Si la lutte contre le redoutable rival qui menace de supplanter, au moins en partie, le rail en fer conduit à améliorer sa qualité, ce sera un service de plus rendu aux chemins de fer par la découverte de \L Bessmir»

Cl Voir le Jotiroal VEngimer de 1866. '

LliAP. Ail. — Ai»S£UUE|lËMÏ D£ LA FLATË-FOBM£. Â9i

GHAPITRR III.

ISSÉCBEIIBirT DE LA TOIE. — A$SAI|llSBt1lBRT DBS TRAVCHte Wt DIS RIMBLAli.

§ L — MMétÊÊÊimmt «e ta naMume.

307. F055P.S latéraux, — Nous avons déjà insisté (17ù) sur l'importance capitale de l'assèchement de la voie. Il est nécessaire d'entrer dans quelques détails sur les moyens par lesquels on l'assure. L'assèchement des talus, c'est-à-dire, dans beaucoup de cas, la condition sine quâ non de la stabilité même des terrassements, tranchées et remblais, se rîiftache d'ailleurs intimement à celui de la pinteforme, et U est iiatuiel de réunir les deux sujets dans un même . chapitre.

Aux termes de l'article 7 du cahier des charges français :

« La compagnie devra èteblir le long du chemin de fer, les fossés ou ri* « goles qui seraient jugés nécesssaires pour Tasséchement de la voie et m pour récoulement des eaux. Les dimensions de ces fossés et rigoles sont « déterminées par Tadministration, suivant les circonstances locales, sur « les proposilîons de la compagnie. >

En Allemagne, les instructions de )a réunion de Drade Tecommandent d'abaisser le plan d*eaa de tdle sorte qu'il ne puisse pas, même à son maximum de hauteur, être atteint par la gelée (*).

Le ballast doit, aut<ant que possible, être parfaitement perméable ; récoulement s'opère alors à la surface de la plate-forme, dont le proiil en travers a été réglé en dos-d'âne, «à pentes de 0,03 environ.

Mais cette perméabilité est souvent imparfaite; on ne peut alors compter sur le seul écoulement par infiltration, et il faut bien admettre aussi l'écoulement à la surface; on le facilite en reglani le ballast suivant de faibles pentes longitudinales, aboutissante des ret€n «Teott transversaux.

(*) VtfManmgen, de., «rt. 83.

UV. 1*'. — V01£.

La pente du plafond des fossés latéraux est généralement celle de la plate-forme elle-m^me, et sa largeur, 0*,âô environ'(Pl. XXXUI, ' 1 à 5). La profondeur et la largeur en gueule varient suivant la pente, et suivant le volume d'eau à débiter; la section doit être relativement considérable dans les tranchées longues profondes» en palier, et à talus très-doui, surtout si aux eaux d'amont et à celles que la tranchée reçoit directement, s'ajoutent celles que fournissrat des alternances de bancs perméables et de bancs imperméable afiDeuiant sur les talus. La nature absorbante du terrain inférieur permet cependant quelquefois de réduire le débouché des fossés, qui peuvent alors dégorger inférîeurement. Tel est le cas de la tranchée de Clamart (ligne de Paris à Rennes) ouverte dans le cakaiie grossier; des trous de sonde jettent l'eau dans la craie, c^ui l'absorbe.

î.e cahier des charges français prescrit (art. 7 ) de ménagei- au pied ('r chaque; talus du ballast, une banquette de 0™,50 de largeur au moins. Cette l>;ni(jueite, qui sert à la fois à protéger le fossé, à recevoir provisoii enieut les dépôts provenant du a]rag:e, et à la circulation des agents, était autrefois placée, dans les tranchées, au pied de leurs talus; mais comme elle disparaissait bientôt par l'action des . eaux et des éboulements, elle a été transportée de l'autre côté du fossé {fig.^kb).

Sur beaucoup de chemins allemands, le ballast est encaissé dans la plate-forme, qui constitue ainsi les accotements, de sorte que Teau doit être dirigée dans les fossés par des cùiaux qui traversent ces banquettes. Cette disposition réduit le cid» du ballast; mais elle ■ présente plusieurs inconvénients : le balhist s'altère par son mélange avec la terre, Fentretien est plus difficile, l'assèchement plus impars fait; l'économie est d'ailleurs médiocre ; aussi le Kùf[$r$ysUm est-il aujourd'hui très-peu usité.

La largeur en gueule des fossés, dans les tranchées, peut être réduite au moyen de revêtements appliqués, soit seulement du côté de la voie en terrain de roche, soit aussi vers les talus. Ces mureites, M, M {fig. 6), qui rendent le curage un peu plus difficile, sont tantôt en pierre sèche, tantôt à bain de mortier; elles s'élèvent jusqu'au niveau du ballast, et remplacent ainsi la banquette exigée, dont la largeur est alors réduite a 0'",A0 ou même à 0",30. Elles empèciieiit l'entraînement du ballast par les eaux du fossé; mais leurs principaux avantages sont la réduction de laigeur de la tranchée, et l'économie

CHAP. XII. — 0BA1NAG£ DE LÀ PLÀT£-FORM£. à9'à

d'un cube de déblai proportîoiuiel à la profondeur ; c'est ordinaire^ ment à partir de 7 ou 8 mètres que leur application devient économique, n est presque inutile d'ajouter que des barbacanes doivent être ménagées de distance en distance à la base des murettes en maçonnerie, pour établir la communication entre les fossés et ia plat&-forme.

En souterrain, les fossés sont souv^t remplacés soit par un ou deux caniveaux en maçonnerie c, c, formant banquette du pied-droit (Pl. XXXY, fig. 2 et 3), soit par un aqueduc placé suivant Taxe. Au souteirain d'/vry (chemin de ceinture de Parts) les caniveaux ont, malgré la pente de 0,10, une section considéi aljle : 0'",45 en gueule, O^jSO au plafond, et 0'",85 de profondeur. La mureite soutenant le ballast a 0",30 à la crête et 0",45 au pied. 11 n'y a d'ailleurs ni caniveaux ni aqueducs si le souterrain est sec par lui-même, et s'il ne reçoit pas d'eaux provenant de l'amont*

SG». Drainage de la plate-forme. — Les fossés latéraux sont assez souvent insuflisants pour assurer l' assèchement de la voieen tranchée ; . on a recours alors au drainage. La compagnie de l'Est français a été conduite à en faire usage sur une grande échelle; je citerai quelques exemples de ces applications*

i* Tranchée de MmOégu. — (Ligne de Parts à Strasbourg^ kil. 356). . Longueur du drainage, 2&0 mètres. Un drain de 0",06 de diamètre intérieur est posé dans l'axe de Tentre-voie, à 0'*,S0 en contre-bas du niveau des rails, avec une pente de 0,00A, qui est celle des rails eux-mêmes ; il vient déboucher au niveau du radier d'un aqueduc La tranchée ouverte pour la pose des tuyaux avait 0",S5 de largeur au fond et O'^fdO en gueule ; elle a été remplie de pierres de diverses grosseurs, récouvertes d'un lit de mousse de 0^,02 à O^fOS d'épdsseur, sur lequel repose le ballast.

Ce travail, exécuté à forfait au prix de S francs le mètre courant, et terminé dans le courant de l'année 1863, n a encore été l'objet d'aucun entretien.

Les résultats sont très-satisfaisants ; avant le drainage, les terres argi- • leuses composant le sons-sol de la tranchée se mêlant au ballast, rendaient la voie înstaijlc et d'uu entretien diûiciiei elle est rentrée depuis dans les conditions ordinaires.

La tranchée de Iraneu rf7/e (même ligne, kilom. 358,9) a été drainée sur une longueur de 300 mètres. Le drain de 0",0ô de diamètre.

iOA UT. I*'. — VOIB.

posé à une profondeur de 1 mètre à l'",10, avec unepeute de 0,00A, débouche dans un fossé à ciel ouvert.

Ce travail, exécuté à la même époque et au même prix que le précédent, a produit les mêmes effets.

La tranchée de Saint Phlin (même ligno) a été drainée sur deux tronçons, 1 lin de ààl mètres, l'autre de 4 IB mètres; deux drains contigus, de 0'",06 posés au fond d'une fouille de i'^^ià à l'",20, et eu pente de 0,0037, débouchent, pour chaque tronçon, dans un aqueduc.

Le travail, exécuté en régie, a coûté 2',S7 le mètre. Tenniné en 1861, il n'exige aucun entretien.

Son efficacité a été plus remarquable encore que celle des précédents, parce que le mal était plus grand.

« Avant son exécution, » dit M. Tingénieur Varroy^ attaché au contrôle, « il était presque impossible de maintenir les voies en bon état. Après un « jour de pluie ou après un orage, le sous-sol argileux sè détrempait et se « mêlait au baUsst'; raaintenantrien de semblable ne se produit. Les voies « sont en bon état et d'un entfetien Ikcile* »

La tranchée de Maraimiller a été assainie de même sur une longueur de 669 mètres, dont 202 mètres par une seule fde et A57 mètres par une double file de drains de 0",06< m pente de 0,0038, et enfouis à 0'°,90 en contre-bas du rail. Le prix moyen a été de *i',70 par mètre. L'état de la voie a été notablement amélioré par ce travail.

8«». Il est presque inutile de dire que les profils types de tranchées, représentés par les fig. 3 à 6, Pl. XXXIll, n'oni i ien d'absolu. Ainsi, dans les déblais terreux ou crayeux, l'inclinaison des talus à ^5" des profils 3, 5 et 6 est réduite à 5 de base pour h de hauteur. Dans les mauvaises argiles, la base 1 5 du profil n° 4 est portée à 2, et même au delà. Par contre, cette base peut, suivant la solidité des terres, être réduite jusqu'à | pour les talus de l'étage inférieur des profils 5 et 6. Ces types ne sont, en un mot, que des moyennes doni on s*écarte plus ou moins, d'après l'examen des conditions particu^ Hères à chaque cas. Il importe de ne pas s'exposer par la suite à des décapages considérables de talus, qui sont coûteux et assujettissants en cours d'exploitation. Une bande à valoir doit fmre face à toutes les éventualités; l'acquisition de terrains complémentaires pour ce

CBAP, XII. — CONSOUDATIOIf ET ASSAINISSEMENT DBS TftANGH&BS.

motir, serait une source de difiicultés, et uii esprit d'économie mal entendue irait directement contre son but.

S9#. Les causes destructives des talus des trajKhiâes et des remblais sont ou seulement extérieures, ou extérieures et intérieures. Celles-ci, qui sont les plus graves, tiennent toujours à la présence de l'eau, et générale meai a hi présence de l'argile.

L'argile est également la cause principale des dégradations de surface ; mais quand il ne s'agit, en somme, que de protéger les talus contre les agents atmosphériques, on y arrive sans trop de difficultés, et sans trop de dépenses.

Le sable aquifère est souvent, de tous les terrains, le plus difficile à consolider. M. Bruére (*), s'est servi avec succès, comme moyen provisoire, de fascines remplies de gravier posées rapidement par des ouvriers exercés, contre les sables mouvants, auxquels on peut ensuite appliquer les moyens de consolidation et d'assainissèment définitif.

En terrain de roche, les talus et les tranchées peuvent exiger une protection, même si la roche est saine, mais gélive; un «impie placage suffît alors ; des ouvertures doivent assurer l'écoulement de l'eau qui a^introduirait derrière ce placage.

Hais si la roche présente des fentes et des dislocations, les éboulements sont à craindre, surtout par suite de Fexistencefréquente'de veines et de poches remplies d'argile. Bien loin d'échapper à cet inconvoient, le granité, les porphyres, et en général les roches feidspathiques y sont sujets, au contraire, des blocs plus ou moins volumineux étant souvent séparés par de l'argile provenant de la décomposition de la roche elle-même. Les schistes argileux doivent être également suspects, surtout s'ils présentent des surlaces de glissement très-inclinées vers la tranchée. Ils sont d'ailleurs fréquemment fendillés et décomposés ; l'action de l'eau, qui y pénètre facilement, est alors très-nuisible; aussi faut-il souvent })urger les talus, trop roides, des tranchées schisteuses, et les amener ainsi graduellement à un état stable.

Dans les terrains meubles, la crête de la tranchée est souvent protégée par un fossé de ceinture appliqué seulement au talus d'amont si la iwr&ce de» terre» » me pente irmmi»i^ à la^chée. jet gm

(*) De la consolidation des talus. Ce petit ouvrage, fruit d'une longue pratique, reaferme factnconp d'obMiratfoiw atUet. In- 12 et atlas, 1 862.

A9d UV. î*'. — VOIE.

empêche les eaux de raviner le talus ; oe fossé dégorge soit en dehors, soit dans la tranchée elle-même par des cunettes rampantes en tobêçonnerîe. En proscrivant ces fossés d'une manière absolue (*) If . Bruère va peatFÊtre trop loin ; mais il met à juste titre les ingé* nieurs en garde contre les dangers que présoitent les fossés qm, ne sont pas parfaitement étanches. En terrain perméable, les revers d^eou, à&ible pente transversale, 0,20 du côté la tranchée, (Pl. XXXIII, fig. 3 et 6), doivent être préférés; tandis que les fossés proprement dits peuvent être appliqués sans danger en terrain argileux, et encore à conditions de les placer à 1 mètre au moins de la crête ilu talus {fig, h).

Pour un môme rapport enti*e la base et la hauteur, rinclînaîson des talus varie, suivant qu'il y a ou non des banquettes. Elles sdnt destinées à retenir les terres euîi liiiées, et qui viendraient obstruer le fond de la tranchée; on leur donne, h cet effet, une faible pente vers le talus. Elles versent leur eaux dans le fossé par des cunettes rampantes. Au reste, les conditions dans lesquelles leur emploi peut être motivé ne sont pas bien définies; les ingénieurs qui les adoptent et ceux qui les repoussent ne paraissent pas le faire toujours par suite didées bien arrêtées*

89 t. iSemtft plantations, gazotmage, revêtement des talus. — La végétation consolide les talus, et de plus elle atténue l'action de l'eau, qu'elle divise, et dont elle diminue la vitesse. Les semis exigent un terrain ameubli sur une petite profondeur, et par suite, une inclinaison moindre que l'angle du talus natnrd, La luseme et le chiendent, avec leurs racines profondes et tonlIues,8ont les meilleures, mais le terrain ne leur convient pas topjours. Le trèfle peut souvent être empbyé alors, quoique avec moins de succès. Les plantations, n'exigeant pas Tameublissement, admettent des talus plus roides, mais elles protègent moins bien. Dans le voisinage des prairies, le gazonnage est souvent économique; mais les mottes posées à plat sont trop peu stables; placées par assises normales au talus, elles donnent des résultats beaucoup meilleurs.

Les revûtements en pierres sèches ont été sou\ cnt employés. Ils sont chers, et beaucoup d'ingénieurs contestent leur utilité.

« 11 n*ODt généralcmeutî dit M. Ledru, qu'une utilité très-restreinte ;

(*) Ouvrage cité tuprà, page 44.

CBAP. 111. — CONSOUDATIOM ËT ASSAINISSEMENT DES TRANCHÉES. ^97

« et mémè, loraqdMU reposent simplement sur le terrain naturel sans « aacun moyen d'assèchement intérieur, ils sont plus dangereux qu'utiles

« parce qu'ils retiennent leseaux dans les joints, et que ces eaux vont dA- « tremper le lorrain sur lequel ils reposent. Ils sont presque toujours rem- « places avantageusement par des revêtements en bonne terre végétale ga- «zonnée. »

Les ogives en pierre sèche, noyées de leur épaisseur dans les taJus, auxquels elles offrent des points d'appui, se disloc[uent Êici* lement;

Les voûtes en maçonnerie, superposées, sontquelquefoisappliquées; on trouve un exemble de ce genre de consolidation sur la ligne de Bologne à JPtoCola, une des plus remarquables de l'Ëurope par la hardiesse de son tracé, et par Timportance, la variété et la difficulté de ses travaux d'art, exécutés avec beaucoup de talent par IC. Proteh$, Le talus de la tranchée dite : du Ladro (kil. 67,7), ouverte à flanc de coteau dans la vallée idu jRmo, a reçu deux étages de voûtes en pldn cintre de h mètres d'ouverture, et dont les pîeds-droits se correspondent (PL XXXV, fig. 20). Les baies b, 6, b, cûrcon-^ scrites par les voûtes, sont revêtues en pierre sèche.

S V9. Des murs de soutènement fort épais, contre-butés même par un radier établi sous la voie, sont souvent hors d'état de résister à l'énorme poussée exercée par des terres très-denses et très-aquifères. Cest ainsi que dans la tranchée aux abords du souterrain de Charanne (chemin de ceinture de Farû), il a fallu, après avoir constaté l'impuissance de ces moyens de soutènement, se décider à prolonger la voûte. En pareil cas, du reste, c'est-à-dire lorsqu'on a afËûre à des causes de destruction internes, c'est elles-mêmes qu'il faut tâcher de combattre, plutôt ^ue leurs effets souvent presque irrésistibles.

Procédé âêM. âê SaxiUsf. — Une cause très-fréquente de L'éboulement des talus est la présence de bancs argileux intercalés entre des bancs perméables. Leurs effets ont été analysés avec beaucoup de soin par M. de Sazilly, et il a déduit de ses observations un procédé d'assainissement qui n'est en réalité qu'une forme de drainage peu profond. Un banc argileux, recouvert seulement par des terres perméables, retient les eaux qui l'atteignent par infiltration directe. S'il existe au-dessus de lui d'autres couches argileuses intercalées entre des bancs perméables, il est atteint soit par

h03 uv. 1". — VOIE.

kg eanx que laisse passer la discontinuité des lits imperméables su* périeurs, soit parcelles qui s'infiltrent par les affleurements du base perméable qui les recouvre immédiatement. Les talus d'une tranchée présentent alors une série de bancs de smntment superposés. Le saintement, 8*opénuit sur la tranche du lit argileux, le dégrade peu à peu, et il en résulte bientôt un encorbellement du banc perméable supérieur, qui s'éboule à son tour. C'est surtout à la suite des dégels que ces effets se manifestent avec le plus de gravité. Pendant la gelée, la congélation superficielle de la tranche du banc de suintement forme mie sorte de barrage» d'obturateur, qui suspend récoulement. Pendant ce temps, Veau s'accumule à l'intérieur,- de sorte que quand le dégel a fnii disparaître l'obstacle, il s'opère une véritable débâcle ; les ébouleinenls .partiels recommencent de plus belle et produisent bientôt des éboulements en masse. M. liruère conteste la gravité d(' cette influence spéciale de la gelée. Sa réalité est cependant bien établie; c'est surtout à elle que sont dus les eiïets nuisibles produits par des bancs de suintement, qui ne donnent à l'état * de régime qu'une quantité d'eau à peine sensible. L'action de la sécheresse, sous laquelle TargUe se contracte et se fendille, la prédispose d'ailleurs à subir les eflfets nuisibles de l'eau, dès que celle-ci intervient.

Protéger la tranche des lits argileux contre l'action de la chaleur et de l'eau; assurer la permanence de l'écoulement même pédant la gelée, telles sont les conditions déduites par M. de Sazilly^ de Tobserration des faits que nous venons de rappela sommairement Une rigole R, R (Pl. XXXV, /Ig. 23), suivant exactement les ondulations du banc de suintement, est revêtue ea briques 6, (, 6 , posées à bain de mortier. Sa paroi intérieure affleurant la face supérieure du banc argileux, reçoit immédiatement les eaux qui s'en égouUuiit ; le caniveau est garni de pierre cassée, et, pour empêcher l'obstruction, la pierre est recouverte de gazon à plat, avec l'herbe en dessoiis; s'il est trop cher, on peut, comme l'a fait M. JSruère, le remplacer par des paillassons grossiers. Tout le talus reçoit une chemise en terre végétale T, T, pilonnée sur ime épaisseur de 0"',25 à 0"',5() mesuré! normalement au talus; des redans relient cette chemise au massif. A chaque point bas, le caniveau dégoige latéralement, et les eaux sont dirigées vers le fossé par une cunette, suivant la ligne de plus grande pente du talus et établie, suivant les cas, en pierres, en gazon, ou en planches goudronnées.

GHAP. Xn. — GONSOUDATION BT ASSAINISSBIIENT DES TRAIIGHÉES. |00

9'9-9k. Drainage des talus. — Quoique le procédé de M. de Sazillif ait doimé de très-bons résultats, le drainage proprement dit, c'està-dire au moyen de tuyaux, lui est généralement préféré aujourd'hui. 11 était naturel, en effet, d'étendre aux talus l' application £ûte avec succès à la plate-forme (368). Les tuyaux sont d'ailleurs moins sujets aux dérangements, aux dislocations que les rigoles de M. de Sazilly, L'auteur semble, d'un autre c6té, par une tendance naturelle, avoir trop généralisé l'utilité de son procédé, parce qu'il attribuait aux actions extérieures, purem^t superfideUes, dont fl avait spécialement étudié les elfets, une généralité qu'éUes ne possèdent pas non plus. Le .drainage, qui s'opère facilement à une certaine profondeur, et ^nne aussi pour ainsi dire une croûte assainie asses épaisse, est une solution intermédiaire entre le procédé de H. Sazilly qui agit sur la snr&ce {*) , et les moyens auxquels on recourt lorsqu'il &ut aller recueillir l'eau dans la masse même, pour augmenter dans une proportion plus ou moins grande l'épaisseur de la croûte assainie, et rendue stable.

Le drainage des talus a reçu, comme celui de la plate-forme, de * nombreuses applications sur le réseau de l'Est français. Des diains secondaires deO"',03ti a 0"\04, enfouis à des profondeurs variables de 0",40 à 0'",80,et dirigés suivant la ligne de plus grande pente fies talus, aboutissent à des collecteurs de 0"',06 placés au pied des talus, parallèlement aux railâ, et qui débouchent dans les fossés latéraux.

Dans la tranchée de Virecourt (ligne de Blaimille à ÊpinaT)^ 192^ mètres de drains secondaires et 281'**, 35 de collecteurs assai* nissent 2.&21 mètres quarrés de surface de talus.

Dans la tranchée de Sourbourg (ligne de Strasbourg à Wissembourg) 1.080 mètres quarrés de talus sont assainis par 280 mètres de drains secondaires , et 540 mètres de collecteurs.

Le prix ioQoyen par mètre courant de drain est 2',20 tout cqppris.

Les talus, qui étaient autrefois dégradés et ravinés, et qni s'étaient même éboulés dans la tranchée de Sourbourg, se maintiennent parfaitement depuis l'exécution des travaux, faits en 1862.

Ce succès a déterminé la compagnie à recourir, en 1863 et 180A,au

(*) 11 ne 8« prête guère à uoe application plus profoude, par sqite même «le l'entretieD qu'il exige.

Wf, 1«. — TOIE.

même mode d'assainissement pour une tranchée considérable et dans laquelle les moyens de consolidation avaient été primitivement appliqués sans succès : c'est la tranchée de Loxéville (ligne de Paris à Siroibourg, kilom. 275). U convient d'entrer dans quelques détails fnr ce travail, qui présente un intérêt réel par son importance et par sm eiBca€ilé(PL miV).

La tranchée de laxémUetk l.AôO mètres de longueur, et sa profondeur atteint en certains points 17 mètres ; elle traverse : 1* une couche de terre* végétale d'épaisseur variable, n^ toujours très-faible; 2* un banc calcaire de 6 à 6 mètres extrêmement perméable, présentant des poches de 4 & 5 mètres de profondeur, où l'eau s'accumule; et 3* des argiles très-ccmipactes, se délitant à Tair. .

Dès le principe, les ingénieurs chargés de l'exécution avaient reconnu la nécessité de prendre quelques mesures pour prévenir les éboulements. Le système adopté à celte époque consistait dans la construction d'ogives de 2 mètres d'ouverture appliquées sur toutes • les surfaces suspectes des talus, et disposées en deux étages de 5", 50 et 5", 50 de hauteur, les pieds-droits de l'étage supérieui' s' appuyant sur les clefs des arcs de l'autre (fifj. 1 à 4).

Ce réseau se maintint convenablement pendant plusieurs années. Mais plus tard, et quoique l'ensemble ait résisté, des éiwulements se produisirent en plusieurs points, et menacèrent de s'étendre. Il Mot donc aviser.

L'ensemble des opérations comprend : i* les travaux préparatoires; 2" le drainage.

Les travaux préparatoires consistent dans :

1* Le curage ou le rétablissement des fossés ouverts sur un dé.- ' vdoppement total de 8.600 mètres, tant à la crête des talus qu'aui redana, et àleur base {fig, 1, et5 à 25). Lesdernievs fossés ont été en outre garnis d'un perré qui nudntient le ballasL

^ Un fossé maçonné et une banquette perreyée de 70 mètres de longueur, au-dessus de l'éboulement F 01^. 1, 3, et lA à 17) , un des plus considérables, afln d'empêcher les eaux du fossé supérieur de s'infiltrer dans le talus.

3° Un déversoir en maçonnerie, en moellons smillés, dans le talus de gauche, pour amener dans le fossé creusé au pied de ce talus, les eaux surabondantes du fossé du premier redan, lesquelles en s' accumulant sur ce point avaient plusieurs fois déterminé de graves éboulements.

CHAP. XII. — ASSAINISSEMENT DES TEAfiCUÉES. 501

h* La restauration des ogives qui n'avalent pas été tout à &ît détruites. Quant à celles qui l'avaient été entièrement, elles n'ont pas été rétablies.'

5* L'enlèvemoit des terres éboulées, qui se composaient en grande partie d'ar^les feuilletées formant le sOus-sol, et d'un cube total de 6.000 mètres.

Cela fait, oïl a exécuté le drainage suivant le système généralement adopté maintenant par la compagnie.

Les drains transversaux, de 0'",03de diamètre intérieur, espacés de 2 mètres ou de 3 mètres suivant que la quantité d'eau à recueillir était présumée plus ou moins considérable, ont été posés à 1 mètre ou 1'",20 de profondeur et recouverts d'une couche de 0"',30 à 0"',AO d'épaisseur en pierres cassées à l'anneau de 0"',10 à 0'",15, sur lesquelles est placée une couche de mousse ; sur celle-ci de la terre végétale a été pilonnée par couches successives de 0"',20; un gazonnement en mottes également pilonnées recouvre le tout. Le plan, les élévations, et les profils en travers* indiquent ces dispositions.

Les collecteurs, de 0'",06, débouchent dans les fossés au pied des talus par une courbe de 2 mètres de rayon environ (j|Sg. 1 à S). Le ^dernier tuyau est placé dans une bouche établie au moyen de deux gros moellons, dont l'inférieur forme cuvette, et qui peuvent être en* levés facilement pour visiter et nettoyer l'intérieur du drain.

Réparation et drainage de S.TOO mdbne tuperflcteb ée Ide. • • «

Soff i',74 le mètre.

Curage et établissement de foeaës» perrés, déversoir, rétablissement de 130 ogWei

Enlèvemeiit de 6.000 mitres de Jenee ébouléee.

Soit en tout 2^37 par mètre B&perficlel

87». Le drainage de la plate-forme et des talus, exécuté comme on vient de le voir, atteint généralement le but. Il est cependant insuffisant dans cei tains cas. La nature du terrain et l'abondance des eaux forcent parfois à opérer l'assainissement sur une épaisseur beaucoup plus grande. 11 faut «lors, au moyen de profondes saignées, aller chercher les eaux au sein même de la masse. La tranchée du Dockenherg^ entre Àlihirch et Dannemarie, sur la ligne de Paris à MuUutuUt

602 uv. I*. — VOIE.

offireuD exemple remarquable de ces cas très-difficiles, et des moyens fidatlvemcnt simples et économicpies par lesquelles on peut les surmonter (Pl. XXXllI, k 15).

Celle tranchée traverse m terrain formé de sable, d'argiles et de marnes perméables, reposant sur du sable presque pur, superposé lui'-mème à des marnes imperméables.

Des éboulements ffy étant produits, comme on deiùt du reste s'Y attendre, on a dû appliquer un système d'assainissement qui comprend :

1" Un drainage supérieur (/Ijjf. 7, 9, 10) qui s*étend, d'un cdté sur toute la crête de la tranchée, et verse ses eaux, d'une part et surtout dans un petit ruisseau, de l'autre, dans le collecteur central inférieur, indiqué plus bas ;

2* Vers le milieu de la tranchée, et sur une longueur de 80 mètres, souvent atteinte parles éboulements, et à l'°,60 en contre-bas de la plate-forme, un système de contre-forts formant radier discontinu, et rachetés par des arceaux {fig. 7, 11);

3' Un système de galeries transversales, constituant le mode spéciiii d'a^^sainissement, ouvertes vers le bas des talus, un peu au-dessous de la siiiiace de séparation dessables et des marnes imperméables, et plongeant vers la voie. r,es galeries (Jig. 7, 8) de 0*",80 de large et 1",40 de haut sont, espacées de 10 mètres, et pénètrent plus ou m'oins dans la masse aquifère suivant son état et l'abondance des eaux. Leur longueur moyenne est de 10 mètres ; de leur extrémité intérieure partent des amorces de galeries longitudinales, qui, dans la partie la plus aquifère, se re joignent et forment ainsi de chaque côté une galerie longitudinale de 250 mètres de longueur environ; le fond de ces saignées areçu une couche de 0'",26 de gravier, sur laquelle reposent, dans les galeries transversales, deux tuyaux de 0",10. Ces tuyaux, dont les joints sont garnis de mousse, sont couverts d'une nouvelle couche de gravier, et tout le reste de la section est remblayé en pierres sèches. Les drains transversatix débouchent dans un collecteur à tuyau? de O'^ySO, établis au fond d'une tranchée longitudinale ayant son plafond dans l'axe de la voie, à 2"*, 20 en contre-bas des rails; Le drain principal dâ)ouche dans le ruisseau, où il verse 6 à 700 litres par minute, même dans les saisons sèches.

83&. Si le drainage proprement dit est récent, il n'eu est pas de même des tranciiecs empierrées. M. Séguin aîné cite un exemple re-

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