CHAP. XII. — ASSAINISSEMENT DES TRANCHÉES. ÔOS
marquable de leur application, par laquelle il a obtenu i' assainissement complet d'une tiauchée très-ébouleuse.
c J'ai Tait cïeaser, » dit-il, « dans la saison sèche, un fossé de 3 mètres de « profondeuraa pied du talus* Ten ai fait remplir tout l'espace 1}G(P1. XXX?, « fig. 24) de pierres rangées à la main, et recouvertes, de C en A, de terre
« argileus^e, afin qae Teau du fossé, coulant sur ce lit, ne puisse déposer « les matières terreuses qu'elle chsrriet dans les interstices de Tanias de ff pierres (*). » • , •
«99. Tranchée ou galerie^ à t amont la tranchée^ atteignant un bane de gltuemmU, — Un procédé quelquefois appliqué pour maintenir les terres tendant à glisser sur un banc argileux incliné, plongeant vers la tranchée, consiste à ouvrir à Tamont une tranchée ou une galerie longitudinale, recevant les eaux, et asséchant dnsi un massif sofiisant pour fonctionner en quelque sbitte comme cul^e, et résister à la poussée des terres non asséchées. Ce moyen a été appliqué, par exemple, à la tranchée de Groisloehgrahen, du chemin badois, ouverte à mi-côte dans un conglomérat argilo-calcairc\ susceptible de se transformer en une véritable bouillie. On pouvait, à la rigueur, ouvrir la tranchée, mais elle ne tardait pas à se combler, et les mouveinetits se propap:eaient dans le terrain à de grandes distances. On ne trouva d'abord rien de mieux h faire que de pousser la fouille jusqu'à la limite du terrain susceptible de devenir coulant, et tout l'excédant de profondeur, variable de 3"%(îO à 4", 60, fut remblayé en pierre cassée. Mais, malgré ce dispendieux travail, malgré la construction d'un énorme mur de soutènement à la base du talus, des. mouvements inquiétants se manifestèrent, et il fallut en venir au moyen qui, appliqué de prime abord, eût sans doute suffi, c'est-à- dire au creusement d'une galerie recueillant les eaux à Tamont de la tranchée. Le même mode d'assainissement a été appliqué à la tranchée du Gnppo (kil. 83 de la ligne de Pisloui); elle était entiëi'ement ouverte, lorsque des mouvements se manifes^ tèrent; ils s'étendaient jusqu'à 150 mètres au delà de la crête du taliis^ On les arrêta au' moyen d'une galerie longitudinale 6, G, creusée à 20 mètres de prdiondeur, et de quelques amorces trans^
'(*) De* ekemin» d« ftVy de tort de tes tracer H de iea ematruirt^ 1839.
Au bout lie I 1 r - (le ticntc ans, cet ouvrage est de ceux qu'on consulte encore avec Intérêt et prolit. Parmi ceux qui UiiUeDt du même sujet, couibien eu est-il dont oo pultK eo dire aulint
50â uv. I*. — WIE.
versales A, A (Pl. \X\I, fig. 22). Les f^'aleries ont été solidement boisées, ainsi que les puits P, P, et empierrées.
Nous n'iDsisteroDS pas davantage sur ce moyen, trë»-ratiaimel, mais coûteux dès qu'il font attebdre une profondeur un peu grande.
S'il est réellement nécessaire/ U faut autant que possible le reconnaître de suite dès l'exécution de la tranchée, et l'appliquer avant
que des niouvemQiits aient pu se produire, au lieu d'y arriver tardivement en passant par la désastreuse filière des tâtonnements infructueux. Le talent de l'ingénieur consiste autant à accepter résolûment ce qui est indispensable, qu'à éviter ce qui est superflu. On sait combien l'équilibre des masses argileuses, une fois trraiblé, est quelquefois difficile à rétablir. Il a fallu souvent, après beaucoup de temps et d'argent dépensés en pure perte, renoncer à une lutte impossible, et se résigner à des déviations de tracé plus ou moins imjtortantes.
•78. Les chemins de fer se trouvent quelquefois compris dans
des mouvements auxquels leur exécution a été tout à iaît étrangère, et qui alfectent de très-grandes étendues et de très-grandes épaisseurs de terrain. La ligne de Lyon à Genève , entre les stations de Changy et de la Plaine^ offre un exemple de ce cas. Tout le coteau se déplace, heureusement avec une très-grande lenteur, en glissant s^lon toute apparence sur un banc argileux plongeant vers le Rhône, et placé à une profondeur inconnue. Dans de semblables circonstances, qui n'ont rien de menaçant pour la sécurité, il n'y a évidemment rien à laire que de prescnre» par mesure générale, le ralentissement de tous les trains.
S m. — KemMato.
Renflait. — L'observation iSeute plus haut (309), au sujet des profils-types des tranchées, s'applique évidemment aussi aux remblais. Ainsi, lorsqu'ils sont formés de déblais et roches, l'inclinaison des talus (Pl. XXXIII, fig. 1 et 2) est portée h 46*. Au delà de 5 mètres de hauteur, la banquette, de 0-,55, au pied du ballast, est élar^e. Cet élargissement est de 0'",02 ou 0-,05 par mètre de
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hauteur verticale, au delà des deux premiers mètres, suivant que le remblai est formé soit de déblais crayeux, soit de déblais argUeux.
Les remblais sont, à certains égards, dans des conditions plus défavorables que les tranchées, puisque la cohésion des terres qui i'es constituent est détruite et ne se rétablit qu'avec uné lenteur aggravée par le mode d'exécution des terrassements de chemins de fer. Mais, par contre, il faut, en tranchée, accepter le terrain tel qu'il est, avec toutes les difficultés inhérentes à sa nature et à sa manière d'être, et lutter contre ces difificultés. 11 n'en est pas de mètne * puur les remblais. Ici, les éléments ne sont pas imposés, du moins d'une manière absolue. Si la nature et l'état des déblais fournis par les tranchées in^[>ii ciii des craintes, on peut, sinon n noncer complé-* tement à leur emploi, du moins le i*estreindre et demander à des emprunts le complément nécessaire. Quelquefois même, la discussion des éléments de la question conduit, quoique pour de tiès-médiocres hauteurs, à préft^'er le viaduc au remblai. Quant à ces hauteurs de 70, 80 mètres, auxquelles il faut souvent franchir les vallées, l'ouvrage d'art peut seul y atteindre. L'énormité du cube et de l'emprise exclut le remblai, m6me dans les conditions les plus favorables sous le double rapport de la nature des terres qui le formendent, et de la solidité du sol qui le supporterait*
Faprès M. :
« Lors même que Ton ne sertit pas parvenu h n*avoir que des terres « suffisamment sdches au déblai, les procédés de consolidation permet- « tront toujours d'employer pour la construction des remblais des terres « de toute espèce, quels que soientd'ailleurs leurs degrés de consistance!*}. »
Il ne Êmdrait pas se fier outre mesure à cette assertion ; l'auteur tempère, il est vrai, ce qu'elle peut avoir de trop absolu en ajoutant :
« Les quantités de terres argileuses que l'on transporte des tranchées de- « vant être très-faibles, il en résulte que les remblais sont formés presque • exclusivement avec des terres saines. »
Ce qu'il y a de certain, au surplus, c'est que si les tranchées exigent parfois de difficiles travaux de consolidation et d assainissement, qu'il était impossible d'éviter upe fois le tracé fixé, il est presque toujours possible d'y échapper pour les remblais, sans doute au prix de dépenses parfois assez grandes, mais favorables, tout compte fait, à réconomie.
Si un reniblaî est établi sur un terrain mobile, comme l'argile ramollie par l'eau, la tourbe, la vase, ce terrun, in^alement chargé à la surfEuse, se dérobe sous la charge, en se gonflant latéralement ; le remblai s'y enradne plus ou moins profondément, jusqu'à ce qu'un nouvel état d'équilibre se soit établi; et des rechargements, d'autant plus dispendieux qu'il faut, encours d'exploitation, les exécuter en ballast, doivent compenser ce tassement apparent.
Le mal est plus grand encore si le terrain présente une pente transversale prononcée, parce que le remblai glisse et se déplace en même temps qu'il s'affaisse.
En terrain solide, un déraseineiil avec l edaiiis suffit pour empêcher le glissement.
Il n'entre pas, au surplus, dans notre plan d'examiner ici les travaux de consolidation et d'assainissement que peut exiger la base sur laquelle le remblai doit être établi. Ils {(nit partie de la construction môme du chemin ; il ne s'agit en ce moment, comme pour les tranchées, que des mesures à prendre pour assurer la stabilité propre et l'équilibre délhiitif du remblai lui-même.
Nous le supposons d'ailleurs exécuté suivant les règles de l'art, avec la prudence qui exclut les désastres, et qui accepte seulement les causes de destruction auxquelles on peut opposer des moyens simples et économiques.
En remblai comme en tranchée, c'est surtout Faction de l'eau sur l'argile qu'il faut prévenir. Un remblai argileux peut parfaitement se maintenir; mais il faut pour cela, avant tout, que l'argile ait été employée sèche. La glaise, soit iamollie*par l'eau, soit gelée, donnelieu : dans le premier cas, à des éboulements plus ou moins immédiats; dans le second, à des débâcles, souvent très-tardives, par suite de la lenteur du dégel dans une masse très peu conducbice de la chaleur*
11 y a, dans l'histoire des chemins de fer, beaucoup d'exemples à» destructions partielles ou même totales, promptes ou lentes, de remblais, par suite de l'omission de cette précaution élémentaire.
Employée sèche, mais non protégée contre l'action de la chaleur, de la gelée, et des eaux pluviales, l'argile exposerait aussi à de graves mécomptes; elle n'est pas, connne en tranchée, soumise à l'action des eaux provenant des terrains en place, mais aussi elle est livrée bien plus complètement à l'action directe des eaux pluviales. Dans un remblai lait au wagon, les moites de glaise laissent entre eli£^