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Syllabus, l'attaque et l'usurpation de ses droits et biens temporels, le Concile du Vatican, le terrible coup qui dispersa les Pères de ce Concile le lendemain de la définition du dogme de l'Infaillibilité pontificale, sa captivité et l'acharnement de l'ennemi qui, après avoir pris les dépouilles de son auguste victime, poursuit son œuvre en détruisant le patrimoine de Pierre, l'Eglise même du Christ. Les motifs de lu persécution actuelle du Pape sont les mêmes qui furent invoqués contre Jésus-Christ : de vouloir être roi indépendant de tout pouvoir terrestre et de troubler la paix publique par sa doctrine. C'est pourquoi, après l'avoir dépouillé de ce pouvoir temporel qui assurait son indépendance, on veut maintenant lui fermer la bouche, en soumettant ses paroles et ses enseignements aux tribunaux civils. C'est le désir du Saint Père que les fidèles comprennent bien la triste situation qui lui est faite et « qu'ils ne se laissent point tromper par les artifices perfides de ceux qui s'efforcent de dénaturer et défigurer le véritable état des choses dans lequel il se trouve »...
Nous avons vu que Pie IX avait décrété la fondation de la Succursale de FUniversité Laval à Montréal, le 1^'" février 1876; le 15 mai de la même année, il avait érigé canoniquement l'Université Laval de Québec elle-même. M^"" Laflèche, comme les autres sufFragants de la Province, publia les Lettres Apostoliques concernant cet événement par une courte Pastorale datée du 25 août 1877; puis, par un Mandement vibrant de joie et de reconnaissance en-^'ers le Sacré- Cœur, qui avait fait refleurir la piété des fidèles de son diocèse, il établit régulièrement et canoniquement la dévotion des Quara/ite-Heu?-es dans toutes les paroisses avec les indulgences et privilèges qui y sont attachés.
L'année 1878 débute pour lui par un sanglot. Un coup de tonnerre a retenti dans Rome ; les échos d'un deuil immense se sont répandus sur la terre : les vallées et les monts, les océans et les continents répètent avec recueillement : « Pie IX est mort ! » On eut dit que la montagne sainte s'était efFrondrée.
M"" Laflèche porte la douloureuse nouvelle à la connaissance des Trifluviens par un Mandement daté du 13 février, où il dit: « Chacun des grands actes du règne de cet admirable Pontife eut suffi pour illustrer le Pape qui l'aurait accompli. Aussi n'hésitons pas à vous dire que la durée de ce Pontificat, la grandeur des événements qui l'ont rempli, et le développement extraordinaire de TEgiise catholique dans l'univers entier pendant ce temps, ont fait du Pontificat de Pie IX le plus long, le plus fructueux, et le plus grand des Pontificats que PEglise ait eu à enregistrer dans ses glo-
rieuses annales depuis les temps apostoliques, » Et avec piété, avec une filiale affection, il énumère encore les titres que l'illustre défunt a conquis, dans la douleur comme dans la gloire, à la reconnaissance des peuples chrétiens.
Par un autre Mandement daté du 4 mars suivant, il annonce l'élévation de Léon XIII au suprême Pontificat. Cette « prompte et heureuse élection, dit-il, est une nouvelle et éclatante preuve de la protection que Dieu ne manque jamais d^aocorder à son Eglise, selon les circonstances ».
Le 26 mars de cette année une Pastorale rappelle aux Trifluviens leurs devoirs d'électeurs chrétiens : « Le temps d'élections est toujours un temps d^inquiétude pour vos pasteurs à cause de la séduction terrible à laquelle vous êtes alors exposés, et trop souvent aussi un temps de profonde affliction à la vue des scandales et des désordres sans nom qu'entraîne la corruption électorale. L'autorité civile comme l'autorité religieuse s'en est alarmée, elle a pris des mesures pour réprimer ce mal et protéger la liberté des électeurs. Hélas ! une triste expérience a démontré Tinefficacité de ces mesures... Il est bien à craindre que la gravité des circonstances sous lesquelles se présentent les élections ne rende la lutte plus ardente que jamais et, par conséquent, la corruption électorale plus effrénée et aussi plus redoutable ! » Et il remet sous les yeux des fidèles les prescriptions du IV Concile de Québec en la matière, rappelle ses précédentes Pastorales en de pareilles occasions, et, dit-il : « Ne l'oubliez pas, des bonnes ou des mauvaises élections dépend le sort des peuples: la paix, la prospérité, le bonheur; ou le trouble, les discordes et la décadence !... »
Vers le même temps où ÎNP'' des Trois-Piivières prévenait ainsi les siens contre les tentations et les séductions du libéralisme, ^U' de Saint-Boniface, le 8 mai, publiait une Lettre Pastorale fameuse relative aussi aux devoirs des électeurs, de laquelle dom Benoît, dans sa Vie de M^"" Taché, dit : « Au XIX^ siècle, bien des prélats ont traité ce sujet dans des lettres remarquables ; nous ne savons pas s'il en est une qui se recommande autant à l'attention que celle de l'Archevêque de Saint-Boniface : elle mérite d'être répandue comme un Manuel de Uélecleiir chrétien. » Ce qu'en pareille matière disait Saint-Boniface, on l'attribuait généralement aux Trois- Rivières et inversement, d'où en cette occasion un nouveau débordement de fureurs contre les deux champions tenaces de l'ultramontanisme canadien.
L'arrivée de M=' Taché au Canada, où il séjourna du 20 niai au 28 juillet, n'était pas faite pour apaiser les colères, ni
pour réconforter les transfuges. Cependant, le charitable apôtre, qui, en bonne compagnie, « chaufFait le feu » dont il était animé lui-même, ne s'attardait guère à souffler sur des tisons éteints. Pour le moment, il s'occupait surtout de ses écoles et demandait des professeurs pour son cher collège. « Une Université vient de se fonder au Manitoba, écrivait-il le 11 avril au R. P. Soullier. La loi sauvegarde notre position, à nous de la faire bonne et honorable, et c'est là mr\ grande préoccupation, car de là dépend l'avenir religieux de ce pays-ci. » M*"" Grandin, de son côté, travaillait alors à l'Œuvre des Ecoles du Nord-Ouest et à cette Œuvre, nous l'avons vu, Ms' Taché s'intéressait vivement. Il en parlait à M'"" Laflèche comme d'un moyen de salut. « C'est là une grande œuvre, lui disait-il, maintenant que les sauvages ont des réserves : on peut les atteindre facilement, et ils seront atteints par les protestants. »
Cette année eut lieu le VI* Concile provincial de Québec, le troisième auquel iNP'" Laflèche prit part et dont les Actes importent peu à notre récit.
En 1879 Ms'' Taché vient encore passer trois mois au Bas- Canada, la plus grande partie de son séjour se passe à l'Hôpital Général des Sœurs Grises de Montréal : « Imaginezvous, écrivait-il au P. Aubert, de cette villégiature qu'il n'avait pas recherchée malgré le dévouement éprouvé des Sœurs hospitalières ; imaginez-vous que le D'' Trudel s'est mis dans la tête d^affirmer que je n'ai pas le cœur en ordre. Je croyais dans ma naïveté que cet organe était intact, et voilà que le désordre est là comme ailleurs. Ce dont je suis bien certain, mon cher Père, c'est que toutes les déclarations des médecins sur l'état ou le fonctionnement de mon cœur n'influenceront en rien l'amitié qui nous unit depuis 34 ans que j'ai Tavantage de vous connaître. » Et ces déclarations ne devaient pas davantage altérer la sérénité des sentiments aflectueux du grand évéque pour ces autres amis, ni surtout pour M^'" Laflèche qu'il avait hâte de revoir.
Sur ces entrefaites, il n'y avait pas que l'équilibre du cœur de M*"" Taché qui se trahissait instable : les besoins croissants de son peuple lui avaient com.muniqué la maladie de la pierre dont souffrait toute cette contrée neuve en pleine transformation. Son collège devenait insuffisant et une nombreuse jeunesse s'y trouvait décidément trop à l'étroit. Il fallait rebâtir, agrandir et il cherchait des fonds jusqu'en France par l'entremise de Ms'' Grandin qui fui, pour cet objet, un intermédiaire improductif. Ms' Taché, ayant des garanties à fournir, fut plus heureux au Ganadr,
où il trouva les fonds nécessaires aux premiers travaux de son nouveau collège et il écrivait à M^"" Laflèche :
Je crois que, comme les pauvres gens de notre jeune temps vous aimez « faire le gros et qu'il vous en coûte ». Moi aussi je veux le gros, mais il va coûter aux autres. C'est un collège que je bâtis avec de l'argent qui ne m'appartient pas, mais que j'emprunte. Fasse le ciel que ce ne soit pas le soupir de l'agonisant! Je commence à m'endetter au moment où notre population volt diminuer son influence dans notre province. » Deux mois après il écrit au P. A ubejrt: « Je suis eugagé dans la construction d'un collège qui va me coûter 3o mille piastres, somme qu'il me faut emprunter. Nous avons actuellement une centaine d'élèves dans notre collège, en comptant ceux du cours élémentaire... J'ai un bon personnel enseignant, 4 prêtres et 6 ecclésiastiques ».
C^est alors que le P. Lacombe négocia à Montréal un emprunt de 100.000 fr. ; ce qui fut suffisant pour couvrir les dépenses de Tannée et peu après il y trouva le reste.
Ms"" Grandin travaillait aussi sans se lasser à l'Œuvre des Ecoles du Xord-Ouest en faveur des enfants sauvages. Pendant son voyage à Rome, en 1883, il o])tint pour elle de Léon XIII des bénédictions spéciales et des indulgences. Fort de cet appui, à son retour au Canada, il présenta son projet à l'archevêque de Québec et à ses suffragants et leur parla de la nécessité de travaillera l'évangélisation des sauvages par les écoles. Malgré ses instances, il ne put obtenir l'établissement d'une Œuvre des Ecoles du Nord-Ouest sur le modèle de l'Œuvre des Ecoles d'Orient. Mais, grâce à l'appui de Ms' Laflèche et de son ami M""" Duhamel, l'archevêque de Québec et tous les évèques du Canada firent leur Mandement collectif de 1883 pour ordonner des quêtes dans toutes les paroisses en faveur de cette Œuvre.
Qui nous dira maintenant les secrètes pensées, les desseins ténébreux d^'un collègue dans l'épiscopat, métropolitain en cette occasion, qui, oublieux de ses devoirs et même des simples convenances sociales, affligea les pasteurs et scandalisa les fidèles par l'insertion abusive dans les journaux de documents destinés à Tépiscopat exclusivement!
Les libéraux avait fait un grand tapage en Canada et jeté de grands cris jusque dans Rome contre les Ultramontains, accusés de contrecarrer leurs manœuvres et de mettre en péril leur fortune, faite de la détresse des catholiques.
La S. C. de la Propagande, émue par des informations fausses on mal fondées, faisait écrire à M^"^ Taschereau par le carJinnl Siinéoni une lettre, manifestement confiden-
tielle, disant qu' « il était venu à la connaissance de la S. C. que certains membres du clergé (canadien) et du corps séculier continuaient à s'ingérer trop dans les élections politiques en se servant de la chaire..., que certain suffragant (qui ne pouvait être que M^"" Laflèche) cherchait à recourir au Parlement pour faire modifier la loi des élections relativement à l'influence dite indue, ajoutant qu'il devait rappeler aux évêques la gravité de ces faits, le tort qui pouvait en résulter ; que la cause de si graves inconvénients se trouvait dans la division qui existait entre les évèques de la province. Il conseillait de se référer et de s'en tenir aux décrets du IV® Concile de Québec en matière d'élections et à ses précédentes instructions pour le reste.
M^"" Taschereau publia cette lettre qui n'avait pas le seul, et pourtant très grave inconvénient, de blâmer sévèrement des torts inexistants (1).
En ce qui concernait la Succursale de Laval à Montréal, le cardinal Siméoni disait, d'autre part, que le Saint-Père avait ordonné « que c'est sa volonté décidée que l'on doit s'en tenir au décret de la S. C. de la Propagande du 1" février 1876 et continuer à y donner exécution ».
L'Archevêque devait communiquer cet ordre du Pape à ses suffragant s ; mais il n'avait pas à se servir de la presse pour faire cette communication confidentielle par destination !
On devine ce que dût être la surprise et la tristesse des évêques en face d'une pareille indiscrétion, et la stupéfaction des fidèles en voyant leurs premiers pasteurs réprimandés pour un excès de zèle, pour une ingérance dont on les savait incapables et dont ils ne s'étaient rendus coupables que dans l'imagination de leurs contempteurs.
Des laïques bien placés et très autorisés protestèrent. L'un d'eux qui avait de bonnes raisons pour ne pas se faire connaître, mais dont l'honorabilité était attestée par M. J.-D. Brousseau, maire de Québec, écrivait au Préfet de la Propagande que sa bonne foi avait été surprise parla franc-maçonnerie ; que l'indiscrétion commise par l'Archevêque avait porté un coup terrible à l'influence del'épiscopat et de tout le clergé,... que tous les faits et raisons invoqués étaient, à la connaissance de l'Archevêque lui-môme, tendancieux, calomnieux, faux,... que tout était calme en Canada et que le document de la Propagande, divulgué sans motif honnête, tomba comme un coup de foudre d'un ciel sans nuages,... que ja-
(1) Voir texte, au tome ii, des Voix Canadiennes, Vers VAhinie, p. 136.
mais aucune plainte (d'influence indue) n^avait été formulée contre les prêtres du diocèse des Trois-Rivières,... bien que les calholiques libéraux accusent M^"" Laflèche d'être la cause de toutes les difficultés et 'de susciter des embarras à l'Eglise par ses exagérations... Tout le monde a reconnu M=' Laflèche dans le certain suffragant, cependant le plus savant, le plus zélé des évêques, parce que ce digne prélat est reconnu comme le plus grand défenseur des droits de l'Eglise. Mais il est connu aussi de tous les membres de la Législature que ]\P' Laflèche n'a fait aucune démarche déplacée, ni même publique pour obtenir ramendement de la loi électorale, et qu'il s'est désisté des efTorts qu'il faisait privément, avec l'appui de la majorité de ses collègues pour régler cette difficulté, du moment qu'il avait constaté que FArchevêque s'y opposait pour des raisons inexplicables. En effet, sans l'opposition étrange de rArchevêque, cette question aurait été réglée à la dernière cession de la Législature... Aucun protestant sincère et honnête n'était inquiet de l'action du clergé, et ne s'était plaint de lui. 11 poursuit :
Nous aurions pu nous gouverner toujours, dans la province de Québec, en harmonie complète avec les enseignements de l'Eglise, et nous l'aurions fait sans les intrigues de certains prêtres libéraux du Séminaire de Québec et de l' Université-Laval qui exercent sur Monseigneur i Archevêque une funeste influence, et qui ont réussi à séparer Sa Grandeur de ses suffragants sur les questions politico-religieuses... C'est ma ferme conviction, et cette conviction est partagée par un très grand nombre de catholiques que nous n aurons point de paix ici, que nous ne verrons point la fin de nos difficultés religieuses, tant que Ms'-' Taschereau sera archevêque de Québec, ou du moins tant qu'il n'aura pas un Chapitre qui puisse neutraliser l'influence des Messieurs du Séminaire qui sont ses seuls conseillers...
La publication du document émané de la S. C. de la Propagande, concernant la conduite du clergé, a non seulement profondément affligé tous les vrais catholiques, mais a aussi grandement réjoui les catholiques libéraux que Ton trouve dans les deux partis politiques, les francs-maçons, dont le nombre, l'influence et l'audace augmentent rapidement, et enfin les protestants, qui sont très étonnés de voir la grande influence qu'ib semblent exercer à Rome. Votre Eminence peut être persuadée d'une chose, c'est que les protestants, qui n'étaient pas « irrités », sont déjà devenus fort insolents et agressifs, comme Votre Eminence peut le voir par (certain article ci-joint) du Witness {i).
il) Voir le texU' intégral dansles Voix Canadiennes, Vers l' Abi me, iomcn, pages 140 et suiv. Et l'auteur est un membre des plus distingués du Parlement.
Néanmoins, les évoques, ainsi maltraités et devenus l'objet de la risée des ennemis de l'Eglise^ tenaient à renseigner plus exactement la S. C. de la Propagande et c'est encore M^' Laflèche qu'ils délèguent à Rome à cet effet.
L'évèque des Trois-Rivières, dûment autorisé parle Saint- Père dès son arrivée dans la Ville-Eternelle, présente la défense commune de ses collègues et du Clergé canadien dans un Mémoire magistral que nous avons donné intégralement dans le tome ii des Voix Canadiennes, page 149 et suite. Il y examine les questions de politique générale, de l'influence spirituelle indue et de l'Université Laval, touchées par les documents divulgués à tort.
Ce Mémoire et ses pièces justificatives sont à lire en entier et le lecteur voudra bien s'y rapporter.
Disons cependant que M^"" Laflèche, avec une indiscutable autorité, rappelle, tant parles consultations juridiques qu'il produit à l'appui de sa thèse que par son argumentation serrée, les droits des catholiques canadiens respectés par les hérétiques, restreints et mis en danger par les libéraux doctrinaires en général, et l'Université Laval en particulier.
Et, d'abord, d'une consultation juridique du plus haut intérêt, ]\î^'' Laflèche déduit ces remarques préliminaires :
« Eminentissimes Seigneurs : Ce document constate deux faits bien graves : 1** Le changement considérable que le Code civil du Bas-Canada, adopté parla législature en 1866, a fait dans l'ancienne législation française en vigueur jusquelà, changement qui a altéré profondément les rapports de l'Eglise et de l'Etat, en subordonnant virtuellement la première au second, par les empiétements qu^il y consacre sur les choses les plus importantes, telles que le mariage, le droit de propriété, les immunités, etc., etc.
« Ces changements doivent surtout être attribués aux principes erronés des anciens auteurs gallicans que les codificateurs avaient étudiés et aux codes modernes dont ils voulaient se rapprocher, plutôt qu'à une disposition hostile à l'Eglise. Car ces hommes étaient véritablement pieux et animés de bons sentiments, et s'ils eussent été mieux éclairés sur les véritables principes des rapports des deux puissances, ils se seraient conformés à la direction qui leur aurait été donnée. Au moins telle est noire conviction.
« 2° L'autorité religieuse, qui se personnifiait surtout dans V Archevêque de Québec et son entourage, ne s'est point opposée à ces changements si préjudiciables à l'Eglise, et n'a point réclamé le maintien de l'ancienne législation que les codificateurs n'avaient pas mission de changer.
« Nous croyons qu'avec un peu plus de vigilance et surtout plus de fermeté vis-à-vis de certains hommes d'Etat imbus des idées libérales, il eût été facile de prévenir ce mal et même de le réparer, au moins en partie, pour ce qui regarde le mariage, en mettant à exécution le décret XIII du IV*^ concile de Québec qui enjoint aux évêques de demander au gouvernement la correction des articles du Code sur le mariage qui sont contraires à la doctrine catholique. Nous avons demandé nous-mème à l'Archevêque, il y a quelques années, de mettre à exécution ce décret, mais S. G. y a toujours vu trop d'inconvénients.
« La même question de principe sur le mariage s'est encore présentée au parlem.ent d'Ottawa, à propos du projet de loi pour légaliser le mariage entre beau-frère et bellesœur sans aucune mention de l'empêchement canonique.
« L'x^rchevêque étant d'avis que les députés catholiques pouvaient voter en conscience pour une telle loi, nous avons consulté le Saint-Siège à ce sujet. La réponse a été qu aucun député catholique ne pouvait en conscience appuyer de son vote une telle loi. Tous les députés catholiques, comme un seul homme, se sont soumis à cette décision, aussitôt qu'elle leur a été connue, et le projet de loi a été retiré.
« Si dans le parlement d'Ottawa, où les catholiques sont en grande minorité, on a ainsi respecté le droit de l'Eglise, que ne pourrait-on pas obtenir au parlement de Québec où plus des sept huitièmes de la représentation sont catholiques ?
« Et c'est ce parlement qui a le droit de corriger le code, et qui peut, quand il le voudra, le mettre en accord avec tous les droits et privilèges de l'Eglise.
« Nous croyons donc que J/'''' V Archevêque de Québec est trop timide dans la revendication et le maintien des droits de VEglise. C'est aussi l'opinion de plusieurs de ses sufti rigants, de la masse du Clergé, et des fidèles les plus éclair-'S, Cest aussi ce qui lui vaut V approbation et les sympathies des libéraux. « Nous croyons également queV influence des prêtres libéraux de V Archevêché et de V Université Laval contribue beaucoup à entretenir il/s"" l'Archevêque dans cette timidité et cette condescendance si préjudiciable à l'Eglise »...