‹ Voix canadiennes: Vers l'abîme (volume 2)Chapitre 37 sur 81 · ABOLITION LÉGALE DE FÊTES D'OBLIGATION · texte numérisé non relu

ABOLITION LÉGALE DE FÊTES D'OBLIGATION

Il y avait encore un point sur leqpiel la population et les -^coles Catholiques pouvaient être atteintes, on se donna bien garde de le négliger. Dans l'Archidiocèse de St-Boniface il y a six fêtes d'obligation, Noël, la Circoncision, l'Epiphanie, l'Ascension, la Toussaint et l'Immaculée Conception. Ces six jours sont fêtes légales d'après les Statuts de la Puissance; jls l'étaient aussi d'après les Statuts de Manitoba, mais c'était trop.

Le 18 Mars, de suite après avoir introduit son BiU contre l'usage de la langue Française, le Procureur-Général, introduisit une autre mesure « Pour annuler certains actes ». La première clause de cette nouvelle loi retranche du nombre des fêtes légales l'Epiphanie, l'Ascension, la Toussaint et l'Immaculée Conception. Comme les Protestants observ^ent la Noël et la Circoncision (Xmas and New Year's) on leur laissa fai facilité d'en jouir en les maintenant comme fêtes légales.

Les (Quatre autres fêtes n'étant observées que par les Catholiques, la loi les supprima, et toujours pour en arriver à rassimilation et à l'homogénéité. Seulement il y a un inconvénient qui repose encore sur un scrupule de conscience, même par rapport aux écoles, si tant est que les Catholiques se décideraient à fréquenter les écoles publiques. Les quatre fêtes ci-dessus mentionnées sont des fêtes d'obligation pour les Catholiques, qui doivent les sanctifier comme le Dimanche, cette obligation n'est pas reconnue par « l'Advisoiy Board » qui veut que ces quatre jours soient tout simplement des jours de classe. Supposons que nous en sommes au jour de l'Epiphanie ou de l'Ascension, la cloche de l'Eglise sonne pour l'Office Divin, la cloche de l'école sonne pour la classe, que vont faire les instituteurs et les élèves Catholiques? S'ils vont à l'Eglise, ils manquent la classe et sont passibles de tous les inconvénients qu'entraîne cette infraction aux règlements scolaires. S'ils vont à l'école, ils doivent avoir de justes scrupules de conscience, puisqu'ils enfreignent une loi très positive de leur Religion et manquent par là à une obligation importante. Tout cela ne signifie peut-être rien pour nos Frères Séparés qui nous diront : « l'école avant tout », mais la chose signifie beaucoup pour la conscience Catholique qui répond : « la Religion avant tout, et il est plus juste d'obéir à Dieu qu'aux hommes ».

Page 1