DIVISION DU DIOCÈSE DES TROIS RIVIÈRES PREMIÈRES HOSTILITÉS
Mgr Laf lèche fit son premier voyage à Rome pour assister aa Concile cTu Vatican; il s'y rencontra avec Mgr Taché, son ami fidèle. Sur son attitude, en cette circonstance, nou:s dirons seulement qtu'à son retour aux Trois-Rivièrds il rayonnait lui-même 'de la gloire acqtii&e par la Papauté et déclarait le plus beau de ses jours, celui où la divine Providence lui avait permis de voter rinfaillibilité du Sonverain Pontife. Qu'eût fajt Mgr Tascherean jen pareille conjoncture? Nous ne le demandons pas bien q:ue les doctrines professées alors à Laval dont ^l .était Recteur, et resta chancelier, pajraissaient franchement contraires au dogme de l'infaillibilité : des documents irrécusables en témoignent Surabondamment.
Quoi qn'il en soit, Mgr Laflèche se trouva, dès le début de son épiscopat, d'un côté de la barricade; Mgr Taschereau, qlii ,avait été promu archevêque de Québec le 29 mars 1871, se tenait ostensiblement de l'autre; de cette façon les balles jéchangées ne pouvaient se perdre ton tels. Il y en eut qui frappèrent en pleinje poitrine. Nons nous contenterons encore de le constater, par exemple, à pi^opos du Programme catholique^ 'élaboré par des homlmes de bien en vue d'importantes ^élections législativeis ten Canada.
En 1873, Mgr Laflèche était de nouveau à Romie : nous savons déjà qu'il y est allé fréquemment, et pour cause.
1. Voir texte de ce Programme et les polémiques qu'il souleva dans le tome III des Voix Canadiennes, (chez Savaète, Paris, vol. in-8, 5 francs).
Précisément, nous trotivws dans notre dossier une lettre de l'évéque des Trois-Rivièr;e|S datée de Rome et du 15 février 1873.
C'€st une consultation à la Sacrée Congrégation de la Propagande prise par Mgr Laflècho au suj-et du dit Programme catholique, qui jetait alors la division parmi les évêques canadiens. Elle e'st conçtije m ces termiés : '
De Electionihus politicis. Le 10 mars 1871, le soussigné crut de son devoir de publier dans tine Lettre Pastorale, en le commentant, le 9e décret du 4^ concile de Québec, (ci-joint copie de ce décret.)
Plusieurs des principaux électeurs catholiques, non seulement du diocèse des Trois-Rivières, mais de toute la Province, en prirent occasion de se concerter entre eux, afin d'atteindre plus sûrement le but qu'avaient en vue, d'après les explications données dans la lettre pastorale ci-dessus mentionnée, les Pères du dit concile provincial dans leur 1er Décret. Ils arrêtaient en conséquence, d'un commun accord, les articles d'un Programme catholique, dont copie est ci-jointe.
Mais voilà que le 24 avril de la même année 1871, Mgr Taschereau, archevêque de Québec (justement consacré le 19 mars de cette année-là, 1871), cédant, dit-on, à la pression de certains hommes politiques, publia contre le dit programme une circu laire assez vague en apparence, mais dont le but réel était de désavouer ce programme, comUie le dit formellement Mgr Charles Larocque, évêqUe de Saint-Hyacinthe, dans le document ci-annexé qui contient aussi les circulaires des dits évêques à ce sujet. Mgr l'Archevêqtie de Québec dévoile d'ailleurs lui-même toute sa pensée dans sa lettre à l'Evêque de Saint-Hyacinthe, dont un extrait est ci- joint.
Le soussigné, demande donc si, nonobstant ce désaveu, il peut s'en tenir à sa dite lettre Pastorale du 10 mars 1871 et continuer d'approuver et encourager ceux qui se servent du Programme catholique, afin d'assurer aU pays, dans la mesure de leurs forces, une représentation vraiment catholique.
(Signé) L. F., Ev. des Trois-Rivières.
La réponse ne Be fit pas attendre. Elle fut conforme aux vœux de Mgr Laf lèche. Elle expliquait que :
Quodqtio le docttment appelé Programme catholique n'ait pas été fait par l'autorité ecclésiastique ni expressément reconnu par elle, cependant, vu que ce Programme n'est autre chose qu'une répétition du IXe Décret du IV^ Concile Provincial de Québec, comme l'a fait voir rillustrissimè et Révérendissime Evêque des Trois-Rivières, dans sa Lettre Pastorale du 10 mars 1871, et attendu de pins que le dit Programme est très apte à procurer le bien de la religion catholique et de la société tùvile en Canada, nous sommes d'avis qti'il faut y tenir et que tout électeur catholique doit l'avoir sous les yeux quand il se décide à voter.
(Signé) : A. C. Jacobini, Assesseur de la S. C. Visit. Apost. et adjoint du secrétaire du Conc. oecuménique du Vatican; Gustave Polverisi, Officiai de la S. Pénitencerie ; Philippe C. De Angelis, Prof^ pub. de Droit Canon.
Cette déclaration de latitorifcé supérieure ne pouvait laisser rarchevêqnie de Québec, ni l'Université Laval indifférents ou résignés, et ils estimèrent q^u'on nje pouvait plus habilement riposter à Trois-Rivières qti'^n faisant condamner le Frogramme qui fît naître et jejntretenait la discorde au Canada; d,u moins on 1 affirmait.
Mgr Taschereau fit donc des démarches pressantes pour obtenir cette condamnation par les autorités ro-maines; mais, au lieu de la censure qu'il escomptait, Rome lui fit adresser par le cardinal Patrizzi, une lettre qne nous avons déjà donnée et dont nous remlettons le texte, ru son importance, sous les yeux du lecteur i. Cette lettre se passe de commen-