Rév. M. J. H. Thibodeau, curé de Batiscan
l8 « Je n'ai jamais remarqué aucun indice de division entre le clergé du Nord et celui du Sud. Etant moi-mêmb du Sud, j'ai toujours admiré la véritable harmonie qui existe entre les prêtres du Nord et ceux du Sud ». 2*3 « Je ne sais par qui cette question est soulevée ».
75.' — Rév. M. J. Tessier, curé de Saint-Germain : lo « Je n'ai pas remarqué de véritable division entre le clergé du Nord et du Sud depuis 1876 ». 2o « Non ».
76. — Rév. M. L. Trahan, curé de Samt-Thomas : lo « Il est certain qu'il y a eu des indices plus ou moins visibles
tains documents qtii m'avaient été également adressés par les mêmes pétitionnaires ; 2» Ayant donné communication de ma lettre à Son Eminence, je lui ai présenté ces documents, qu'elle a acceptés et déposés sur son bureau; 3° N'ayant pris aucune note, je ne saurais relater toutes les raisons et les preuves contenue» dans ce dossier, sans m'exposer à faire erreur.
de di\'isioii, avant et après le mouvement de 1876 ». 2» « J'ignore
complètement que quelque individu ait été chargé, au nom du clergé
ou des fidèles diocésains, do renouveler, à Rome, la demande d'xine
division du diocèse ». , ; ,
Pour fidèles extraits : '
I F. X. Cloutier, prêtre,
' Secrétaire de Mgr des T.-R.
Les pétitionnaires de la division du diocèse des T rois-Rivières, en 1875, en 1877 et en 1883.
En 1875, les pétitionnaires sont inscrits ^ur leur requête, au nombre de 26, et en 1877, d'après les documents adressés à Mgr Conroy, ils se trouvent réduits au nombre de 16, comme le constate le Mémoire imprimé du 16 février 1878.
En 1883, les mêmes pétitionnaires déclarent ce qui suit, dans les lettres qu'ils ont adressées à l'Evêque des Trois-Rivières sur ce sujet ;
1° M. Louis Malo, curé de Bécancoiu-t : M. Malo, dans une lettre en date du 18 avril 1883, déclare : 1° Qu'il n'a pas demandé la 'division du diocèse; 2o Qu'il n'a pas eu connaissance que quelqu^un ait été chargé de le demander; 3° Qu'il n'a pas entendu exprimer le désir d'une telle division. « Mon opinion, ditil, est que la division n'est pas nécessaire. Cette division ne peut avoir lieu sur des motifs avouables ». Nota : C'est pourtant de son nom qu'on a signé la supplique demandant la division IN
2o M. D. Paradis, curé de la Baie du Febvre. M. Paradis a laissé sa cure depuis trois ans pour cause de maladie; il n'a plus l'usage de ses facultés depuis au delà de deux ans, et n'a pu conséquenunent demander la division.
3o M. Thomas Caron, V. G. et supérieur du Séminaire de Nicolet : Il y a déjà quatre ans que M. le grand-vicaire est mort.
4o M. Z. Rousseau, curé de Nicolet : Sa mort a précédé de quelques moiij celle de M. le grand-vicaire, Thomas Caron.
0° M. C. Marquis, alors curé de Saint-Célestin, et aujourd'hui appajlenant au diocèse de Chicoutimi : L'opinion commune du clergé du diocèse est que c'est lui seul qui est l'auteur du renouvellement de cette demande . t
6o M. Luc Trahan, curé de Saint-Thomas-de-Pierreville : Dans une
A^oilà qui est clair et précis. Mgr D. Racine ne s'est point poitc comme pétitionnaire, mais seulement comme intermédiaire entre le Cardinal-Préfet et ceux qui ont fait remettre à Son Eminence les documents relatifs à la divisiioii du diocèse des Trois -Rivières.
lettre du 2:0 avril 1883, M, Tr-ahan déclare ce qui suit : « J'ignore complètement et parfaitement qu'un individu quelconque ait été' chargé au nom du clergé ou, des diocésains de renouveler à Rome- la dem^ande de cette division ».
7o M. H. Suzor, alors curé de Saint-Christophe, aujourd''hui curé do Nicolet : A la date du 19 avril 1883, M. Suzor écrivait à Mgr l'Evêque des Trois-Rivières : « Qui ardemandé tout récemment cette érection? Je l'ignore comme vous, Monseigneur, Au nom de qui elle a été faite? Je l'ignore également: Il n'est pas non plus à ma connaissance que quelqu'un ait été chargé de renouveler à Rome, au nom des prêtres ou des fidèles, la demande d'une division du diocèse. Je ne puis même dire que les prêtres on les fidèles en aient exprimé le désir ».
8o M. N. Bellemare, du Séminaire de Nicolet : Il affirme, dans une lettre du 22 avril 1883, « qu'il n'a pas eu connaissance de la pétition ».
9o M. S. Roy, curé de Saint-Norbert : Il est mort depuis plusieurs annéea.
lOo M Z. Garceau, curé de Saint-Pierre-les-Becquets : Il écrit à la date du 17 avril 1883 : « Je n'ai eu aucune connaissance que personne ait été chargé de renouveler telle demande. Depuis la réponse du Caxdinal-Préfet, en 1878, il n'en a pas été question à ma connaissance... Il vaut mieux que cette division ne se fasse pas ».
llo M'. E. Ricard, curé de Saint-Zéphirin : Voici ce qu'il, déclare en date du 18 avril 1883 : « Je ne connais personne qui ait été chargé par des prêtres ou par des fidèles de demander à Rome un diocèse, à Nicolet. On suppose que M. Marq'uis seul agit à Rome.- Il aurait demandé son exeaf pour se soustraire à la juridiction, de son Evêque, afin d'agir plus librement contre lui. Connaissant le passé de ce brandon de discorde, il est capable de faire ainsi... Depuis 1871, je n'ai entendu manifester aucun désir par qui que ce soit d'avoir un diocèse à Nicolet... Je ne vois aucune raison, aucun besoin de demander un diocèse à Nicolet, excepté le besoin de quelques individus qui voudraient vous empêcher de jouir du fruit de vos travaux ». i
12o M. Isaac Gélinas, du Séminaire de Nicolet : Il écrit à la date du 22 avril, 1883, « qu'il regrette de ne pouvoir fournir de renseignements sur celui ou ceux qui ont agité une telle question à Rome ».
.130 M. N. Héroux, alors curé de Saint-Victoire, aujourd'hui curé de Saint-Christophe : Dans une lettre du 17 avril 1883, il s'exprime ainsi : « Je ne sache pas que personne ait été chargé de renouveler à Rome,
Et quels sont ces prétendus pétitionnaires, dont parle ici Mgr Racine? Evidemment, ce ne sont point ceux de 1875 ni do 1877, lesquels ont tous déclaré, comme nous l'avons dit plus haut, n'avoir point renouvelé eeite demande à Rome, ai chargé personne de le faire pour eux. Plusieurs même
au hom des prêtres ou des fidèles diocésains, la demande d'une, division du diocèse des Trois-Rivières... Personne, à ma connaissance, n'a exprimé, depuis 1876, le désir de la division du diocèse ou de l'érection d'un siège épiscopal à Nicolet... Je ne vois aucun avantage dans la présente division du diocèse ».
14o M. G. Proulx, du séminaire de Nicolet : Sa lettre est du 21 avril 1883. « Je n'ai eu connaissance, dit-il, d'aucun mandat semblable ». 15o M. F. X. Vanasse, alors curé de Saint-André : M. Vanasse est curé dans le diocèse de Saint-Hyacinthe depuis plusieurs années.
16« M. J. Biais, du Séminaire de Nicolet : Il écrit, le 22 avril 1883, qu'il n'est pas venu à> sa co>nuaissanoe q'os quelqiifua ait été chargé de renouveler à. Rome la demande d'une division, et qu'il n'a. entendu pcrsoMjae. exprimer le désir de cette division.
17o M. P. Bellemare, «uré de Sainte-Monique : Dans une lettre du 3 mai 1883, il dit qu'il n?a remarqué aucun indice de véritable division entre le clergé du Nord et celui du Sud, qu'il n'a pas eu connaissance que quelqu'un ait été chargé de renouveler à, Rome la demande d'une division, et qu'il n'a entendu personne exprimer le désir d'une telle division.
18o M. J. E. Tessier, curé de Saint-Germain : Sa lettre du 5 mai 1883 dit qu'il n'a pas eu connaissance que quelqu'un ait été chargé de renouveler à RomS la demande àe division, et qu'il n'a entendu personne exprimer le désir d'une telle division.
19« M. G. Bochet, curé de Tingwick : Il écrit, à la date du 18 avril 1883, qu'il n'a pas eu connaissance de la demande de division, qu'il n'a pas même entendu exprimer le désir de cette division, qu'il n'y voit aucun avantage,, qu'au contraire elle sera préjudiciable aux intérêts temporels et surtout spirituels du diocèse des Trois-Ri\ières.
20" M. A. Désaulniers, curé de Saint-Bonaventure : Il déclare, dans une lettre, du 18 avril 1883, qu'il n'a entendu parler de la division que par les journaux, et qii'il n'a entendu personne exprimer le désir d'une telle division. Il ajoute : « J'en suis très peiné, et je crois réellement que la rehgiou en souffrira dans nos localités ». "^--
21» M. I. Douville, du Séminaire de Nicolet : Il affirme, dans une lettre du 22 avril 1883, qu'il n'a pas eu connaissance de la demande de division.
22» M. Louis Po'hier, curé de Saint-Médard : M. Pothier écrit, à la date du 17 avril 1883, qu'il a appris la nouvelle de la division av^ec un profond chagrin, parce qu'il n'y voit que des désavantages. 11 ne
to'ont écrit qu'ils étaient aujourd'hui opposés à cette mesuie, qu'ils ont reconnue être nuisible au diocèse et contraire au bien de la religion. Le doyen d'entre eux, qui (était alors un de leurs principaux chefs, alla même jusqu'à dire dans sa lettre, que la division du diocèse ne peut avoir lieu sur des motifs avouables.
Au reste, comment ces anciens pétitionnaires auraient-ils pu, à Vinsu des Evêques de la province, se présenter de nou-
connaît personne qui ait été chargé de demander cette division, et depuis cinq ans, il n'en a pas entendu formuler le désir.
23o M. Thomas Moreau, du Séminaire de Nicolet : A la date du 21 avril 1883, il écrit ce qui suit : « J'ignore tout au sujet des démarches qui auraient pu être faites à Rome pour amener la division. Je sais seulement "une chose, c'est que le Séminaire de Nicolet n'en a fait aucune, sauf celles que Votre Grandeur connaît ». (Celles de 1875).
24o M. A. Moreau, curé de Saint-David : Il déclare positivement, dans une lettre du 19 avril 1883, qu'il n'a eu nullement connaissance de telle demande ou de tel désir de division. Il ajoute : Vu la bonne entente qui règne maintenant dans le clergé, et la facilité de communiquer avec les Trois-Rivières, je ne vois aucune raison qui puisse nous faire désirer la division. ' i
25o M. E. Buisson, du Séminaire de Nicolet : Il écrit, le 21 avril 1883, qu'il n'a pas eu connaissance que quelqu'un ait été chargé de tenouveler la demande de division, et qu'il n'a pas entendu exprimer le désir de cette division depuis les démarches de 1876.
26o M. E. Bellemare, alors du Séminaire de Nicolet, aujourd'hui curé de Sainte-Hélène : A la date du 17 avril 1883, il écrit qu'il n'est pas venu à sa connaissance que quelqu'un ait été chargé de renouveler la demande d'une division, qu'il n'a pas entendu exprimer le désir de cette division, et qu'il n'en voit pas l'opportunité. '
M. C. E. Raiche, curé de Saint-CyriUe-de-Wendover, étant devenu pétitionnaire de la division en 1877, voici ce qu'il déclarait dans sa lettre du 13 avril 1883 : « ... Je ne puis parler autrement que ma conscience, qui me dit de ne pas me mêler à ce mouvement. » Conséquemment, il n'a pas demandé la division cette année.
Nota : Et voilà pourquoi les auteurs demandaient, exigeaient même que la Supplique Malo et leurs signatures ne fussent ni révélées, ni communiquées à l'évêque mis en cause 111
Lettre de Mgr VEvêque de BimousU : A Mgr Laflèche, Evêque des Trois-Rivières, .
6 avril 1883.
Monseigneur, Je h'ai aucune hésitation à déclarer à Votre Grandeur
veau devant le Saint-Siège, après la déclaration de Son Eminenœ le Cardinal-Préfet, en date du 6 avril 1878, leur signifiant qu'une telle demande ne pouvait êtr<e mise devant la Sacré Congrégation sans le suffrage ou la recommandation des Evêques?
Quant aux pétitionnaires actuels, quels qu'ils soient, il faut remarquer qu'ils ont agi dans le secret, non seulement à l'insu de l'Episcopat, mais encore à l'insu de TEvêque
que je n'ai eu aucune connaissanoe du projet de division de son diocèse, avant de recevoir copie do la lettre du Préfet de la Propagande.
Que le bon Dieu vous aide à supporter courageusement les peines et les épreuves de cette pauvre viel
Agréez, etc. f Jean, Evêque de St-G. de Rimouski.
Lettre de VEvêque de Montréal, par une lettre de M. Baril, Dir. du G. S. : A Sa Grandeur Mgr L. F. Laflèche, Evêque des Trois-Rivières.
' i 27 avril 1883.
Monseigneur, Selon le désir de Votre Grandeur, j'ai eu dans l'avant-midi du 12 courant une courte entrevue avec Sa Grandeur, Mgr l'Evoque de Montréal, relativement à la division du diocèse des Trois-Rivières. Durant cette entrevue, Mgr Fabre m'a dit entre autres choses : Vu la décision du Saint-Père, je n'aimerais pas à émettre d'avis sur la question, excepté si j'y étais invité par le Saint-Siège lui-même. Voici cependant ce que je puis dire : Il y a quelques années (en 1876), j'ai exprimé une opinion motivée contre la division, et depuis lors je n'ai pas eu de raisons pour me faire abandonner ce premier sentiment (bien entendu, en dehors de la décision du Pape).
Sa Grandeur a aussi manifesté un certain regret de voir cette question réglée d'une manière contraire à la coutume suivie dans cette province, mais Elle l'a fait avec la plus grande réserve, en termes où j'ai remarqué la plus grande déférence envers le Saint-Siège.
Ces paroles de Mgr l'Evêque de Montréal, dont la citation est presque textuelle, et très certainement fidèle, m'ont convaincu à n'en point douter K que Sa Grandeur n'avait pas été consultée sur l'à-propos de diviser le m diocèse des Trois-Rivières.
B Et je fais cette déclaration avec assurance, la croyant rigoureusement ■K, vraie. En foi de quoi j'ai signé.
^B H. Banl, Prêtre,
'?, Directeur du Grand-Séminaire des Trois-Rivières.
Lettr-', de Mgr VEvêque d'Ottawa : A S. G. Mgr L. F. Laflèche, Evêque des Trois-Rivières.
; 4 avrU 1883.
Monseigneur, Je m'empresse de répondre aux qfuestions que Votre
diocésain et du clergé du diocèse. De qui tenaient-ils la mission de demander la division d'un diocèse, à l'insu de tous les intéressés, et contrairement à la volonté bien connue d*e l'Ordinaire et de la presque totalité de son clergé? Il doit y avoir là une nouvelle intrigue, plus audacieuse encore que celles de 1875 et de 1877. Le prêtre, qui avait été l'âme de ces dernière intrigues, et que Mgr Conroy a si sévèrement qualifié, eist à Rome depuis l'automne dernier. Il y a été en rapports intimes avec Mgr Racine, dont
Grandeur me fait l'hoimeur de m'adresser dans sa lettre du premier jour de ce mois.
lo Je n'ai été consulté sur ropporttmité de diviser présentement le diocèse des Trois-Rivières^ ni par Mgr l'Archevêque, ni par aucun autre Evêque, ni par aucune autre autorité on autre personne que. ce soit;
2o Avant d'avoir reçu l'information officielle de l'Archevêque, fe n'avais nullement entendu parler d'une prochaine division da diocèse des Trois- Rivières.
J'ai l'honneur d'être, Monseigneur, do Votre Grandeur,
Le très humble serviteur,
t J. Thomas, Evêque d'O'ttawa.
Lettre de Mgr VEvêque de Shsrhroocke : A Sa Grandeur Mgr L. F. Lailèche, Evêque des Trois-Rivières.
, . 11 avril 1883.
Monseigneur, J'ai reçu ce matin votre honorée lettre, dans laquelle vous me demandez de vous dire si j'ai eu cocmaissan-ce de la demande qui a été faite au Saint-Siège de diviser actuellement le- diocèse des Trois- Rivières .
J'ai l'honneur de répondre quo jo n'ai pas eu connaissance de la demande qui a été faite au Saint-Siè^e de diviser actuellement le diocèse des Trois-Rivières.
Veuillez agréer. Monseigneur, l'hommage de mes bien dévoués sentiments en N. S..
* • ' • t Antoine, Ev. de Sherbrooke.
Lettre de Mgr VEvêque de Saint-Hyacinthe : Mgr L. F. Laflèche, Evêque des Trois-Rivières.
, i 6 avril 1883.
Monseigneur, J'ai reçu hier la lettre de Votre Grandeur du 2 courant, et en réponse, je dois lui dire que j Ignore absolument qui a ramené devant le Saint-Siège la question de la division de votre diocèse; que de plus je n'ai pas "été consulté par Rome sur cette affaire, et que mon avis n'ayant
il a su capter la confiance, au ï^oint de se faire agréger k son . diocèse. Il s'y est occupé activement de la division du diocèse des Trors-Rivières, comme le prouvent les lettres qu'il a écriles à quelques-uns de ses confidents, pour leur annoncer ses isuccès, quelque temps avant l'arrivée de la lettre de Son Em. le cardinal Simeoni à l'Archevêque de Québec. 11 suit encore cette affaire avec assiduité, et, ^'il est permis de eiter ici les termes grossiers, dont il se sert à ce sujet dans une lettre à l'un -de ses intimes, il est à
pas éfeo demandé, je n'ai pu le donaer. Depuis quelque temps j'entendais bien dire qu'il s'agissait de la chose à Rome, mais j'étais loin de m'attendro qu'elle fût définitivement arrêtée dans la pensée du Saint-Père. D'après cela, Votee Grandeur doit comprendre que je n'ai pas été peu surpris de la lettre du Cajdinal, notifiant la décision du Souverain Pontife...
Bien respectueusement, de Votre Grandeur,
le tout dévoué et humble serviteur, t L. Z., Ev. de Saint-Hyacintlie.
Lettre de Mgr TEvêque de Cythère : A Sa Grandeur Mgr L. F. Laflèche, Evêque des Trols-Rivières.
7 avril 1883.
Monseigneur, J'ai été seul toute la semaine, mon secrétaire étant allé dans sa famille et à Ottawa. Le ministère curial a absorbé une grande partie d-e mon temps, voilà ce qui explique pourquoi fai retardé deax jours de répondre à Votre Grandeur...
...Une lettre privée reçue au .milieu du mois de mars, m'annonçait, à titre de nouvelle^ que le diocèse des Trois -Rivières devait être divisé prochainement. Une autre lettre de Sa Grandeur, Mgr l'Archevêque de Québec, re<^ue le ^28 mars, me transmettait le document du Saint-Siège daté du 8 mars, par lequel il est annoncé que le diocèse des Trois-Rivières doit être divisé.
Voilà, Monseigneur, toute la connaissance que j'ai eue de cette affaire.
Je demeure, bien sincèrement,, votre tout dévoué serviteur et . frère en J-ésus-Christ.
t N. Z. Evêqae de Cythère et P. A. P.
iJéclaration de Mgr La/lèche : Je n'ai eu aucune connaissance que
«quelqu'un ait été chargé de reiiouveler la demande de division du diocèse des Trois-Rivières, laquelle a été faite, l'hiver dernier, complètement à mon insu.
t L. F., Evêque des Trois-Rivières.
couver un nouveau diocèse: besogne qu'il trouve, paraît-il, très ennuyeuse. '
Voilà pourquoi l'Evêque des Trois-Rivières a ctn que c'était son devoir, dans la circonstance présente, de faire connaître à Mgr le secrétaire de la Sacrée Congrégation de la Propagande cet homme tel qu'il est. J'ai donc communiqué à Mgr D. Jacobini les raisons pour lesquelles je me suis vu forcé, il y a quelques années, de lui ôter sa cure, et les graves dépositions régulièrement faites contre lui par plusieurs prêtres et par plusieurs laïques des plus dignes de foi, qui tous le connaissaient intimement, quelques-uns même depuis plus de 25 ans. Ces dépositions font voir de quoi cet homme est capable, et comment, pour lui, tous les moyens sont bons, quand il s'agit d'atteindre son but. J'ai laissé une copie de ces dépositions entre les mains de Mgr le secrétaire de la Propagande. ; ]
D'ailleurs, ce qui a été relaté plus haut de sa conduite, dans les deux premières tentatives de division du diocèse, ne prouve-t-il pas suffisamment le manque absolu de confiance que mérite ce prêtre intrigant? Les faux qu'il a commis dans la pétition de 1875, en y inscrivant, comme favorables à son projet, lels noms de prêtres qui y étaient opposés, ou en obtenant subrepticement plusieurs signatures; les renseignements erronés qu'il a donnés sur l'état du diocèse et sur les sentiments du clergé; les affirmations mensongères qu'il faisait à Mgr Conroy sur l'adhésion presque totale, disait-il, des prêtrds du Sud à son projet; tout cela est plus que suffisant pour mettre en doute la véracité des renseignements qu'il a pu faire parvenir à la Sacrée Congrégation de la Propagande l'hiver dernier, et même l'authenticité des documents qu'il y a fait passer, concernant la division du diocèse. '
En présence d'un pareil adversaire, l'Evêque des Trois- Rivières a été forcé de suivre l'exemple du Délégué apostolique, et de demander à son clergé une déclaration écrite.
donnéo en conscience et pour le plus grand bien de la religion, sur la part qu'il avait prise dans cette nouvelle tentative de division du diocèse faite auprès du Saint-Siège, et sur ce qu'il pensait de ce projet. Je voyais bien, à la. vérité, les inconvénients de cette demande, mais je n'avais pas d'autres moyens de déjouer les plans et de dévoiler la supercherie de l'intrigant, que j'avais à combattre. C'est ainsi que j'ai pu me procurer les preuves écrites de la bonne entente et même de l'union intime qui régnent dans pion clergé, sans distinction de Nord et de Sud, et de l'opposition presque unanime des prêtres au démembrement du diocèse. J'ai aussi connu par là que pas un prêtre de mon diocèse n'a eu connaissance de cette nouvelle demande de division, et que personne, cioriséquemment, n*a chargé qui que ce soit de la faire, etc.
C'est donc par suite d'une triste nécessité que j'ai leu recours à ce moyen extraordinaire, qui me répugnait souverainement, d'autant plus que je prévoyais bien qu'on ne manquerait pas de m'en faire un crime auprès du Saint- Siège. J'ai la confiance pourtant que l'obligation, où je pie trouvais, de défendre mon diocèse contre un adversaire déloyal et injuste, me justifiera d'avoir employé la seule arme que j'eusse à ma disposition pour le défendre efficacement; je veux dire le témoignage du clergé, que cet adversaire invoquait en sa faveur i.
On comprend facilement, après cela, que je dus être au comble de l'étonné fnent, lorsque S. Em. le Cardinal Simeoni
1. Voici la Circulaire au Clergé, à laquelle Mgr Laflèche fait allusion et qui amena les nombreuses réponses qui établissent jusqu'à l'évidence les faux au moyen desquels on poursuivait la division du diocèse, trompant la Sacrée-Congrégation et le Saint-Siège sur la situation du pays et l'état d'esprit de sa population.
Evêché des Trois-Rivières, 13 avril 1883.
Messieurs et bien-aimés coopérateurs, Comme la lettre de Monseigneur l'Archevêque du 9 courant, publiée dans les journaux, vous l'a annoncé, Son Em. le Cardinal-Préfet de la S. C. de la Propagande a écrit
mo fit connaître que des lettres secrètes a,raient été adTessées à la Propagande, en faveur de la division de mon diocèse, par certains membres de mon clergé. J'avais par devers moi une déclaration tout à fait contraire de la part de tous
que, dans une audience en date du 18 février dernier, la division du diocèse des Trois-Rivières a été jugée opportune.
Les évoques de la Providence doivent se réunir à ce sujet le 22 de mai prochain.
Le Diocèse . des Trois-Rivières renferme 75 Paroisses, 4 Missions et compte environ 85,000 communiants.
La nouvelle de la division d'un Diocèse si petit, n'ayant échappé à la banqueroute que par l'extrêfne dévouement du clergé et de la population, m'a d'autant plus sarpris qu'elle était absolument inattendue.
Les Evoques de la paroisse, étant d'ordinaire ceux qui s'occupent de l'érection des nouveaux diocèses, j'ai pris d'eux infonnations sur ce sujet.
Mgr Langevin, Mgr Fabre, Mgr Duhamel, Mgr Racine do Sherbrooke, Mgr Moreau, Mgr Lorrain, n'ont eu connaissance d'aucune demande de division du diocèse des Trois-Rivières.
Mgr V Archevêque dit en a/voir eu cminaissance, mais ne dit pas ravoir appuyée.
Je n'ai point eu le temps de m'informer auprès de Mgr de Chicoutimi, qui est ' trop éloigné. \
Je n'ai pas demandé moi-même cette division.
Qui l'a demandée? Je l'ignore.
Je ne bonnais pas davantage au nom de qui Une telle pétition a été faiie^ ni qu^elles raisons ont 'été invG(yuée3.
J'ai en conséqujence réuni, hier, mon Conseil diocésain pour lui donner communication de ce qui vient d'être dit, et lui demander avis sur cette question .
Le Conseil ignore également qui a renouvelé la demande d'un tel changement, auissi bien que les motifs donnés à l'appui.
Le clergé et les fidèles lui paraissent à peu près unanimes contre une telle division, laquelle a été déjà désapprouvée par la majorité des Evoques, par le Délégué Apostolique, Mgr Couroy, et refusée en 1878 par le Cardinal-Préfet de la Propagande. Le Conseil reconnaît que le clergé diocésain est très uni, et vit d'une manière vraiment fraternelle.
Les dettes réunies de l'Evêché et du Séminaire, contractées pour la construction, s'élevant encore à près de 80,000 dollars, il trouve qu'elles seront difficillement éteintes, si les trois cinquièmes du diocèse étaient distraits.
Le Grand-Séminaire marchera vers une ruine probable; il sera encore plus difficile de maintenir la résidence des Rév. Pères Jésuites.
Les intérêts matériels du Diocèse auront beaucoup à souffrir par une
mes prêtres; et je ne crois pas vraiment qu'il y ait dans tout mon clergé un seul prêtre capable de faire des affirmations aussi contradictoires, et de tromper ainsi indignement, soit son Evêque, soit le SaintrPère. Au reste, que vaudraient.
division. C'est une question de savoir si le Diocèse pourra subsister. Enfin, les communications des différentes paroisses du Sud du Diocèse sont très faciles, et plus faciles, dans la généralité des cas, avec la ville épiscopale actuelle des Trois-Rivières qu'avec Nicolet. Tel est l'avis unanime des conseillers diocésains.
Maintenant, pour la gloire de Dieu, la justice et le bien de l'Eglise des Trois-Rivières dont je suis spécialement chargé, il est nécessaire que je connaisse votre opinion sur les points suivants :
lo Avez-vous remarqué qiielqu'indice de véritable division entre le clergé du Nord et du Sud, soit avant, soit après le mouvement partiel et passager de 1876?
2" Quels avantages voyez-vous dans la présente division du Diocèse? 3o Quels inconvénients y trouvez-vous? A^ Quelle est votre propre opinion sur cette division? 5o Sans employer le moyen des manifestations publiques, dites, quel est à votre connaissance, le sentiment de votre paroisse sur une telle division?
6o S 'est-il produit quelques plaintes sur la difficulté des voies decommunications avec la ville épiscopale des Trois-Rivières?
lo Est-il à votre connaissance que quelqu'un ait été chargé de renouveler à R.ome, au nom des prêtres ou des fidèles diocésains, la demande d'une division du Diocèse des Trois-Rivières?
8o Avez-vous entendu, dans ces dernières années, exprimer même le désir d'une pareille division du Diocèse, ou de l'érection d'un siège épiscopal à Nicolet?
90 N3 croyez-vous pas que cette division, ne soit, comme le pense le Conseil diocésain, une cause probable de ruine pour le Diocèse? La division du Diocèse étant une affaire q-ui doit entraîner de 'très grg.ves conséquences pour la religion, vous devez répondre, en conscience, aux questions posées ci-dessus, et je vous l'enjoins rigoureusement, afin de m'éclairer sur l'accompHssement des devoirs de ma charge.
Si vous aviez quelques autres éclaircissements à domier, comme par exemple, sur l'auteur ou les auteurs des renseignements fournis récemment au Saint-Siège, le degré de foi ou de crédit qu'ils méritent, il serait désirable que vous me les communiquiez. Vous devrez répondre dans l'espace de huit jours, après la réception de la présente, parce que le temps presse.
Plusieurs ont cru que la division dû Diocèse était déjà complètement
effectué. , , ^ i 1 ^ ■ 1 . i •' * i '' '!
N'oubliez pas que les évêques de la Province, auront par ordre du
dans ce cas, des documents signés par de tels hommes ? Mais non, je ne crois pas qu'il en soit ainsi, et je ne puis ajouter foi à une telle supercherie de la part de certains membres de mon clergé. Ici encore, il doit y avoir de l'intrigue; il doit y avoir quelque faux. Ce que j'ai fait connaître justifie ce grave soupçon et désigne même la personne sur laquelle, il tombe. Comment les lettres, dont me parle S. Em. le Cardinal Préfet, pourraient-elles ne pas me paraître fort suspectes, en présence des témoignages si précis que j'ai en ma possession, contre la teneur de ces lettres?
Je prie donc la Sacrée Congrégation de prendre les mesures nécessaires pour en bien constater l'authenticité, car j'ai tout lieu de croire qu'elles sont, ou falsifiées ou supposées. Je prie également le Saint-Siège de faire l'enquête nécessaire pour découvrir le faussaire, si faussaire il y a, et do le punir comme il le mérite, afin de mettre un terme
Saint-Siège, à s'occuper de C(>tte affaire le 22 de Mai, à apprécier plusieurs graves circonstances et à faire rapport.
Vous devez aussi savoir et considérer sans trouble que, si la division du diocèse a été jugée opportune, elle n'a pas encore été décrétée; que le jugement d'opportunité qui a été porté d'après les raisons exposées, peut être modifié sur d'autres raisons plus fortes; que les Evoques, avant de tracer des limites, auront à s'occuper, selon la lettre de Son Eminence, du Modus Divisionis qui regarde l'existence même du Diocèse; que -l'époque qui suit la notification d'un projet à accomplir, et qui précède le décret qui l'exécute, est le véritable temps des légitimes représentations; et, qu'après tout, il reste encore aux églises particulières, non moin? qu'au dernier des hommes, si l'on veut en user, le droit de supplique, qui ne blesse ni l'obéissance la plus entière, ni le respect le plus profond envers l'autorité dont il est même, dans son exercice, le suprême hommage.
Quant à moi, chers collaborateurs, je me propose de faire, avec la grâce de Dieu, tout ce que vous avez droit d'attendre d'un Evêque qui aime' sincèrement son EgHse dont il doit êtro comme l'époux, qui est dévoué à son clergé et qui cherche avant tout le salut de ses ouailles... Priez le Seigneur que je ne faillisse pas à ces grands devoirs.
Je demeure, chers coopérateurs, bien sincèrement, yotre dévoué serviteur.
t L. F. Ev. des Trois-Rivières.
^. B. ~ Votre réponse, quelle qu'elle soit, sera regardée comme confi-
à ces incroyables intrigues, qui viennent, pour la troisième fois, jeter le trouble dans le diocèse, du reste, le plus paisible peut-être et le plus uni de la province.
Ayant donc ainsi constaté, comme je l'ai dit, que ni TEpiscopat de la province, ni rEvêque des Trois-Rivières, ni aucun membre de son clergé, n'avait autorisé^ qui qtie ce fût à faire une nouvelle démarche auprès du Saint-Siège pour en obtenir le démembrement de mon diocèse, et que même personne d'entre eux n'avait eu connaissance d'aucune démarche de cette nature, je compris que j'avais un devoir sacré à remplir envers le diocèse et l'Eglise des Trois-Rivières, dont je suis le pasteur et le père. Je compris que je devais protéger et défendre ce diocèse contre une attaque aussi déloyale et aussi mal fondée, et qui allait porter un rude coup à ses institutions les plus nécessaires, et compromettre son existence. Je vis enfin qu'à l'exemple des plus
dentielle, ne devant servir qu'auprès de qui de droit. Tous doivent répondre. |L F. L.
Circulaire au Clergé : Evêché des Trois-Rivières, 24 a\Til 188.3.
Messieurs et bien-aimés coopérateurs, Je vous remercie de l'empressement et de l'exactitude avec lesquels vous avez répondu à ma circulaire du 13 avril courant.
Les renseignements si précis que vous me donnez sur la grave question qui en fait l'objet me seront de la plus grande utilité pour renseigner sûrement l'autorité qui 'doit en juger.
Maintenant, soyez tranquille et attendez avec confiance ce que les supérieurs hiérarchiques, chargés par la divine Providence de régler ces sortes d'affaires, décideront sur la question si grave de la division du Diocèse des Trois-Rivières. Cette décision, quelle qu'elle soit, devra être pour tous, Clergé et Fidèles, l'expression de la volonté de Dieu, et, par conséquent nous devrons tous l'accepter avec le plus grand respect et la plus parfaite soumission, et- nous conformer entièrement à ce que le Saint-Siège aura décrété sur cette affaire.
Pour appeler plus efficacement la protection divine sur notre Diocèse dans le règlement de cette grave affaire, vous réciterez tous les jours pendant le mois de mai à la suite de la Messe, au bas de l'autel, les litanies de la Sainte Vierge, avec le verset et l'oraison du Regina. Vous engagerez aussi les Fidèles à prier à la même intention aux exercices du Mois de Marie...
t L. F. Ev. des Trois-Rivières.
•grands fet. des pluis saints Evêques, je devais remî)lir ce devoir au prix des plus grands sacrifices; et c'est ce que, avec la grâce de Dieu, je me suis décidé à faire, me rappelant que le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis.
Lo recours aux Evêques de la province m'était fermé. Ces prélats ne devaient, en effet, suivant la lettre de Mgr riArclievêque, que tracer les limites du futur diocèse de Nicolet, 'et présenter les nomJs de trois candidats. Ils n'avaient pas, 'comme en 1676, à examiner le commodum et Vincommodum de cette division du diocèse des Trois -Rivières.
Il n'y avait donc pour mioi de recours possible qu'au Souverain-Pontife, et il était évident que ce recours, pour être efficace, dans les circonstances difficiles où je me trouvais, devait se faire personnellement, et :sans délai. En effet, la rréunion des Erêques, à laquelle devait rSe faire la délimitation du futur diocèse, était fixée au 22 mai, c'est-à-dire dans trois isemaines, et c'était à peu près le temps qu'il me fallait pour |me rendre à Rome.
Voilà comment j'ai été amené à faire de nouveau ce voyage à la Ville Eternelle, si pénible à înon âge et si peu en rapport avec ima santé débile.
La crainte d'avoir à me faire, jusqu'à la mort, le reproche d'avoir (manqué au devoir sacré de défendre les intérêts de l'Eglise, que le Saint-Siège a confiés à ma sollicitude pastorale, m'a fait surmonter la répugnance extrême que i'jéprouvais à entreprendre ce voyage.
Le Seigneur a béni ma détermination, et m'a heureusement conduit aux pieds de son Vicaire ici-bais. Réconforté par sa paternelle bénédiction, et encouragé par ses paroles bienveillantes, je vais maintenant, suivant ses conseils et sa volonté expresse, exposer, dans la deuxième partie do ce mémoire, la véritable situation du diocèse des Trois-Rivières, et oe que demandent, dans les circonstances présentes, le bien de la religion et l'intérêt des âmes.
MÉIVLOIRE DE MGR LAFLÈCHE CONTRE LA DIVISION DU DIOCÈSE. DES TROIS- RIVIÈRES