‹ Voix prophétiques; ou, Signes, apparitions et prédictions modernes touchant les grands événements de la Chrétienté au XIXe siècle et vers l'approche de la fin des tempsChapitre 13 sur 90 · VIII. Les Sœurs de TAdoration Réparatrice · texte numérisé non relu

VIII. Les Sœurs de TAdoration Réparatrice

I. — Faire courageusement le bien et empêcher efficacement le mal, telle est la vocation spéciale de tout fervent chrétien, principalement en nos jours mauvais. Les efforts individuels ne suflBsent plus ; il faut que les justes s'associent entre eux, au nom du Seigneur, comme les pécheurs se liguent ensemble au nom de Satan. Que chacun de nous foule aux pieds ses répugnances et sa tiédeur : que personne ne reste

désormais insensible, dans le camp des fidèles du Christ, notamment à ces torrents de blasphèmes que vomit chaque jour Timpiété, et à cette lamentable profanation du dimanche qui a transformé le jour du Seigneur en un sabbat d'enfer.

Une fervente religieuse, la Sœur Marie de Saint- Pierre, décédée le 8 juillet 1848, en odeur de sainteté, au couvent des Carmélites de Tours, a été favorisée, depuis Tannée 1843, d'une suite d'apparitions de Notre-Seigneur, qui ne peuvent laisser aucun doute aujourd'hui sur les causes des calamités sans nom de l'époque actuelle. Écoutons les plaintes du divin Sauveur à la pieuse Sœur, et prenons intérêt ik rœwvre de Képaration qu'il réclame de nous tous. C'est d'après un document approuvé par l'autorité ecclésiastique que nous allons parler de ces apparitions ', après avoir dit quelques mots de la \ie de la Sœur.

II. ~ EUe était née h, Bennes, le 4 octobre 1816, de parents respectables et pieux. Prévenue, dès ses premières années, des bénédictions du Seigneur, on la vit répondre à la grâce avec une admirable fidélité et avec la plus vive horreur des moindres fautes. Sa vocation la conduisit au couvent des Carmélites de Tours, en 1839. Cette nouvelle faveur trouva la Sœur Marie de Saint- Pierre préparée, comme une terre de choix, k rendre au centuple la divine semence de la grâce. Le zèle de la gloire de Dieu et du salut des âmes l'absorba désor-

1 Abrégé des faits qui concernent rétablissement de Vcnwre pour la Eéparation des blasphèmes, etc. Ârras, typ. £. Lefranc etC».

mais sans partage; elle en fut surtout consumée, du jour où elle connut, par une lumière surnaturelle, en 1843, que la colère céleste allait frapper les hommes à cause de leurs crimes sans nombre contre la divine majesté. Impossible de dire la vive impression qu'elle éprouvait à la seule pensée de la perte des âmes; sa douleur éclatait parfois en larmes brûlantes k cette occasion. Telle était en même temps sa parfaite obéissance que, malgré les révélations éclatantes qui lui étaient faites, elle ne voulut jamais agir en rien par elle-même ou sans avoir pris Tavis de sa supérieure. Aussi, disaitelle dans sa dernière maladie, sa consolation en mourant était d^avoir toujours obéi. La Mère Prieure du Càrmel de Tours termine le tableau des vertus de l'admirable Sœur par l'attestation suivante :

« Nous pensons avec fondement que cette âme si pure a conservé la blancheur de son innocence, car elle a vécu dans le monde comme n'y étant pas et, depuis son entrée dans notre maison, nous ne lui avons pas vu commettre de faute volontaire : c'est le témoignage de toute la communauté. >

Sa vie dont le terme prochain lui avait été annoncé par Notre-Seigneur, fut couronnée par une cruelle maladie qui acheva son holocauste de victime pour les péchés du monde. Au plus fort de ses angoisses, elle disait avec un accent saisissant : * Oh! que les rigueurs de la justice divine sont terribles! Mon Dieu! que vos desseins sont rigoureux ! si Von savait ce que f endure ! 0 mon divinEpoux^ que vous m'êtes amer^ vous qui êtes si doux ! » Pour la soutenir dans ces moments de désolation, on lui rappelait qu'elle s'était

offerte à Dieu pour accomplir ses desseins. « Oui^ répondait-elle, et je ne vi''en rcpenspas. Mon Dieu Je veux tout ce que vous voudrez, autant que vous le voudrez, et sHl le faut, je consens à souffrir jusqiCà la fin du monde. > Les dernières paroles qu'on recueillit de ses lèvres furent ces mots : Jésus^ Marie, Jo^ seph! Venez, Seigneur Jésus! Sit nontenDamini 6enedictum!* »

III. — La première communication du divin Maître à son humble servante eut lieu le 26 août 1843, lendemain de la fête de saint Louis, roi de France. Dans ce même mois s'était organisée à Borne même une association réparatrice que le Saint-Père avait approuvée et enrichie d'indulgences. La pieuse Sœur reçut en ce jour les plus vives lumières sur le péché de blasphème.

Notre-Seigneur lui dit : « Mon nom est blasphémé partout, et même les enfants m^outragent par le blas^ phème. > 11 lui montra en même temps que ce crime du blasphème était comme une flèche empoisonnée qui transperçait son Cœur, il lui dicta ime prière qu'elle devait réciter souvent pour cicatriser ses plaies. Puis il lui inspira défaire le pieux exercice de [Réparation et de dire les prières qui le composent, lui faisant connaître que cette pratique lui était très-agréable et qu'il désirait ardemment qu'on la répandit

Plusieurs communications suivirent bientôt celle-ci.

* Nous avons tiré ces détails de la Lettre-Circulaire du Carmel de Tours, en date du 25 juillet 1848, où il est fait part de la bienheureuse mort de la Sœur Marie de Saint-Pierre.

«ftens- ru^e4>lle^» la.Sffi^r^QbtiQt, par, les prières .que Vi>Tï fit.pi9iadaBii\n«af jours, la^g^ârison d'une pei^^O^ne oaaJiadQ : elle ayajt^<demai94é c^Ue gjAce lej^pr^uve du «aractèire suraatuxel \de sa ixûssiaii.

Ui^e «autre fois, Notre-^^uQui^^ui^j^t (^wW^ître la i^ger^e Tepfer cc^itve cette œuvre de Jiéparatioii, les entraves qu^'y^apporterait le déiBon, et il ajouta : *.Je < vous donne ni^n Cœur.poutMre votre Ijumière dans € 1705 ténèbres et votre force dcms vos combats, *

IV. — Le 24 novembre . suivant, Notre-Sejigneur s^ouvrit entièrement h, cette âme : « Jusqu'à présent, « lui dit-il, je ne vous ai montré que peu à peu le « dessein *i^6 mon Oœur^ mais aujourd'hui je veux « vous le découvrir en entier.. La terre est couverte « de crimes^ et,. Vinfraction des trais premiers com^ « fnandements de Dieu a irrité mon Père. Le saint « Nom de IMeu blasphémé et le dimanclw profavé « mettent le comble à la mesure dHniquités. Ces pé- « chés ont monté jusqu'au trône de Dieu, et provo- € quent sa colère, qui se répandra si Von n"* apaise € sa justice. Dans aucun temps Us crimes n'ont mon té « si haut. Je. désire, mais d\un vif désir, qu'il se for - « 7ne une association bien approuvée et bien orga- « .nisé^pourJionorerleNomdem^nFère. > EtNotre- Seigaeur lui fit comprendre que par ce moyen il voulait pardonner à un grand nombre de pécheurs.

Le 7 décembre, .nouvelle et plus importante communication. Notre-Seigneur lui fit voir à quel point la France avait provoqué sa vengeance par tous les blasphèmes dont elle était coupable : « Il lui fit entendre

« qu'il ne pouvait plus demeurer dans cette France « qu% comme une vipère, déchirait les entrantes de c sa miséricorde, et en avait sucé le sein jusqu'au c sang : que lamiséricorde ferait place à la justice, qui « se débordera avec d^ autant plus de fureur qu^élle c aura plus attendu. » Alors, efirayée de ces menaces terribles, elle dit : < Mon Seigneur, permettez-moi de vous demander une chose : Si Ton fait cette réparation que vous désirez, pardonnerez-vous encore à la France? >

« Je lui pa/rdonnerai encore une fais, » répondit Notre-Seigneur, « mais remarquez bien : une fais. € Commue ce péché de blasphème s'étend par toute la € Fraruie et est public, il faut que cette réparation

< soit publique et détende dans, toutes les viUes de

< France ; malheur à celles qui ne feront pc^ cette « réparation! »

Une autre fois Notre-Seigneur lui dit « qu'an ar^ c racherait le glaive des mains de Dieu en faisant c la réparation, ce quHl désirait ardemment pour € faire miséricorde. »

V. — Le 2 février 1844, Notre-Seigneur s'expliqua sur la manière dont il voulait que Tœuvre s'établît, et il dit que celle de Bome n'ayant pour but que la réparation des blasphèmes, il fallait que celle de France y joignît la sanctification du Dimanche; qu'elle serait sous le patronage de saint Michel, de saint Louis et de saint Martin ; qu'elle devait porter pour titre : Association DES DÉFENSEURS DU SAINT NOM DE DiEU, et qUO

chaque associé devrait dire tous les jours un Pater,

Ave, Gloria Patrie avec Pacte de louange et une invocation aux trois saints patrons ; que le Dimanche les associés feraient la réparation entière ; qu^ils auraient chacun une croix où seraient gravés d'un côté ces mots : Sit nomen Domini benedictum^ et de l'autre : Vade rétro Satana ; et qu'ils diraient ces paroles lorsqu'ils entendraient blasphémer. Notre-Seigneur ajouta que le démon se déchaînerait contre cette œuvre, mais que les anges combattraient pour elle, et que Satan serait vaincu.

Puis cette âme pieuse entendit Jésus lui dire, du fond de son tabernacle : « 0 vous qui êtes mes amis et mes fidèles enfants^ voyez s'U est une douleur sem^ liUMe à la mienne ! Mon Père est outragé, mon Église est m^msée : ne se lèverait-il personne pour défendre ma cause ? Je ne puis plus rester au milieu de ce peuple ingrat ; des torrents de lar^ mes coulent de mes yeux ; ne trouverai-je personne pour les. esaiÊger e» faisant réparation à la gloire de mon Père et en demandant la conversion des coupables ! »

Plus récemment encore Notre-Seigneur lui dit : La France est devenus hideuse aux yeux de mon Père; elle provogue sa justice : si on ne s'efforce d'obtenir miséricorde, elle sera châtiée. »

VI. — Dans le cours de l'année 1845, les lumières devinrent plus vives que jamais sur la nécessité de cette œuvre de réparation qui devait racheter la France ; et Notre-Seigneur fit connaître à la Sœur que le crime dublasphème,en attaquant Dieu directement.

renouvelait les opprobres <jui, pendant sa Passion, àtaîétet couvert âa Tâce àîdôrtfcble ; que c-étaît pâtfciculiëtéMènt eètte'âàinte F^e ^u'outrageaieàt lésblasj^éâJéiteuhiJll lui «n fit'!e<46n comioied'tme monnaie pt^deÀiieMftp^iiëe'de'BOn'MSgie, afin qu'elle la lui d&ttpkr fiéehii'la Mèi^e 4e Dieu et obté&irtépar-

'Elle te^ut ' des ^ yî(Ama9iSdattcés sublimes Mr < oette Face adorable, qni doit être Tobjet sensible de l^Adsociation. De temps à autre la Sœur avait ^de noutëttds communicatieiis éur lef ttiêMesujèt.' Bllel ^ait et souffrait sansr eesse pOOr obtenir Fétdbliir»éMeAt de IVmvre. Elle a- prédit plttàieut» faits' que Pévénement a vérifiés : elle annonça des lolalheurs quinze jours avant les inondations. Elle vojidt "OOntiàfieUèment le bras de Dieu levé pour punir la France, ' Ot ' annonçait de nouveaux châtiments, si on ne faistSt^ viMence au Ciel par la prière, par lapénitence et par' rétablissement et la propagation de roefuVre réparatrice des blasphèmes et des^ profimations du saint jbur du Dimanche.

VU. — Sur ces entrefaites, viàt à retentir, comme la foudre, la voix de Notre-Dame de- la' Salette, annonçant pour iin prochain avenir, lès pluâ terribles calamités, si le monde, et la France en particulier, continuaient h, blasphémer le nom de Dieu' et à profaner le jour du Seigneur. A la voix de la Sainte- Vierge, qui demandait k la face du monde ce que son divin Fils sollicitait depuis plusieurs année de la Sœur, dans le calme de la solitude, les âmes pieuses s'émurent,

main à Tœuvre et, par Brefs apostoliques des 27 et 3Q, juiljQt, 1^, iWti;e| Sj4](it>5Bèî:et: Ift.Papfi, ]§ie IX éri-

geajit/îaçpjHaBWWirtrArfàtiw dea

blasphèmes et de la profanation dn Dimanche, iw(ïs^

l'église Saint-Martin de la Noue, à Saint-Dizier, au di(>cè90fdje,Iiajl^e9t QPiw^e cesntre de rA^eociatlon : le piei^ejk|ilhisJ7a Mgr I^a^sis en avait luirmême faitla d^nta^deau Souv^ra,iQ; Pontife.

Ras; d!und faveurdo^ Qiql attira^ llatlteotiou du peuple chr4t^^ sur la nou^vj^Ue: coQfrér:i^ Nou^iue citer ixxiaiciqu^ celle que sigp^l^tle l^^r ayiill-S^^ à une personne d'Arras, M. le; cur4( 4^ SamtrMartiia. de l^r. Noua. •

<, L'Ârchiconfriéi^eyient€l|obj;eQii;iui^ ffiYOuriqu'ellâ reg^dO: comme farès-précieupe. Le Ciel s'^t prononcé de nouveaji, Nous avions ici upp jeuiiei personne malade depuis^ vingt-sept mois. d- un anéyrigme fortemenij caractérisé. La maladie était arrivée^ m. point que^ les médociAS. en. désQspéraienl; entièjrqmi^t;. La malade éi^t i9^tfi4^^^^ - ^^ partie gauçhç. de Ift poitrine était enfoncée ; le cœur singuliërem^oti disteodii, desr cendait au-dessous des côtes; les douleurs étaient continuelles et très-fortes. Nous avons fait une neuvaine... Entre onze heures et minuit, la malade s'est endormie. Elle s'est réveillée à cinq heures, s'est levée à six heures et demie, a assisté à une première Messe, a déjeuné, est revenue à la grand'Messe, etc., sans ressentir aucune fatigue, et s'est couchée à neuf heures et demie. Son corps se trouva, dès le premier jour, dans un état parfaitement normal. Depuis les douleurs ne

sont point revenues... Ceci se passait le 12 mars dernier...

< Nous avions demandé cette guérison comme une preuve que le bon Dieu approuvait notre œuvre réparatrice. »

Vni. — D'autres œuvres, plus parfaites encore, se sont établies dans le même esprit. Nous ne signalerons ici que la Société religieuse connue sous le nom de Sœurs de V Adoration R^aratrice qui s'est établie depuis 1848 dans cette même ville de Saint-Dizier, avec l'approbation de Mgr l'évêque de Langres et la sanction du Souverain Pontife.

Cet admirable institut religieux a pour but spécial la Béparation et, it cet effet, il a obtenu le privilège unique et bien touchant d'avoir le Saint Sacrement exposé jour et nuit, pour réparer les crimes du monde par Jésus, en Jésus et avec Jésus, Hostie de propitiation et de réconciliation.

Puisse cette double œuvre de la Confrérie et de l'Adoration Séparatrices trouver chaque jour plus d'adhérents zélés et fidèles !

CHAPITKE IV

LES HOSTIES SANGLANTES DE TBIGNE-AUX-BOIS. (FéYrier-mai 1859. — 2 septembre 1870.)

I. Première Hostie sanglante, da 7 février. — II. Sa description. — III. Seconde Hostie sanglante, du 29 avril. — IV. Troisième Hostie sanglante, du 8 mai. — V. Quatrième Hostie sanglante, du 15 mai. — YI. Sentiment du Cardinal Gousset et munificence des fidèles. — VIL Admirable état de conservation, jusqu'à ce jour, de T Hostie sanglante, du 15 mai. — VIII. Coïncidence mystérieuse * entre le signe sanglant de Vrigne-aux-Bois et la catastrophe de Sedan.

I. — La catastrophe de Sedan a mis dans tonte sa lumière» ce semble, le prodige assez problématique jnsque-là des Hosties sanglantes, qui eut lieu aux abords de cette ville, dans Féglise paroissiale de Vrigne-aux-Bois, du mois de février au mois de mai 1859, pendant les préliminaires de la guerre dltalie *.

Une sinistre brochure, intitulée Napoléon III et Vltalie, venait de paraître (4 février 1859) ; c'était la préface anonyme de ce discours du trône oîi, le 9 février suivant, l'empereur des Français faisait pressentir ses aventureux projets sur la Péninsule, avec l'assurance « qu'il avait pour premier mobile comme pour premier juge Dieu, sa conscience et la postérité. »

« Voir les Hosties sanglantes de Vrigne-aîioD'BoiSi trois lettres de M, Vàbbé Jules Morely avec une gravure du prodige du 15 mai 1859. 1 vol. in-18, de 122 pages^ chez M. Castennan, éditeur^ à. Toumay 1860, et chez Lethielleuz, à Paris.

Mais déjà Dieu s'était déclaré assez haut pour fair reculer qui aurait voulu Tentendre ; sa voix miséricordieuse persi^tajusqU'à ce que les 'armée» fussent en présence, sans trouver, hélas ! d'écho chez les paissants du jour.

Et cependanVil aVait parlé' par Iw y^At^ d« Sangmêiû'e de JéstièfiChïistt

Trois jours après l'apparition de la fameuse brochure, le 7 février, un humble curé dô camjagne, M. l'abbé Titeux, desservant de Vrigne-aux-fiois; au diocèse de Beims, célébrait la sainte Messe dans ston église, lorsque ses yeux furent tout à coup firappés, après la consécration, d'un éclat merveilleux qui partait de la sainte Hostie. Fendant qu'il la considérait a:vec wne émotion de^lugren plus viv*e,il la vit se cour vrir de taches sanglantes. De peur d^ être le joucftd^liie Ualltieitlàtion, M. Titeux appela Tua de» enflmt» dcr dhteur et lui demanda ce qu'il voyait : «* Je voi» te Sang de Notre-Sëigneur sur THostie, répondit ssaùf hésiter le servant. »

Cependant les Sœurs de l'asile, rinstituiarice, d^aati^s personnes encore étaient accoumes. Même réponse de leur part. Tout le monde pleurait. Pour le célébrant, il était tellement suffoqué de sanglotai qHelèsr pei'serinesde Tassistance étaient- aussi emprassées de* lîm venir en aidé que de contemple^ le prodige. Jt^œa? enfin ôJe son émotion, après* environ' mi' qnarf d^beur e^ il poursuivit le Saint Sacrifice comme k l'ordinaire, après s*êVre toutefois assui'é'qu^il-ite saigtiaitni du nez ni d'aucune blessure.

— sali. — Cette première Hostie sanglante ue fut point conseirée ; mais voici les particularités qu^elle avait présentées, d'après le témoignage unanime du prêtre et des assistants. Elle était, comme tous les pains d'aatels dont se sert l'église de Vrigne-aux-Bois, d'un diamètre de huit centimètres, et présentait à sa sur- &C6 Tempreinte d'une croix sans crucifix. A la suite du prodige, elle offrait du sang aux places correspondant au plaies de Notre-Seigneur : une réunion de points sanglants, vers la tête ; i chaque côté du croisillon, iQe goutte de sang ; au bas de la croix, une seule ff^tte de sang ; et au-dessus, comme pour figurer la piaca du côté, mais en ligne directe sur la croix, une antre goutte de sang; celle-ci, ainsi que la précédente, était plus forte que les autres et mesurait presque u^ centimètre de diamètre. Dans les premiers moments où le ssflig était sorti, il suintait et perlait, comme eela arrive, par exemple, à la suite d'une profonde piqûre au doigt ; après avoir atteint, au bout de quelques minutes, son plus grand volume, il avait paru vermeil, liquide, convexe et immobile ; puis il s'était successivement affaissé, imbibé dans la sainte Hostie qui en lut tn^versée, et enfin desséché. Après la con^lafuuon ^ous l'espèce du p^in, et au moment de purifier le corporal, le célébn^it aperçut aussi sur ce linge sacré deux taches rouges provenant sans aucun doute du aang qui avait traversé l'Hostie et qui correspondait, selon toute probabilité, aux deux grosses gouttes du bas de la croix.

Les supérieurs ecclésiastiques furent aussitôt informés de ce fait merveilleux. Mgr Gousset, cardinal-

archevêque de Keims, prenant en considération que THostie sanglante sur laquelle devait principalement porter Tenquête canonique, n^existait plus, ne jugea pas à propos de donner suite à la cause soumise à son jugement ; il prescrivit toutefois de conserver dans un lieu décent le corporal ensanglanté, et plus tard enfin ordonna qu^il fût remis entre les mains de M. Tarchiprêtre de Sedan et lavé dans les formes usitées pour les linges d'autel.

m. — Cette dernière mesure et la contradiction des langues à laquelle M. Titeux n'avait pas échappéi frappèrent son caractère timide, discret et ennemi du bruit. Aussi, lorsqu'à sa grande surprise, le prodige se renouvela entre ses mains, le vendredi de Toctave de Pâques, à l'heure matinale où il célébrait d'habitude le Saint Sacrifice, il maîtrisa son émotion et acheva la Messe, sans laisser rien transpirer au dehors.

Bemarquons cependant que, dans les trois mois écoulés depuis le premier prodige. Napoléon m avât donné suite à ses projets insensés et que, ce vendredi 29 avril, les troupes autrichiennes passaient le Tessin et fournissaient ainsi le prétexte de cette guerre ^atanique dont les conséquences désastreuses pèsent encore aujourd'hui sur la chrétienté.

IV. — Le dimanche du Bon Pasteur, 8 mai suivant, le prodige se renouvela pour la troisième fois : il semblait que le divin Sauveur voulût par ce rapprochement faire comprendre combien cette guerre entre nations catholiques contristait son cœur sacré et

aUût porter de préjudice à la Sainte-Église. Aussi le

ôgue sanglant de ce jour ne devait-il point rester se-

mt Un élève du petit-séminaire de Charleville, qui

issistait ^ la ftesse dans une stalle du sanctuaire de

relise de Yrigne-aux-Bois, avait remarqué, pendant

lapetite élévation avant le Pater, les taches de sang que

présentait la sainte Hostie. La Messe terminée, il prit

: sonparti d'aborder M. Titeux pour lui faire part de ce

ï qu^iî avait vu. Vaincu providentiellement, le prêtre

eonfessa la vérité et il fut amené à révéler devant d'au-

tnQ personnes le prodige du vendredi de Toctave de

Piques.

I^ àmespieuses intervinrent dès lors; sur leurs

iastances, au nom de la volonté divine qui paraissait

8e manifester si clairement, M. Titeux prit la résolu-

tioii, si le prodige se renouvelait encore, de conserver

FEoBtie miraculeuse et d'en consacrer une seconde pour

acIiBver le Saint Sacrifice.

V. — Cependant, rapide comme la foudre. Napoléon s'était en peu de jours jeté sur l'Italie avec une armée fennidable; dès le 14 mai, il avait établi son quartier général à Alexandrie : la terre allait pour de longues aimées boire le sang des enfants de TÉglise mêlé à celui de leur Mère!...

Or, le lendemain, 15 mai, troisième dimanche après Hiques, toujours k la Messe de sept heures, et dans relise de Vrigne-aux-Bois, la sainte Hostie se couîrit de nouveau de sang après la consécration. M. Titeux, ému et tremblant, avait fait chercher une nouvelle hostie à la sacristie ; il n'y avait plus de doute

pour Tassistance. Les Sœurs de l'asile accoururent, puis les laïques, hommes et femmes, et pendant vingt minutes que fut suspendu le Saint Sacrifice, ils contemplèrent de leurs yeux toutes les phases du prodige. On alla même chercher les absents, et c'est ainsi qu*en cette rencontre, pendant et après la Messe, environ six cents personnes s'approchèrent de Tautel pour s'assurer du prodige et le vénérer.

Huit jours après, M. Tabbé Jules Morel, k qui nous empruntons tous ces détails, eut Toecasion de considérer à loisir cette Hostie miraculeuse. Les pdnts sanglants du haut de la croix étaient devenus confluests en se desséchant. Les gouttes correspondant aux plaies des mains, des pieds et du côté, étaient telles que nous les avons décrites pour la première Hostie. L'imbibition du sang se remarquait au revers de la sainte espèce ; le sang l'avait même traversée complètement à la plaie du côté, et taché la patène av point qui y répondait. C'est cette quatrième Hostie sanglante qui nous est restée comme un étemel mémorial des signes opérés par la divine miséricorde, au début de la guerre d'Italie.

Mais en 1859 la France officielle avait le vertige: qui aurait soupçonné, dans les hautes sphères, que le doigt de Dieu venait d'écrire, avec le sang même de Jésus-Christ, le Mane^ Thécél^ Phares de la dynastie impériale ? Le glaive de Sedan a désormais tranché rénigme.

VI. — L'Hostie sanglante du 15 mai 1859 a d'ailleurs été jusqu'à ce jour l'objet des divines sollicitudes

de la Frovîdenee. Bien que le eardinal Geusset n^att pas jugé opportun de constater juridiquement l'authentidté du miracle, il lui a donné comme un sâuf-conduit sdennel, h la retraite ecclésiastique qui suivit le inx)dige k peu de mois d'intervalle. La veille de la clôture, Son Éminence rendit publiquement ce témoignage devant trois cents prêtres rassemblés dans le lieu saint : « qu'il n'était pas peimis de mettre en doute k sincérité du digne et excellent curé de Vrigne-aiz- Bois, dont les vertus connues depuis plus de trente ans dang le clergé rémois, venaient encore d^édifier ses confrères pendant cette retraite; que le diocèse avait la responsabilité de l'Hostie sanglante de Vrigne-aux* Boia devant FÉgKse universelle et qu'il la garderait pendant des siècles, si Dieu le permettait ; que, quant à donner un mandement sur ce sujet, à permettre d'en parler publiquement en chaire et à demander au Saint- Siège la permission d'en faire une solennité liturgique, la maturité avec laquelle il faut procéder en pareil cas, ne permettait pas d'aller aussi vite ; qu't7 convenait de consulter les desseins de la divine Providence dans une respectueuse attente et de la prier de multiplier T4vidence du miracle ; mais que chacun, suivant sa conviction personnelle, pouvait déjà adorer la** bonté de Dieu dans ce nouveau prodige*. »

Les fidèles laissés ainsi libres dans leur conviction personnelle, ont admirablement pourvu à la conservation de l'Hostie sanglante de Vrigne-aui-Bois, avec la

' Les Hosties sanglantes, p. 98 et 106.

ferme confiance que la divine Providence multiplierait V évidence du miracle. Quelques jours après le dernier prodige, une dame pieuse et charitable offrit une custode en vermeil, où la Sainte Hostie fut mise à Tabri des injures de Tair. Plus tard, la même personne offrit une seconde custode où Ton put renfermer la patène qui gardait encore une trace du Sang diyin. Comme les prêtres sont admis au bonheur de voir THostie sanglante, la zélée donatrice a fait plus, elle a offert à cet effet un bel ostensoir, exécuté k Paris sur les dessins du célèbre Wilby-Pugin. En outre, une respectable demoiselle de Belgique a tiré de son habile crayon une copie exacte de l^ostie sanglante dont la gravure a depuis multiplié la saisissante image.

Enfin, Tancienne église où le miracle avait eu lieu, a fait place à une magnifique église construite aux frais d^une bienfaitrice à jamais chère à la palisse de Vrigne-aux-Bois. Le nouveau sanctuaire a été consacré en 1862 par son Éminence le cardinal Gousset, sous le titre de Basilique Mineure.

VU. — Dans la chapelle qui y est annexée, repose désormais l^ostie sanglante, soigneusement renfermée dans le tabernacle de Tautel. Depuis l'époque du prodige, on n'a pas remarqué qu'elle eût si}bi la moindre altération. Nous tenons ce fait d'un prêtre qui Ta visitée récemment '.

M. Titeux, l'heureux curé de Vrigne-aux-Bois, est

• Lettre du 21 février 1871.

encore en vie; mais il a été transféré par le cardinal Gousset de cette paroisse, trop populeuse pour sa santé, k celle de Yaux-en-Dieulet, du même diocèse. Son témoignage * est toujours le même, et il est résolu d*attester solennellement, à Tarticle de la mort, si Dieu le préserve de la mort subite, « qu^il a vu quatre fois l'hostie consacrée dans ses mains, dans l'égÛse de Yrigne-aux-Bois, se couvrir de cinq taches de sang vif, après Télévation. >

Les pèlerins continuent de leur côté, conmie par le passé, à visiter Tautel de THostie sanglante ; les uns s^ rendent à pied, souvent de fort loin ; les autres sont heureux de suspendre, pour quelques heures, leur coursé sur le chemin de fer des Ardennes, qui passe tout près delà, et descendent à la station de Donchery, afin de venir, dans la basilique ie Vrigne-aux-Bois, ranimer de plus en plus en eux le feu sacré du saint amour.

< Le mardi, 17 octobre dernier, nous écrit un curé de notre voisinage, je visitai la magnifique église de Vrigne-aux-Bois, où j'eus le- bonheur de rencontrer M. le Curé, successeur de M. Titeux. Sur mes instances de voir l'Hostie sangjante, conservée dans une cha-* pelle latérale, il me permit d'ouvrir le tabernacle oîi elle est conservée dans un bel ostensoir en vermeil. Ce que je ressentis de pieuse émotion en ce moment, m'est impossible à décrire jamais.

« On m'avait d'avance averti que les taches de sang avaient un peu perdu de leur vivacité. Mais je remar-

* Même lettre.

quai qu'au moment même où je jetais les yeux sur THoatie miraculeuse, les taches de $ang me parureijt de couleur aussi naturelle que si eUes n'y étai^Bt que depuis la veille. Le sang me sembla tellement yerT meil, que jie Taurais cri; tout frais et Unipide. G'eat€ie spectacle saisissant qui fit tant d'impression swr mm âm^. » Aiiosi en eat-il de bien d^autres pèlerâs : por fondement touchés de ce qu'ils ont vu on entendu, ils s'en retournent plus forts dans la foi,

Vm. — Nous devons dire, en terminant, que beaucoup de personnes ont fait conmie nous la remarque de cette coïncidence si frappante, d'une part, entre les Hosties sanglantes dont te prodige avait lieu au moment oii Napoléon III allait envahir l'Italie et prépa^ rer par une série de conséquences invincibles la position si critique du Saint-Siège en ces temps calamiteux, et, d'autre part, la bataille de Sedan où l'ïjmpereur a trouvé sa ruine, bataille qui s'est livrée onze ans plus tard, sur la lisière de la commune de Vrigneaui-Bois.

Et pour achever de mettre le prodige dans tout son jour, la Providence permit que le souverain déchu prit le chemin funèbre de la captivité et fut congédié de Franco par la route de Yrigne-aux-Bois. < Quand le roi de Prusse, nous écrit un témoin oculaire ', envoya Napoléon à sa prison de Wilhelmshoehe, celui-ci demanda à ne pas repasser par Sedan. Alors on l'a conduit h, Bouillon (Belgique) par Yrigne-aux-Bois. Le

* Lettre du 19 octobre 1871.

ecfrtëge^ s^onvrait par un escadron de hussards dé lai

AeK^pnisryenait lAydtnre derEmperenroù il était:

SNilafeo ses'diagrins et ses remords. Douze éqnipa--

HeBdieTsa^oanr suivaient, chargés, dedans et daasus^ de*

gferfraoX'prisQomers comme le maître. Le cartège*

était également fermé par les hussards de la, mort.

6%ât bien^ même pour Taspect extérieur, le convoi

teèbre de'rEmpire. Or ce convoi a défilé tout entier

\ devant la façade de Téglise qui garde THostie san-

^te. La voir qui s^échappait de ce sang figé auquel

N^léon m avait obstinément fermé Toreille, lui

<Bia sans doute alors : < Et nunc^ Eegesy intelK-

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