CHAPITRE V
l'image miraculeuse du saint-enfant JÉSUS, A BABI.
r. — Grandeur du prodige. — II. Les deux sœurs Parlavecchia et leur humble demeure à Bari. — III. Prodiges do la ueor et du sang du San-Bambino. — IV. Prodiges de Todear suave et des mouvements de la statuette. — V. Ptodigefif des empreintes sanglantes. — VI. Description dlmlhige portant ces empreintes. — VII. Description d*Dn!^gra^nire avec d'autres empreintes symboliques.
1. — C'est sur l'Italie que se concentrent principalement les efforts insensés de la Bévolution, parce qn'au centre de ce pays privilégié du Ciel se dresse le
roc de Pierre, seule digue où vienne encore se briser le flot toujours montant de l'œuvre satanique. Y a-t-il donc à s'étonner de tous les récits merveilleux qui nous arrivent si firéquenmient d'au delà, les monts et nous apportent les échos des prodiges incessants dont la. Péninsule est le théâtre ?
Beaucoup de nos lecteurs ont sans doute entendu parler depuis plusieurs années d'une statuette en cire du Saint-Enfant Jésus, vénérée dans la ville de Bari, au royaume de Naples, et d'une vertu miraculeuse, peut-être sans exemple depuis bien des siècles. Au témoignage d'un pèlerin, aussi éclairé que pieux, en présence de qui le prodige a eu lieu, la sainte Image a donné lieu à une suite de faits merveilleux, qui forment comme cinq catégories diverses. Ainsi !<> elle se couvre de sueur avec une telle abondance que plusieurs vases ont été remplis de cette sueur extraite dés linges placés sous la statuette. Cette liqueur ellemême a donné lieu à des miracles et s'est aussi multipliée très-souvent d'une manière prodigieuse. 2^ La sainte Image répand maintes fois du sang et ce sang, frais et vermeil, découle avec abondance, tantôt d'une plaie et tantôt d'une autre, selon les fêtes du calendrier ecclésiastique ; ce sang est également recueilli dans des fioles et possède aussi la vertu d'opérer des miracles. 30 Une odeur suave s'échappe de la crèche où repose la sainte Image et se répand au loin ; elle agit plus encore sur l'âme que sur les sens des fidèles à qui elle inspire le goût de la piété et des choses célestes. 40 On a vu la merveilleuse Image se mouvoir, se mettre debout, changer de position dans sa crèche qui,dans le
mSme temps était sons un globe de verre fermé et muni des sceaux de Tantorité ecclésiastique. 5"* Enfin, ee cpi est surtout digne d'attention, ce sont les em- Iràntes sanglantes, qui se trouvent tout h, coup imirimées sur les linges, les gravures et autres objets i^osés auprès de la statuette : ces empreintes sont en g^fral des symboles dont la signification a quelque chose de mystérieux et de prophétique *. Mais venonsen ï quelques détails plus circonstanciés, pour Tédifieatkm de nos pieux lecteurs.
H — D'abord un mot sur la sainte Image en ellem^e et les personnes en possession de ce précieux
La merveilleuse Image du saint Enfant Jésus de Bari est en cire blanche, d'une pureté extrême et en quelque sorte transparente. Elle mesure environ trente centimètres de longueur, et repose, sous un globe de verre, dans une crèche qui a été récemment renouvelée. Sous le rapport de la beauté du travail, la statuette est d'un fort bel effet.
Or, depuis plus de quatre-vingts ans la vieille crèche avec son En&nt Jésus ou San-Banibino^ selon Texpression usitée en Italie, était conservée dans une &nille chrétienne, quand, il y a environ une vingtaine d'aonéesy elle devint la possession de deux personnes pieuses, sœurs Tune et l'autre, du nom de Parlaveccliia, menant une vie très-retirée dans la ville de Bari où elles demeurent ensemble, sans autre fortune qu'une rente modique.
1 Bosier de Marie, no du samedi, 19 août, 1871,p. 647-649.
Be& dôui-sœurs ont l'ime et l^auti-e aujourè'lHiirhiôni aiijde}àrxla<^ixaiit&aQfl4 AISliées depuis; lougt^3»psiaui tier^-otKbreydeSajbiitiFr^çoiss^ ellea metteQitonjti.ei^» (»iiyreipottr;a(îftwnfiir.la.Bègle aveolftiRlIiftrigQWftiifift eooMtituâea La moiAfii^04!entri& dles, Hbm^ GA«iWi Baii»y)eo$lnai.a.été^eil€hi)3iêmeir<)ltje^: 4^ gileesil^) I^iin&iglke^f. Pèfirâo» er^smes Difk^i a, jetii' le^TJPlW: suirelle^ l'atfait'a^ancer daus le^ Y^om ài^ht j^i^QUrn^ et? Ta enrichie deg késors; admiratfles de la vi0 mysr* tique. Ainsi Marie-Gaétan a^ depuis aisaes(: loDgt90iB8i déjà, les sacrés stigmates. Sa sœur est comme la Ikbbrtfae de la maison: c-est une persinme pleine de droiture^ et sans nulle ambition des* biens de ce mondei Dans cet intérieur nous ne trouvons donc que piété vive, recueillement et fuite du monde, prières, fréquentation assidue des sacrements, vie d-union i^ Dieo^ afin d'obtenir Tabondance des biens d'En-Haut sur le monde entier. Les deux soeur» ont pour proche parenfr Pabbé Laurent Lapedota, prêtre d'une vie exemplaire et d^une délicatesse de conscience qui impose à tous le plus profond respect; c'est le seul visiteur de^œfr humble intérieur, oti Ton ne sait s'entretenir que des choses de Dieu, et oii la conversation est tout an oiel^ selon la recommandation de saint Paul. *'
Four se r^idre au^ès du Saa-Bambino, i^ftatmentep au premier étage dé la^ m»son des sœusePtoiavecchia; Le rep-de-ohaussée est inhabité; unpauvM escalier conduit aux deux chambres supérieure». La première sert d'habitation aux deux sœurs qui s^
• Ep.ad PbUip.in,20.
tiennent, vu leur tge -arancié/aTMiuie personne de charge, pour les soins du méfiée. La seconde chambre sètétransfbfméeeii on petit oratoire où les pèlerins «Lgrand nombre y(Mits*a|[eiiOailler devant la merveillilnestatvevhi 'Saint -Enftnt Jésus; c'est là que les ■fldttes TiennMit recevoir des grâces sans nombre et contempler' les prédiges dont nons allons maintenant -parler.
m. — Pour rester dans la plus exacte vérité, nous itOQs en tiendrons h la traduction fidèle de la Relation offieielle qui a été Mie de ces prodiges par M. Tabbé Bruni, prêtre de la Congrégation de la Mission, avant 4a ftippre&sâon des ordres religieux en Italie et, depuis, '8npéiieui''du grand' séminaire de Bari* et président de la ^OoiâffîiSBion d'enquête instituée par Tilinstre et ^Vaûtambevôqué de Bari, ^Monseigneur Pédicini *.
'Rclmarquons d'abord ici que les premières manifestations étïrent lieu le 19 mars 1866, fête de Saint- ' Josephj lundi de la semaine de la Passion, au moment inSMe où' l'archevêque de Bari était exilé de son' diocèse^ par le gouvernement italien.
Sueur et Sang de la sainte'- Image. « Les sueurs, ditràbbé Bruni, ont commencé le 19 mars 1866, vers deux heures du soir; elles ont continué depuis ce jour, lundi dé la Passion, jusqu'au dimanche des Bameaux. Eltes avaient lieu pendant le jour et non dans la nuit. Etens la snite elles -se sont renouvelées des milliers de
» Vxjir le Bosier de Marie, du samedi 26 août 1871, d'où nous tiiKms cette traduction.
fois^ pendant plusieurs heures, plus ou moins, selon les circonstances des fêtes.
« La sueur du sang s^est montrée la première fois dans la matinée du dimanche des Bameaux; elle eut lieu aussi le mardi et le mercredi de la semaine sainte; mais, dans la soirée du jeudi-saint et le matin du vendredi-saint, le sang fut d'une grande abondance. Fendant les années suivantes, cette sueur de sang se renouvela également des milliers de fois^ tantôt le jour, tantôt la nuit, et cette sueur persistait pendant plusieurs heures. Le fait avait lieu surtout aux jours où la Sainte-Église célèbre les fgtes importantes de Notre-Seigneur ou de la Très-Sainte Vierge.
c Dès que le prêtre Laurent Lapedota eut vu la première fois ce grand prodige, il en fit part, en Fab* sence de Sa Grandeur Monseigneur Parchevêqne, h son délégué, Tarchidiacre Fetruzzelli; celui-ci put vérifier à loisir la vérité du fait, et en même temps que lui d'autres témoins, prêtres et laïques, panni lesquels nous nommerons le chanoine théologien d'Âloja, le chanoine Maggi, Joseph Gatta, Pierre Gassano, prêtres. Tous virent en ce moment, ainsi que plus tard, le prodige de TEnfant Jésus avec des sueurs, de même que je le vis moi-même. Or, il s'agit ici d'un fait que chacun peut constater de ses yeux.
< Le Bambino est en cire d'une pureté qui la rend transparente, et les témoins observèrent avec soin qu'il n'y avait rien k l'intérieur et qu'il n'était point possible d'y introduire quoi que ce fUt. En l'année 1867, depuis le jeudi-saint jusqu'au vendredi, plusieurs personnes et moi, nous vîmes une grosse goutte
de saeur blanche au bas-ventre et une autre semblable sur la tête. Mais en même temps du ôront et de la mùn droite il découlait des gouttes d^un sang noir qû allaient en grossissant. Ainsi, une sueur naturelle ijpraissait sur une partie du corps, et sur une autre on voyait une sueur de sang, et cela au même moment. « Le 12 avril 1867, un personnage constitué en dipUé (l^auteur de la Relation désigne ici Tillustre ÏMiseigneur Fedicini) vit une goutte d'un sang frais etYonaeil sur le Bambino, il fit ouvrir la crèche et, jimak rimâge dans ses mains, il enleva avec le doigt cette goutte ; aussitôt il en apparut une autre, et, celleei enlevée, une troisième succéda, puis une quatrième, ' toQjoiirs au même endroit. Alors convaincu de la réalité du prodige, sans aller plus avant, il déposa le
saint Enfant h, sa place
« Dans la matinée du vendredi-saint,* en 1868, j'étais, dit encore Tabbé Bruni, avec les sœurs Parlavecdiia, le prêtre Lapedota et dom Pierre Cassano, et j'observai que les linges sur lesquels nous avions placé le Bambino étaient baignés de sueur; nous ouvrîmes la crèche pour, les changer. Alors je remarquai que cette chère Image de Tenfant Jésus était sèche, quoiqu'elle reposât sur des linges trempés. Après le changement des linges, je remis Tlmage dans la crèche et nous fîmes les prières usitées dans nos visites. Or, nous pûmes voir que les linges avaient déjà des taches de sang. Nous ouvrîmes de nouveau la crèche, et, après avoir pris en main le Bambino pour constater le fait, nous observâmes que sur les reins, du côté droit, à la hauteur de la ceinture, il y avait une grosse goutte d'un sang frais et vermeil.
* Dans rannée 18tiÔ, le mercredi-saint, ajoute Tabbé firnni, j étais en pieuse extase devant le BambÎDO^ au nioaieiit>ide m'éloigner, je ?is soi le front aoe goutte âe^sND^ qui n'y était pas avant ma, prière. Le jendiHNÛnt, j'observai aussi hjm goutte det^a^gret, 4iprè3 la rédiatioD de la petite Goiuoiuie deMtfie, j'en remarquai une autre sur le veidare. De fluâme, le 7 JMrrembre, vers trois lieures et demie du soir, Je vis user tache de sang frais sur le nombril^eama pcéseuoe le sang augmenta efe découla sur le ventce;.uneJieure après il se dessécba. >
lY. — « Dès que leis.sueurs du Bambino,* considérées comme un iMrodîge/ commencèrent . k êtra abondantes, des linges furent placés au-dessous ; ensuite ils étaient retirés tellement trempés qu'eu lea.ezprimant il en sortait un liquide blanc comme Teau. Placée dans un yase de cristal contenant un demi-litre, oette liqueur fut laissée dans uncoîn et.pour ainsi dire oubliée. Mais un jour dom Laurent Lapedota, observant qu'il s'était formé au fond une espèce de petite herbe, prît le vase et il constata aussitôt une augmentation dans le liquide.
« Cet accroissement devint si. sensible que, par dévotion, il commença à en retirer un peu ; mais la liqueur ne cessait point d'augmenter. Pendant cer- Jain^ jours, selon les observations qui ont été faites, le vase fut vidé jusqu'au fond, et plusieurs fois il se trouva plein. Quelquefois il n'y avait point de chapgement^ et d'autres fois.iL était rempli jusqu'à déborder dans une soucoupe mise aurdessous. Des petites fioles
de cristal, tontes vides, placées de cOtfl en réëerre, ont été trouvées également pleines de la précieuse snenr.
« Cette liqueur est ordinairement couleur de paille, inais tantôt elle est plus claire et tantôt plus foncée. Quant & la sateur, elle varie aussi, quelquefois elle n'a aucun goût, et d^autres fois elle rassemble d'une manière sensible k te cannelle^ Dans le fond du vase il s^est formé un sédinient comme d'un sang filandreux d'une couleur très-foncée { c'est Ift, dit l'abbé Bruni, ce que nous appelons la âueur du Bambino, parce qu'il tire son origine de la sueur exprimée des linges placés au-désëous. »
k Cette suétir est !<> ineoiMptible, car nous en avons conservé dans des fioles depuis l'origine, c'està-dire depuis 1866, et elle est restée sans altération.
go 4 La couleur en varie selon les personnes auxquelles elle est distribuée : chez lois uns elle est limpide et cristalline; che2 les autres elle se ternit jusqu'à être hoiré, et ce si^e indique en général des malheurs et des disgrâces prêts à advenir.
S** « L'Odeur se conserve pour ainsi dire toujours dans le premier vase oà la sueur a été recueillie; cette odeur persiste pendant plusieurs jours auprès de certaines personnes ; chez d'autres elle disparatt et elle revient II a été observé que pour quelques-und cette liqueur avait un goût désagréable, mais qui n'a point duré;.
4P * Cette sueur^ ayant été donnée à prendre à des pmK>nii(éS maladeâ^ à produit des guérisons plus ou moins instantanées, et a amené pour d'autres un commencetiient de guérison. Mais tous ceux qui en ont