FILS SE LAISSE TOUCHEE
Un grand trait doré comme les leftres se forma lentement au-dessous de cette seconde ligne. Les chants avûent cessé. La foule, émue et recueillie, priait, pendant que la voix des enfants répétait à chaque instant inscription complète.
Ainsi Marie nous ramène à Jésus ; si elle prie et nous feit prier avec elle, c'est pour toucher son Fils, le seul vrai Médiateur entre Dieu et les hommes : il n'y a de salut possible qu'en lui et par lui. Et c'est puce que nos politiques aveugles ne veulent pas comprendre ce mystère, qu'ils ne rendent possible la restanration de la Société qu'après un naufrage complet de ce que l'on est convenu d'appeler le Monde moderne, et qm n'est que le Monde infidèle.
-Vin. — On était redevenu silencieux quand, sur Invitation de M. le Curé, la Sœur Marie-Edouard entonna un cantique à. la Sainte-Vierge. Son patrio- ^sm tomba juste : Mère de l'espérance^ chanta-t-elle, —Dontle nom est si doux, — Protégez notre France, Pfiez^priez pour nous!
En ce moment la septième scène de l'Apparition frappait les yeux des enfants. La Sainte- Vierge éleva ila hauteur de ses épaules les mains qu'Elïe tenait abaissées et étendues jusque-là, et agitant les doigts feûfement, conmie si Elle eût accompagné le chant du
cantique, Elle regardait les enfants avecnn sourire d'uDe douceur infinie.
« Voilà qu'Elle rit, » s'écriaieut-ils, et ils sautaient joyeusement, battaient des mains, en répétant cent foia, avec une espression qu'on ne saïu-ait rendre :
< Oh ! qu'EUe est belle ! Oh ! qu'Elle est belle ! • Et les transports de la foule redoublaient.
Ne voyons-nous pas ici la Sainte-Vierge applaudir d'avance à la renaissance de la Fille aînée de l'Église, comptant la ramener à, sa ferveur primitive de nation très-chrétienne et la replacer à la tête du monde catholique sous la direction du Vicaire de Jeans- Christ? Mais nous l'avons dit, il faut d'abord faire table rase de ce qu'on est convenu d'appeler le progrès moderno et qui n'est au fond que le règne déguisé de la triple concupiscence.
IS. — La baitième scène va nous faire voir, ce semble, les épreuves suprêmes qui doivent achever cette , épuration des peuples. A la fin du cantique, l'inscription restée complèt-e environ dis mioutes avilit disparu. Fendant que se chantait un second cantique, — Mon doux Jésus, enfin voici le temps — Bc pardonner à nos cœurs pénitents, dont on alternait les strophes avec le Farce Dominc,h visage de la Sainte- Vierge s'assombrit sous le voile d'une tristesse profonde. Les enfants virent en même temps l'Apparition s'incliner et saisir une crois rouge d'environ soixante centimètres de hauteur sur laquelle était un Christ de même couleur ; ses deui mains, demeurées îi la hauteur de ses épaules pendant le premier cantique,
lienaient maintenant la croix un pen inclinée vers les eo&nts comme pour la leur présenter. Au sommet de cellerd se lisait en lettres rouges sur un écriteau bbiiG : Jâsus-CHBiST. La Sainte- Vierge, jtriste et leeneillie, semblait prier avec les assistants.
(Test ici, croyons-nous, le moment le plus solennel 6t. le plus mystérieux (le rApparition de Fontmain. (^.Glmst ensanglanté nous représente comme un nouveau passage de la mer Bouge après les coups do l^Ange exterminateur : les pécheurs impénitents seront précipités en masse,, par des calamités inattendues, to les abîmes étemels, pendant que le reste de la <Mtienté atteindra la terre promise non sans beaueoiip d'angoisses et de larmes, comme le Christ ne NBsascita qu'après les ignominies et le supplice de la Croix.
X. — Cependant une neuvième scène avait lieu. Une étoile partit soudain de dessous les pieds de la Bamte-Vierge, traversa vers la gauche le cercle bleu, alluma successivement les quatres bougies et finit par tiler se placer au-dessus de la tête de l'Apparition où «He demeura suspendue. On priait toujours dans la foule. L'J.î;e mcùris Stella fut alors chanté et, pendant wtte, hymne, le crucifix rouge disparut. La Dame étendit de nouveau les bras, dans la pose de l'Immaculée-Conception. Puis, sur chacune de ses épaules apparut une petite croix blanche, haute d'environ *%* centimètres, qui y était comme plantée. Marie ^i^âit repris son sourire maternel.
•Sfe Voyons-nous pas ici le complet épanouissement
du règne de Marie dans le siiième âge de l'Église? Ces quatre bougies ne flgTireraient-elles pas la diffusion de toute vérité aui quatre coins du monde sous l'impulsion du grand Pontife dont Pie IX est le miraculeus précurseur, et que saint Malachie désigne dans sa Prophétie de la succession des Papes par ces mots frappants : Lumen in cœlo ? Et les deux croii ne aeraient-eUes pas le symbole des âmes apostoliques, hommes et femmes qui, dans les derniers temps, doivent contribuer si puissamment à la perfection du règne de Notre-Seigneur ici bas ?
XI. — La dernière scène allait avoir lieu, n était environ huit heures et demie. Sur l'invitation du vénérable Curé de faire la prière du soir en commun, tout le monde s'était mis à genoux. Vers l'examen de conscience, les enfante, les yeux toujours fixés sur la Reine des Cieux, annoncèrent qu'im grand voile blanc partait de deasoua ses pieds, montait lentement et la couvrait d'abord & moitié pour s'élever ensuite pea à peu et l'envelopper josqu'^ la tête. Fuis les enfants ne virent plus que le visite toujours ravissant de la Dame qui leur souriait encore. Insensiblement disparurent ensuite la tSte elle-même, la couronne, l'étoile, le cercle bleu et les boires qui étaient restées allumées jusqu'à la fin. H était un peu moins de neuf heures. Chacun se retira profondément impressionné d'un si grand prodige, dmt le souvenir et les fruits seront impérissables.
Xn. — Depuis lors, en effet, toute la contrée est restée sous le coup de ce merveillem événement. L'af-
finenee des fidèles an lieu de TApparition se changea lûâitftt en pèlerinages r^nliers qui n^ont plus discontmné désonnais. Les paroisses se rendent aujourd'hui pneessionneUement à Fontmain, non-seulement du diocèse de Laval, mais de ceux de Sennes et de Coutttees. Des grâces nombreuses sont obtenues au lieu J0 TApparition, des guérisons frappantes s'y opèrent, . Itt pécheurs se convertissent, la foi reprend son emlin dans les âmes et les pieux fidèles sentent leur fer- Y^ redoubler, au pied de cette colonne érigée maintenant au-dessous du lieu oii la Beine des Cieux daigna se montrer aux enfants. Le plus jeune des garions, Eugène Friteau, a été cueilli pour le Ciel CQouDe un lis sans tache ; il avait fait sa première 6|&nmanion avant de mourir et le 6 mai dernier, un ûmedi, il était enterré, le visage radieux et charmant wmme celui d'un ange. En présence de tant de circonstances favorables, TÉvêque diocésain, Mgr Wicart fni administrait. Tété suivant, la confirmation dans relise de Pontmain, y a publié les grandeurs de Maïioet manifesté hautement sa croyance au récit sincère ot naïf des humbles témoins de la Beine des Cieux.
Ren plus, Sa Grandeur, après avoir attentivement «nvi l'ensemble des faits depuis le moment de T Apjoition, et s'appuyant sur une suite d'enquêtes et de consultations les plus rigoureuses, a cru le moment ^onu de se prononcer.
« Nous jugeons, déclare Mgr Wicart, dans sa Lettre Pastorale du 2 février 1872, que l'Immaculée Vierge Marié Mère de Dieu a véritablement apparu, le 17 janvier 1871, dans le hameau de Pontmain...
« Nous antorisons dans notre diocèse le culte de la Bienheureuse Vierge Marie, sons le titre de Notre- Ikwie-^EspérOfheedePtmtmain... •
< BéponSant aux ^œnx qni nous ont été exprimés de tontes parts, nous avons formé le dessein d'élever un sanctnaire en llionnenr de Marie snr le terrain même aa-dessns duquel elle a da^é apparaître... »
Puissent nos lecteurs se réjouir d'un tel résultat et h<»uver souvent Marie de ce doux titre de Notre" Dame^^Eepérianee f
CBAHTBBX.
LA VŒBGE MIRÀCnLEUSE DE LÀ MAISON DE SECOUES,