‹ Voix prophétiques; ou, Signes, apparitions et prédictions modernes touchant les grands événements de la Chrétienté au XIXe siècle et vers l'approche de la fin des tempsChapitre 28 sur 90 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

appâbition ds notre-dâme d'espérance de

pontmain.

(17jaiiYierl871)

Relation des différentes Apparitions entre elles. — IL Première scène de PApparition de Pontmain, la Sainte- Vierge se montre aux seuls enfants. — III. Seconde scène, un nimbe bleu enyironne la Sainte-Vierge. — IV. L'Apparition grandit. — V. Mais friet mes en- Jànts. — VI. Dieu vo%s exaucera en peu de temps, — VII. Mon fils se laisse toucher. — VIII. L'Apparition applaudit aux prières faites pour la France. — IX. Le Crucifix rouge. — X. Les quatre bougies du nimbe sont allamées. — XL La Sainte- Vierge disparaît. — XII. Le culte de Notre-Dame d'Espérance de Pontmain confirmé par jugement de Mgr l'Ëvêque de Laval.

I. — L'action est désormais engagée entre le ciel et la terre. Le monde se transforme maintenant en un vaste champ de bataille où la justice divine a donné rendez-vous à tous les fléaux, pour vider à fond sa cause trois fois sainte. Mais Marie, la Yierge clémente, la Mère de grâce et de miséricorde, que nous avons trop peu écoutée quand il était encore temps, veut bien aussi prendre part au combat, tant son cœur saigne de nous voir manquer la seule issue salutaire dans cette lutte inégale. Toutefois elle parle moins qu'elle n'agit par les Apparitions symboliques comme à Pontmain, ou par des mouvements merveilleux de ses Images bé-

niea comme dans la Maison de Refuge à Nancy, ou encore par des giiérisons miraculeuses pleines de significations dans les circonstances présentes, comme il Walschbronn en Lorraine, à yaint-Loiiis en Amérique, ainsi que nous le dirons dans ce chapitre et les suivants.

Le merveilleux événement de Pontmain est aujourd'hui connu du monde entier ', Nous essaierons moins d'en retracer toutes les circonstances que d'expliquer les principaux enseignements qu'il contient pour l'avenir de la chrétienté.

Eemarquons tout d'abord que le Prodige a eu lieu le soir de la Vigile delà Chaire de Saint-Pierre, le 17 janvier 1871 ; et qu'un miracle de premier ordre est venu confirmer la vérité de l'Apparition, h Pontmain même, le 29 juin suivuit, fête des Saints-Apôtres Pierre et Paul. Ainsi Marie elle-même nous crie d'une manière bien significative : Ubi Pdrus, ibi Ecdvsia, où est Pierre, là est la vraie Eglise.

n. — C'était donc le 17 janvier 1871, & l'entrée de la nuit; cinq heniee avaient sonné k l'horloge de l'église de Pontmain, humble et fervente paroisse du diocèse de Laval, située non loin de la Bretagne et de la Normandie, dans le département de la Mayenne.

Deux [neiix écoliers, Eugène et Joseph Barbedette,

* V<»r notamment Vainement de Pontmain, par U. l'abbé IUcbard;le« Atmate» de 2fotre-Dame du Sacré-Cour n^d'acât et imlv. ; les Anncàaa de la Sainteté aw XfX« siècle, d" d'octobre lSn,tit]ALatn Pastorale ie Hgt l'Ëvêqoe d« Uval, dn 2 Uyôk 1S72.

Le premier &gé de douze ans, le second de dix, travaillaient avec leur père dans la grange attenant il leur maison, quand l'un d'eux qui avait profité d'un moment de répit pour aller voir le temps qu'il faisait, aperçut tout à coup au-dessus de la maison en face do lui une belle et grande Dame : c'était la Très-Sainte- Tierge.

Elle était revêtue d'une robe bleue, parsemée d'étoile8d'or,auxmanches larges et pendantes, sans ceinture, et qui lui retombait du cou jusqu'aux pieds, comme M loi^ surplis; sa chaussure, bleue comme la robe, était rehaussée d'un nœud de ruban d'or en forme do wsette. Un voile noir lui cachant entièrement les cheveux, les oreilles et le haut du front, et descendait des épaules jusqu'aux coudes. Elle portait sur la tête iffle couronne d'or sans autre ornement qu'un léger Ëseré rouge par le milieu, en souvenir du Sang qui ( I racheté le monde. Cette couronne pouvait avoir vingt centimètres de hauteur et allait en s'élargissaut comme un cône renversé. La figure de la Dame était iW beauté incomparable. Sa pose, les mains étento et abaissées, rappelait celle de l'image do la Vierge Immaculée.

Eugène prit tout d'abord cette Apparation pour Tanûoneedela mort de son frère aîné, alors à l'armée et 9^ n'avait plus donné de ses nouvelles depuis trois . semaines. Il n'avait pas peur néanmoins, rassuré qu'il f ftait par le sourire de la Dame.

Cette scène admirable le tenait en contemplation depuis un quart d'heure, lorsque l'ensevelisseuse de ïa paroisse sortit de la grange où elle avait eu une

conversation avec le père Barbedette. Mais elle ne vit rien, ni les parents d'Eugène ni aucune autre grande personne. Le frère d'Eugène a« contraire fit la même description qne lui de cette Dame^ qu'il voyait aussi. Cependant, frappée de l'accent de sincérité de ses enfants, qu'elle savait d'ailleurs incapables de mensonge, leur mère leur dit que e'étaitpeut-étre la Sainte- Vierge et qu'il làllait réciter cinq Fater et cinq Ave en son honneur, ce qu'ils firent tous enserable, Lesenfants ne se donnèrent presque pas le temps de souper, tant ils étaient désireux de contempler encore la belle Dame.

• Puisque vous retourne» voir, dit leur mère, récitez encore cinq Fater etcinq Ave, mais debout, parce qu'il fait &oid. > Le ciel était en eftet toutbrillant d'étoiles pendant que la neige couvrait la terre.

De ret<iur, au bout de quelques miuutes, ils dirent : ■ C'est tout pareil... La Dame est grande comme Sœur Vitaline. »

c Allons, dit la mère, il faut aller chercher Sœur Vitaline ; les Sœars sont meilleures que vous, elles verront donc aussi 1 > Remarquons ici que l'école de Pontmain est tenue par trois Sœurs Adoratrices de la Justice divine. En ce moment, la supérieure était absente. La Soaur Vitaline se rendît k l'appel d'Ëngène et de sa mère ; mais, pas plus que les parents, elle ne vit rien. Elle alla alors chercher trois jeunes pensionnaires dont l'une ftgée de onze ans, et l'autre &gée de neuf, toutes les deux dn diocèse de B«nnes, virent ^ leur toiu- la merveilleuse Apparition. Cependant ni Sœur Vitaline, ni les antres grandes personnes J10 ro/ùeat tongonra rien.

Monsieur le Curé fut alors averti du prodige. Le vénérable pasteur, qui dirigeait la paroisse depuis 1836, fat frappé d'une sainte terreur en entendant Jttler d'Apparition de la Sainte- Vierge. Quelque temps immobile sous le poids de l'émotion qui l'accablait, le fidèle représentant de Jésus-Christ finit cependant par recueillir ses forces et se diriger vers la nnison Barbedette. La compagne de Sœur Yitaline, Scrar Marie-Edouard et beaucoup d'autres personnes jetaient également arrivées, attirées par le bruit du nmeilleux événement. Mais les quatre enfants continuaient seuls à jouir de ce spectacle, ainsi qu'un jeune gir^n du nom d'Eugène Friteau, à peine âgé de six «», et une toute petite fille qui n'avait pas encore trois tts ; celle-ci agitait les bras en s'écriant dans une ÎTresse charmante : le Jésus ! le Jésus .'Pendant qu'on s'était ainsi rassemblé, la Sœur Vitaline, debout au nùlieu du chemin, s'était mise à réciter le chapelet te Martyrs Japonais, composé des actes de foi, d'es- P&ance et de charité et de plusieurs invocations indulgBnciées.

m — Cependant, au moment où le vénérable Curé piochait de la porte de la grange, une seconde scène »wît lieu dans l'Apparition : < Voilà quelque chose îui se fait, > s'écrièrent les enfants tous ensemble. Et fl» racontèrent à M. le Curé qu'ils voyaient un grand cercle, du même bleu que la robe, de forme ovale, Ittge comme la main, se dessiner à une distance de cin- ' Vi^te centimètres, autour de la Dame. Le cercle supportait à l'intérieur quatre bougies, dont deux

fixées à la hauteur des épaules de rApparition, et deux à la hauteur de ses genoux. Ils remarquèrent en même temps une petite croix rouge suspendue sur la poitrine de la Sainte- Vierge. Nous verrons plus loin ce que pouvait signifier ce cercle symbolique.

Près de cinquante personnes étaient alors rassemblées autour des enfants, les unes ajoutant foi & leur récit, les autres toujours incrédules, et provoquant même des éclats de rire dans la foule. < Voilk qu'elle tombe dans la tristesse, dit alors Eugène Barbedette.» La Dame prenait, en clfet, au lieu de son ineffable sourire, une expression de profonde tristesse, lorsque l'attention se portait ailleurs que sur elle ou qu'on M permettait des propos inconvenants à son sujet. Mui le pieux Curé fit faire silence.

< M. le Curé, lui dit alors la Sœur Marie-Edonardi si vous parliez à la Sainte- Vierge ? >

< Prions, mes enfants, > fut sa réponse. Et tout le monde sans exception tomba îi genoux, pendant que la Sœur Marie-Edouard commençait le chapelet auquel répondirent les assistants.

IV. — Ici se produisit la troisième scène de l'Apparition. Pendant la récitation du chapelet, la Dame grandit tout îi coup. < Elle est maintenant deux fois grande comme Sœur Vitaline, » dirent les enfants. 1^ cercle bleu s'étendit en même temps, les étoiles se rangèrent sur le passage de la Dame et s'inclinèrent sous ses pieds. Elles s'étaient multipliées sur sa n>l»o qui en était devenue comme toute dorée. Cet agrandissement de taille pendant qu'on priait ne signifie-

ait-il pas qne Marie devient tonte-puissante ponr Lous, lorsque nos humbles prières lèvent tout obstade II son intervention ?

V.— Une quatrième scène succéda bientôt à celle-ci. Sœur Marie-Edouard venait d'entonner le Magnificat Bor le grand ton de Bretagne, quand les quatre enfants (les deux plus jeunes étant partis) annoncèrent tous ensemble un nouveau prodige. Un grand écriteau, blanc comme la neige, venait de se déployer, sur une longueur d'environ douze mètres, sous les pieds de Varie, pendant qu'une main invisible, semblait-il, traçait, sur ce fond éclatant, de belles lettres d'or. Le mot mis fut d'abord formé et brilla tout seul sur la lande pendant environ dix minutes. Vinrent ensuite les mots : priez mes enfants, terminés à. la fin du Magnificat. Quelqu'un objectant dans la suite que la Sainte- Vierge n'avait pu commencer une phrase par le mot mais, l'une des enfants répondit :< Sœur Vitaline sait pourtant bien le français : eh bien ! quand elle est fatiguée de voir qu'on ne travaille point, elle donne nn grand coup sur l'estrade et dit : mais étudiez donc, mais étudiez donc ! >

Ces premiers mots de l'inscription invariablement épelés par chacun des enfants, avaient frappé la foule ffune émotion profonde; personne ne se permettait fins une objection et beaucoup pleuraient. La belle Dame avait repris son doux sourire. Il était alors environ sept heures et demie.

VI. — Une cinquième scène qui est comme le prolongement de la précédente eut lieu, pendant que, sur

rinvitation du vénérable Curé, on s'était mis à chanter les Litanies delà Sainte-Vierge, afin de la prier de manifester sa volonté. Dès la première invocation, d6 nouvelles lettres d'or apparurent et formèrent les mots suivants, au complet & la fin des Litanies: dibu vora EXAUCEBA EN FEU DE TEMPS. Ils achevaient la premièn ligne de Tinscription. Puis venait un point en or, aussi grand que les lettres, semblable, disaient les enfants, à un soleil.

Cette phrase au complet : mais peiez, mes ENFims, DIEU vous EXAUCERA EN PEU DE TEMPS, ne scndt-elle pas l'annonce du prochain triomphe de la Sainte ^liBS et le point d'or, semblable à. un soleil, ne nous annoB* cerait-il pas l'ère de prospérité inouïe après laqndli soupire l'humanité entière et 'qui sera le sixième Igi de la chrétienté, celui qui doit précéder la fin di monde ?

Les assistants qui ne pensaient qu'aux préoccupations du moment, furent comblés de joie i^ ces mobî c'étaient des exclamations, des sanglots et des larmesi tant l'émotion avait grandi. La Dame regardait ki enfants en leur continuant son sourire céleste.

VIL — La sixième scène se produisit pendant 1§ chant de Vlnviolata et du Salve Èegina. A VlntùM^ les enfants annoncèrent que de nouvelles lettres app»* raissaient sur l'écriteau, mais sur une seconde ligne- Au moment oU l'on finissait de chanter : o Mater alM^ Christicarissima! ô douce et hien-aimee Mère i^ Christ, les voyants avaient épelé, lettre par lettre, cei mots: « MON FILS. > Il y eut dans la foule im frémissement, une émotion indicible.

— C'est bien la Samte-Yierge, dirent les enfants.

— Cest kle, répéta la foule.

Le Salve Begina avait suivi Vlnviolata.

A la fin de Tantienne, les enfants lurent : « mon

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