‹ Voix prophétiques; ou, Signes, apparitions et prédictions modernes touchant les grands événements de la Chrétienté au XIXe siècle et vers l'approche de la fin des tempsChapitre 41 sur 90 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

'APP.y[ITION DE LA TÉNÉHABLE KOSE VESEBINI, 4 KOBIB. (1871)

'ï. Maladie mortelle de Victoire Romaaini, — 11. Premièro» apparitions de la V, Rose Venerini. —111. Commeaconient de gujrîeoa, — IV. Dernièra apparition et répoBses d'eitrètr.e conKolstion pour le Saint-Père. — V. Témoignage de la religieuse miraculée.

I. — Une espérance de plus nous arrive de la Ville Étemelle. La Correspondance <h Rome du samedi 37 mai 1871 ' relatele fait suivant, jw^r dést^ser les incrédules, dit-elle en tête d'un article qu'elle emprunte au journal romain la Vcnjine, rédigé par Mgr Auintti. Kous lui laissons la parole.

* Victoire Romanini, de Viterbe, avait pris l'habit, en 1865, cbez les Pieuses Maîtresses de Viterbe, fondées directement par la Vénérable Rose Venerini, qni établit ensuite cdles de Rome ^pelées du Gesù, et qui sont, depuis longues amiées, séparées des premières.

< La santé de Victoire Romanini avait notablement souffert ^ Viterbe dans les malheureux jours du mois de septembre 1870; aussi ayant reça, vers le mois d'octobre, la visite d'une de ses tantes, prieure de l'hospice des veuves fondé k Kome, k la Lungara, par la charité de M. Nicolas Galestrini, celle-ci obtint des

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que la malade fût confié ft ses soiiiB, et dèB lora Yktme vint se bire traiter à Bome.

* S^étont trouvée tmenî, et désirease d'être utile et fidèle à son Institut, elle écrivit b ses Supérieures pour les prier de la rappeler. On lui répondit de ne rentrer k Yiterbe qu'après parfifûte guérison.

« Le demiet jour d'avril, elle fut prise de la petite vérole, h laquelle s'unit, presque aussitôt une fièvre conipliquée d'une éruption érésipélateiise avec pustule et Ofoàtes qui lui couvrirent le visage et même tout le coips.

^ Le 6 mai, elle se trouvait réduite h une telle extrémitt qu'on jugea devoir lui porter le saint Viatique. Im lendemain, samedi, se sentant plus mal encore, et w«!ïBant de ne pouvoir recevoir l'Extrême-Onction en ^eine eonnaissance ûi l'on tardait b la lui administrer, ^ïctèire la demanda et on fit droit h sa prière.

* L'état de l'infirme était fort grave et bien digne de

^passion. A une fièvre ardente se joignaient d'in-

*®û8e8 douleurs aux entrailles ; la gorge était obstruée

^ point de ne laisser passer même de liquide sans

|*^Oquer des spasmes et des crises mortelles. La

j^ï^e et le corps étaient couverts d'escarres et de bu-

^^ très-incommodes ; la langue et le palais dévorés

^ une soif horrible ; et puis elle avait de temps en

^^p8 des accès convulsift qui duraient plusieurs

jl^* — * Cependant Victoire supportait avec une

'r^^nce édifiante tant de maux réunis lorsqu'une vi-

, ^^ céleste vint la consoler. C'était la Vénérûbïe

Fondairice Rose Venerini, qui, aprèa Ini avoir inspiré une foi vive, lui ordonnait de se faire donner ses reliques par la Supérieure générale des Pieuses Maîtresses appelées du Gesù, lui promettant alors la guérison : en attendant, qu'elle ranimât sa confiance et se ressouvînt de l'exécution fidèle des promesses qu'elle avait faites, il y avait un certain nombre d'années, ^ saint Louis, son protecteur.

« Le samedi, 6 mai, l'infirme raconta l'apparition ; mais, par suite de diverses circonstances, la Mère gé^ nérale n'en eut avis que sur le midi du jour suivi et elle promit aussitôt que vers le soir elle irait con< soler la malade eu lui apportant les reliques désirées.

■ Cependant, en cette même matinée du dimanche, la vénérable fondatrice se fit voir de nouveau k Victoire, l'exhortant k la patience, lui apprenant que la Mère générale ne viendrait que tard dans la soirée (et elle désigna l'heure), accomp;ignée d'autres religieuses ; mais elle devait avoir une foi vive et laisser de c&té les remèdes humains.

< La jeune malade obéissante fit connfûtre îi sa tante, qui l'assistait avec amour et lui offrait des médecines, qu'elle eût à éloigner du lit tout remède, et comme cette dernière lui adressait des remontrances et lui rappelait les ordres du médecin, Victoire répondit : — Foi vive ! — seules paroles k peu près qu'elle pût prononcer. La tante feignit donc d'emporter les médicaments, mais par le fait, en secret, elle en mit une partie dans le t^t dont elle versait de temps en temps quelques gouttes dans la bouche ulcérée de l'infirme. Alors il fut impossible d'obtenir de Victoire qu'elle prit même une gorgée de ce tait.

« Sur raprès-midi, la malade souffrit encore des crises mortelles qui durèrent jusque vers 5 heures. A 6 heures, la Mère générale, accompagnée de trois autres maîtresses, se présenta avec les reliques si désirées de la vénérable Fondatrice ; ces reliques consistaient en un morceau de toile que la V. Venerini avait eu à son usage. On enleva un fil de cette toile, et, au moyen d'un peu d'eau, on le fit, avec grands efforts, avaler à la patiente, qui fit signe a.ux assistants de se mettre en prières. C'était le moment oii la vénérable Fondatrice, visible seulement à l'infirme, bénissait ses filles rassemblées en ce lieu.

« Sur ces entrefaites le médecin arriva. Voyant, chez la malade, les signes d'une mort prochaine, il dit aux assistants qu'elle ne passerait pas minuit. Aussi ^ les religieuses, après avoir demandé à. Victoire qu'elle priât pour elles dans le ciel, se retirèrent. >

III. — < Vers 7 heures et demie, c'est-à-dirè moins d'une heure plus tard, Victoire demanda d'une voix . claire, à boire à sa tante, en lui disant qu'elle avait grand' soif. La tante ne savait qu'offrir ; la jeune religieuse indiqua unVerre d'eau qui était Ik tout préparé. La tante le lui porte, et l'infirme, s'étant assise d'ellemême sur le lit, le prend, le boit d'un seul trait et annonce à la Prieure étonnée qu'elle en boirait bien encore un second. Elle savait, du reste, qu'elle était entièrement guérie, elle avait senti s'en aller de 1 tête, de la gorge et de la poitrine toute souffrance. Grande fut la joie de la Prieure ; mais plus grande encore, lorsque Victoire demanda à. manger. De fait

elle sonpa avec appétit, et se livra ensuite ti tm tranquille sommeil.

« Mais voilà qu'en ce sommeil, la vénérable Fondatrice lui apparaît de nouveau, et, la touchant de sa ceinture en toutes les parties oîi elle avait souffert des intirmités, elle lui répétait : < Désormais te voil^ parfaitement guérie; je te veux dans l'Institut pour le bien des âmes. Je veux que ce fait soit publié pottr désabuser celui qui ne croit pas ( a disiganno di chi non crede ). Tu remercieras aussi ton protecteur saint Louis, et sois attentive îi maintenir toujours les promesses que tu lui as faites. • La jeune religieuse se sentait guérie non-aeuiement du mal qui l'avwt conduite aux portes de la mort, il y avait quelques heures, mais encore d'autres maux habituels et chroniques dont elle souf&ait depuis diverses années. Aussi, remplie de gratitude à l'occasion delà faveur reçue, eRs pensa tout de stiilc au Saint'Prrc, tt le rcromvmnâa à sa Uenfaitrioé ceUstey dont elle reçut des réponses d'extrême const^iUion et de confort pour les prière» faites dans l'intention d'éloigner les divins fléaux, •

IV.— < Aumstin du lundi, 8 mai, Victoire Romanini se levait, pleine de santé et de force, du lit de ses douleurs et de 800 agonie, le laissant couvert des escarres qui d'elles-mêmes étaient tombées de son corps guéri; elle se prosternait an pied de l'autel pour recevoir le pain de vie en actions de grâces du prodige opéré en elle ; puis, avec sa tante, elle se rendait it pied de la£(w<7amk l'Église de Saint-Ignace,aiin de remercier saint Louis ; elle allait ensuite au Gesù, où repo-

miles ossements de sa Vénérable Fondatrice; enlin le visitait les deux établissements de Pieuses Mairesses de son institut, et, toute joyeuse, rentrait iL sa laison^ où elle mangea, avec les autres pau\Tes euves, les mets habituels de cette communauté. « M. Bertoldi, le médecin, ne savait encore rien do M qui était arrivé depuis sa dernière visite. Il était au contraire tout hésitant pour savoir s^il devait ou non se présenter dans un lieu où il croyait devoir trouver k cadavre de sa cliente. Cependant il y alla, et fut snrfrisde voir Tex-malade venir h, sa rencontre, robuste et pleine de santé. Aussi voulut-il sur-le'^champ réunir tontes les preuves de nature à démontrer la pertetiom de la guérison ; il les trouva et en si grand ttflnbre, qu'il dut rester convaincu qu'elle était pleine eteomplète. Alors il attesta à. haute voix, comme 'Aiûtôt après par écrit, qu'une telle guérison était TOîmeiit instantanée, parfaite, et il affirma, selon sa sciàce et sa conscience, qu'rfîe n'aurait pu être obte- ^^par des moyens humains. »

^' —Nous trouvons dans une lettre de la miracu- ^* au sujet de sa guérison, le passage suivant qui *^Plète le récit de la Correspondance de Borne \

* J'étais guérie. Dans mon bonheur, je m'écriai : *«*ùïteMère, vous pensez à moi; et pour le Saint- ^^ que faites-vous ? — Je désirais en ce moment et '"^^ïiandais le triomphe immédiat du Souverain Pon-

^^ir le JRosaire de Marie du 19 juiUet 1871.

tife, — Elle me répondit par ces paroles que je r^pÈte motponrmot: < Unjmtphsde temps et le triomphe € «tendra ; mais U y aura un épouvantable châtiment- « Priée, priée, priez, car la prière peut diminuer la punition... » Et la vénérable Mère disparut.

• Je fus ensuite présentée au cardinal-vicaire qui lut l'attestation du médecin; et le Saint-Père a voulu entendre de ma bouche le récit de ce prodige, qui l'émut profondément .. '

Qu'ajouterons-nons à ce touchant récit? No nous lassons pas de croire aux promesses divines ; continnoua avec une humble et filiale persévérance k nous offrir au Seigneur comme des hosties ^'ivantes pour le salut de Rome et de la chrétienté, bien certains que les jours d'extrême consolation suivront bientôt pour nous ; mais prions aussi beaucoup afin que les pécheurs ne s'obstinent pas plus longtemps dans leurs iniquités.

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