‹ Voix prophétiques; ou, Signes, apparitions et prédictions modernes touchant les grands événements de la Chrétienté au XIXe siècle et vers l'approche de la fin des tempsChapitre 40 sur 90 · VÉ A · texte numérisé non relu

VÉ A

1. Co'iDcideDce du prodige arec l'attenlat contre Ronia. — ~ II. Le sanctuaire de Suriauo. — IIL Commence meot du prodige. — IV. La atatue de eaint Domiaiiiiie prépho la foule des pèlerioa. — V. Le prodige est Burnaturel et divin. — VL Ce qu'il pr>Ssage et ce qu'il enseigne.

L — Borne est le centre du monde des ^mes, comme la France en est le misssioiuiaiie privilégié. Est-il donc étonnant que la voix prophétique des prodiges retentisse et éclate, comme la i'ouJre, b. la veille de chaque attentat sacrilège contre la Ville éteroellep Avant les larmes de la Madone de Fie IX, la statue du Prêcheur par eicellence, l'image vénérée de saint Dommique avait prophétisé, dans son Église de Suriano, lejour même où, par suite de l'invasion des dernières provinces des Etats-Pontificaux, toute communication avec la Ville sainte était interrompue et que l'Italie-tlne envoyait hypocritement son parlement taire k Pie IX.

Une Lettre circulaire du Bévérendissime Pire Jandel, M^tre-général des Frères-Prêcheurs, adressée le 8 décembre 1870 aux provinciaux de l'Ordre, nous a apporté la première nouvelle Men authentique

^^'(lodige; la Correspandcwce de Eame^ du 25 mars 1^871* nous Ta £ût ensuite connaître dans ses principaux détails, en nous donnant le texte du jugement saiumique rendu le 11 février précédent par Mgr TÉvêque de Mileto au sujet de ce fait prophétique. C^est en poisaat principalement à ces deux sources, que nous do&s mettre sous les yeux de nos lecteurs le récit du téeent miracle de Suriano (Soriano en italien). Mais Dons engageons les pieux fidèles h lire l'intéressante koduure que Tient de publier h ce sujet le B. Père Booard de Card sous le titre de < Z^ miracle de saint Amjfiigfifi à Soriano » et où sont rapportées, outre I« deux pièces susdites, une foule de circonstances du plus grand intérêt *.

n. — Lltalie entière professe la plus grande vénéniion pour Timage miraculeuse de saint Dominique dont fut dotée, en 1530, par la Beine des Cieux ellettène, l'Église d'un pauvre couvent récemment fondé JV les fils du grand Patriarche k Suriano, au diocèse fc Ifileto, en Calabre, non loin à^Aspromonte. Le gloliflox fondateur des Frères-Prêcheurs a depuis été dnisi comme Patron par le royaume de Naples, à. la ^ des prodiges sans nombre opérés dans ce sanchaire*.

* Brochure, in-8o de 96 pages, à Louvain, chez Fonteyn, à Vris chez Ponssielgae Frères.

* En 1530, le 15 septembre, une image miraculcnse, peinte ir toile, représentant saint Dominique, fut remise par la unte-Yierge aux Religieux du Couvent do Suriano dont la

Même en no3 temps de sourde persécution, l'église dea Dominicains de Suriano est toujours en vénération dans la province calabraise, les contrées voisines et même les pays étrangers.

Aussi, le 15 septembre 1870, la Fête et le Pèlerimge commémoratifs de l'Image miraculeuse de saint Dominique eurent-ils lieu k Suriano, au milieu d'un grand concours de fidèles comme d'habitude, avec première messe qui se cbante h deui heures du matin, sous le nom de messe du cadre, parce que c'est à cette heure que, suivant la tradition, l'Image miraculeuse fut apportée par la Sainte- Vierge. Mais, par suite du malheur des temps, la procession qai avait lieu k onze heures du matin après la grand'mesae, n'eut pas lien cette fois, an grand regret dea fidèles. C'est à cette procession qu'était portée triomphalement la statue du aaîiit. Dès la veille, cette statue, qu'il ne faut pas confondre avec l'Image miraculeuse même, avait été eiposée comme d'habitude dans l'église, en dehors du

pauvieW était eitrême. Ce lien devint aussitôt célèbre p»r le concours des pèlerins et le nombre prodigieux des mincies qai s'y opéraient ; tiasi les notaîTea chargés de constater juridiquement ces miracles, en recueillirent, pour nnc période de soijante-dii ans, qninze cent quatre-vingt-quatre, dont Boizant« résurrections ; encore n'avaient-ils inscrit qne les plus marquants Les SouveiaiuB Pontifes accordëient en conséquence de nombreux privilèges an sanctnaire de Suriano ; ils fixèrent notamment au 15 sept«ml)re la fête comme morative de l'image roiraculcuse et, en 1644, ils étendirent cette fête atout l'Ordre dominicain.

Voir, pour plus de détails, 1' Année Dominicaine, BnUetin de septembre 1863, page 390.

laactnairé, non loin et un peu à gauche du maître* Emtél. Elle est de bois massif et de grandeur naturelle, seolptée et peinte, représentant saint Dominique. On Tavait fixée solidement sur deux tables, sous un

pavillon en carton doré, orné de draperies dont les

cordons ne touchaient pas la statue.

IIL — Déjk la veille de la fête, un de ceux qui svaient aidé li placer la statue et qui était resté enmite encore quelques moments à l'église, avait remarcpé certains mouvements de la statue, mais sans y ^joater d'importance, croyant à une illusion. Le même jour vers midi, un peintre entré à l'église pour en voir romementation avait de même remarqué que la statMmibDk eoBDDff É^procher de lui, s'indinant d'une 9Bî\tàie manière et comme si elle se portait en avant ; ^^ il n'avait pas osé communiquer à personne ses îïï^pieBsions.

Après la messe de la nuit, une jeune personne de- '''^«urée en oraison dans l'église, remarqua à son tour ^^ins mouvements de la statue et s'assura qu'ils étaient bien réels ; mais s'apercevant qiie seule elle ^t &vorisée de cette grâce, elle demanda à saint ^^<^iniidque de se manifester h tous, surtout aux hom- ^ de peu de foi, afin qu'ils pussent aussi contempler '® prodige. Elle éprouva d'abord une grande crainte, ^"'^ ensuite elle ressentit une grande confiance et, dans 5^ moment, elle avait dans sa pensée le triomphe de la *M et celui du Souverain-Pontife.

Dans la matinée quelques observations de ce genre ^^^ent aussi faites par plusieurs autres personnes

pieuses dont l'une demandait h. saint Dominique àa donner aussi aux autres de contempler sa gloire et d'allumer la charité dirine dans tous las cœura,

Âonze heures du matin, quelques filles pieuses so trouvaient en oraison dans l'égliae. Plusieurs y avaient passé la nuit et se proposaient de rester auprès de la statue jusqu'au soir, pour faire ?(tj;fi7iee du Saint q\ji consiste, suivant un touchant usage du paya, Ei ne pas sortir de l'église et à ae prendre aucune nourritura jusqu'à la fin de la journée. Elles furent h leur tour témoins du prodige, et elles s'assurèrent qu'il était biea réel et non l'effet d'une illusion.

Ces personnes, par des motifs de prudence oq d9 iréserre qui s'expliquent, n'osèrent d'abord rien divul-. guer et u'ea parlèrent qu'à leurs amis et à leurs fiw miUea.

IV. — Mais vers raidi le prodige devint pid»lia Avertie par les oris d'admirajioD qu'il excitait dans l'égliae, la fraie desi babitaota de SurianQ et caUe àm JtruigerB réunis pour la foire, accoamreot dans le UeD aaint et, pendant plus d'une hasxe^l leur fut donné de contempicar le miiade, selon la déclaration des noio* breux témoins entendus peux l'enquête et ohoins paimi ceux qm avuent pa le mieux^obtierTer le prodige, Ia statue se mouvait ea avant et en arrière et de gauehe ^ droite, c'est-iy-diie en forme de croix, les tables, but lesqueUea eUe avait été solideuent fixée, demeurant immobiles. On la vit s'élever & la hauteur d'un palme «tison moQTemaat se locaUeer dans la tête; la main droUe, qui wt fermâe» l'onvrit et t'agita ; 1« lia d« la

iQsdii gauohe se mouvait dans tous les sens, ainsi que taaré)l6 et Tétoilet métallique placé autour de la tête. Pesidaiit ces mouvements prodigieux, le visage se colora, passant de Tincamat le plus vif li une lâleur QxbrSmeet exprimant successivementrindignation et le edme; le front se rida, la figure se baigna de sueur, tendis que les yeux se mouvaient en tous sens, tantôt sévères et menaçants, tantôt tristes ; mais le plus souvent, chose à remarquer, ils se tournaient vers une ùnage de Notre-Dame du Bosaire placée dans le voi-* Binage, avec une expression admirable de douceur et de confiance» La parole seule fit défaut à la statue, car les lèyres s^ouvraient comme celles d'un homme qui ^eut parler : on eût dit un prédicateur en chaire.

V. — Pendant tout ce temps, les premiers spectateurs et ceux qui ne cessaient d'arriver multipliaient leurs prières, leurs larmes, leurs cris d'étonnement et '^ acclamations.

^^ satisfaii^e ceux qui redoutaient une illusion *<çtiqte ou quelque supercherie, on enleva le pavillon 1* Sfthûontait la statue ; leà mouvements n'en devinî^ltquô plus prononcés. Plusieurs fois et par plusieurs l'^^^^^és, elle fat prise h. bras dans le dessein de la *^e immobile, mais on la vit entraîner au con- ^^^ avec elle ceux qui cherchaient ainsi à la main-

Eyidemment aucune cause naturelle n'était enjeu; ^ ^t ne se disait point -sentir, aucune oscillation ^^tait même les draperies du pavillon avant qu'il ^^ ^laleté, et les cierges allumés à côté de la statué

brûlaient sans nul mouvement insolite de la flamme.

Maia si ancune explication naturelle du fait ne peut être donQée,les circonstances de temps, de lieu et les effets moraax produits sur la population, excluent toute autre intervention qui ne serait pas vraioient surnaturelle, conclut le savant Évéque de Mileto.

< Considérant d'ailleurs, poursuit-il, qu'il est il notre connaissance et établi par l'enquête, que des grâces singulières, même dans l'ordre temporel, ont été obtenues et que les effets moraux ont été excellents pour le peuple de Suriano comme pour celui du diocèse ; le saint Nom de Dieu invoqué, Noua déclarons que tout est surnaturel et miraculeux dans les mouvements de la statue de saiut Dominique, arrivés le 15 septembre 1870, ainsi que Noua venons de l'exposer. Mileto, U février 1871. .

VI. — Que penser cependant des secrets desseins de Dieu dians ce prodige ? Les effets de conversion et de ferveur énumérés plus haut, les faveurs obtenues même dans l'ordre temporel et la coïncidence du prodige avec l'attentat perpétré contrôles quelques provinces demeurées juaque-lîi au Souverain Pontife : tons ces faits parlent d'eux-mêmes. Ne devons-nous pas aussi être très-firappés de cette circonstance que les yeux de la statue se tournaient le plus souvent dans leurs mouvements vers Fimage de Notre-Dame du Saint Soaaire, et étaient aiora UaUpénérés de respect, de dowwur ej de con/fance ? Dans la croisade actuelle contre les innombrables enoemis de la Sainte Église,

le plus privilégié des serviteurs de la Reine des Cieux ne semble-t-il pas ainsi nous crier comme un Héraut *ï del : f Soldats du Christ, rappelez-vous Muret,

* Wpante, Vienne, où Notre-Dame du très-Saint Ko- « saire a vaincu pendant que l'Église en larmes com-

* battait, moins sur les champs de bataille que dans < l^arène de la pénitence et ^s œuvres satisfactoires

* dont le Eosaire est l'arme préférée ?.. >

* Nous savons, conclut le E™o Père Jandel, que ^^^ les voies du Seigneur sont miséricorde et ^^^V aussi les douloureuses conjonctures dans les- ÎQBlles ce prodige s'est accompli, nous permettent de ^6 i^arder comme un avertissement d'En-Haut. Ne semble-t-il pas que Dieu ait voulu nous montrer par ce signe, que les péchés du monde ont comblé le ^cede sa colère et nous animer à redoubler notre ferveur, afin de désarmer sa justice ? Mais quelle que soit l'intention de Dieu dans cet événement de famille, ^^^flammés d'un saint zèle, marchons en dignes lils s^les traces du saint Patriarche ; implorons, par des P'i^ assidues, la miséricorde de Dieu, afin qu'il "%ie apaiser sa colère et accorder des jours tranquilles k l'Église et à la Société. *

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