I. Inondation en Italie. — II. Mêmes calamités en France
en Suisse, en Allemagne, etc.
I. — Le torrent des Carceri^ nous l'avons vu, s'est récemment mis à. couler, au triste et lamentable anniversaire de Toccupation de Rome par les Italiens arrivée, comme chacun le sait, le 20 septembre 1870. Cela n'annonçait rien de bon. A peine un mois est-il passé, que les pluies d'automne couvrent l'Italie d'un véritable déluge où vient s'abîmer la fortune et le
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bien-être de milliers de familles, pendant que TÉt lui-même, déjà si ruineux, y voit sombrer une part des ressources qui lui restent. On se croirait reyei aux dix plaies d'Egypte. Il suffit d'ouvrir les joumai pour se convaincre que le monde subit dès maintena le poids de la colère divine.
« Nous lisons dans le journal de Florence, rappor le Bien Public de Gand du 6 novembre 1872 :
« VOpinione revient sur le sujet des inondations c'est pour donner des détails plus précis et plus lame; tables encore que ceux que nous lui avons emprunt sur la gravité du désastre.
« De nouvelles informations, écrit M. Dina, et di calculs plus exacts sur l'étendue des territoires ei vahis par l'inondation dans les provinces de Mantoi et de Ferrare, sont venus nous prouver que le malhei dépasse de beaucoup la première idée que nous avoi cherché d'en donner au lecteur dans notre nuraé d'hier, bien que, même d'après ces premières donné très-incomplètes, il fût déjà, très-grave.
« Le terrain inondé mesure environ mille kilomètr carrés : c'est une étendue égale h l'espace qui sépa Turin de Naples sur la largeur d'un kilomètre. I effet, par les brèches de l'Oglio et du Pô à St-Ben detto et autres endroits environnants, les eaux oi submergé trois cent onze kilomètres carrés de te rains ; par la brèche de Kevere six cent trente-cinq k lomètres carrés se sont trouvés envahis par les eau « ACasalmaggioreetOstiglia le danger est encoi menaçant. Selon les calculs des ingénieurs hydrai liques, si une rupture de la digue fanait à avoir lieu
Casalmaggiore, le territoire inondé serait de 332 kilomètres carrés ; et si le Pô s'ouvrait une brèche vers Ostiglia il couvrirait de ses eaux 1,753 kilomètres ; cela fait trembler, rien que d'y penser.
« Espérons que les eaux baisseront, et que les digues pourront résister à la violence du fleuve. Les pertes se comptent déjà par beaucoup de millions, et les familles réduites à la misère par des dizaines de mille. C'est un malheur auquel la charité des individus, si ardente et si généreuse qu'elle soit, ne peut opposer rien d'eflicace. Il est nécessaire et urgent' que l'État y pourvoie. »
Le 8 novembre, le Bien Public est plus navrant encore.
« Le Times y écrit-il, trace un tableau effrayant des inondations qui désolent l'Italie :
« L'habitant des plaines de Mantoue, de Eovigo, de Ferrare et de Modène sait qu'il a pour ainsi dire une mer suspendue au-dessus de sa tête; que le cours de chaque rivière et de chaque canal est non-seulement de niveau avec le toit de sa maison, mais encore, dai^s certains cas, avec le clocher de l'église paroissiale, et que la simple crevasse d'une digue ou le débord de l'énorme masse liquide suflirait à provoquer une catastrophe. L'Italie semble être cette année sous le coup d'un désastre sans précédents. Les eaux se sont élevées à des hauteurs inconnues. Les deux tiers de la province de Mantoue et un tiers de celle de Ferrare ont été submergées. Plus de 20,000 familles sont sans abri.
« De vastes étendues de sol sont transformées en lacs, à la surface desquels on distingue la pointe des
arbres, le sommet des toits, et les cadavres flottant dès animaux domestiques. Granges, feî-mes, si solide ment bâties en ces contrées, et beaucoup d'église n'ont pu résister à, la violence de ce déluge. Un grani nombre d'êtres humains ont péri, et la condition de survivants n'est guère moins à déplorer. Le bétai arraché aux flots se meurt faute de fourrage. La mois son engrangée, les champs emblavés, tout est perdi La plus riche des plaines, il y a à peine un mois, « devenue un marais affreux, destiné à garder pendant d longues années les marques de la dévastation. Et le ravages ne sont pas limités aux basses terres du Pd partout les rivières se répandent hors de leur lit : le eaux couvrent la Péninsule. >
« Cela dit, le Times s'étonne que la CivUtà cattolk voie dans cette calamité un de ces signes terribles pi lesquels Dieu annonce aux hommes que l'abominatio de leurs péchés a lassé sa patience et sa justice. Poi lui, le Dieu des chrétiens, le Dieu qui, selon l'expre: sion de Pascal, confond la nature^ est simplement m horloger incapable de rien changer à la montre dou( de mouvement par l'industrie de ses mains. .. Le Time ferré à glace sur une foule de questions politiques, n\ est pas encore aux éléments de la politique prov dentielle.
Un peu plus loin, le même numéro du Bien Publ de Gand, rapporte la correspondance romaine q suit :
« On s'occupe plus en ce moment des inondatio de la Haute-Italie que de politique. C'est un vérital désastre, sans oublier ce qu'un pareil fléau nous prom
de misères pour l'avenir, fièvres, famine, édifices ruinés, maladies des gens et des bêtes. Les italianissimes qui ont si furieusement aboyé contre la prétendue incurie des papes et contre la crasse ignorance des ingénieurs romains, auxquels ils attribuaient, avec leur loyauté ordinaire, l'effroyable inondation du Tibre en 1870, ont reçu cette année un vigoureux souflSet appliqué par la Providence, et cent fois mérité. Car eux, les présomptueux incapables, ils occwpent^ depuis douze ans, les Marclies et l'Ombrie (sans parler du reste), et non-seulement ils n'ont pq^ même ifait les travaux que le gouvernement pontifical conduisait avec une vigilante attention, mais ils ont tout laissé dépérir, et les gazettes sont remplies des reproches et des cris de douleur que les municipalités entendent pousser aux populations ruinées, et qu'elles adressent aussi à. l'administration supérieure. Mais les italianissimes ne^se déconcertent pas pour si peu, et les misères qui ne les atteignent pas eux-mêmes ne leur font ni froid ni chaud. Pour vous donner une idée des routes, je vous dirai qu'un voyageur parti l'autre soir de Civita-Vecchia s'est trouvé bloqué par l'inondation à Palo, et qu'il y est resté quarante-huit heures. Or, Palo est à une heure de Bome. »
IL— Il serait du reste difficile de rencontrer quelque région d'une certaine étendue qui n'ait pas été visitée par le fléau de ces inondations de l'automne 1872. La plupart des grands fleuves et bien des rivières de la France sont sortis de leur lit, rompant les digues, emportant quelquefois les ^ponts, promenant au loin
lo deuil et la dévastation dans les campagnes et les b^ quartiers des villes. Il en est de même de la Smae/^ oti les pluies continuelles depuis le commeneemol d'octobre ont de noureau causé des inondatioiis dans plusieurs cant<»ns, et produit de grands désastres.
On raconte encore que dans la nuit du 5 an 6 octobre, le village de Marmils, situé au pied da Septimer a iHi^ en quelque sorte couvert par un énorme éboule ment de pierres, suivi d\ine masse effrayante d'eta entraînant tout sur son passage. CTest un désastn c^nuplet : les prairies, seules ressources des habitant: ne sont plus qu'une immense nappe de gravier et dt débris apporti^s i^ar les eaux. Pour comble de malheur riiiver se (iùsait dt^j^ sentir en octobre dans ces para- 9^s : il nei^^ait tri^s-fort et d'une manière continue ; il n y avait i^s moins d*un pied de neige ^ Coire.
Si uvnis ri\iîardon.s aux nouvelles d'Allemagne, elles ne sotit i>as plus oonsolantos.Déjà au mois d'août 1872, rA\ï(rioho, par oxomple, tHait visitée par le fléau des inotulatious. Ainsi nous lisons dans le Bien Public de {\i\\h\, du 21 août, que de nouvelles inondations ont ou lion en Autrioho. Le district de Teschen est inondé. La Vistule, TAlsa et TOstrawetza ont débordé. Deui ponts ont i^to dôtruits et plusieurs autres endommajifi^s. Los oonnuunioations sur le chemin de fer d'Ostrau h Friodland sont suspendues ; i^usieurs personnes ont pori.
Nos lecteurs compléteront cet aperçu que nous donnons dos inondations actuelles, dans lesquelles nous voyons comme un dernier avertissement de la miséricorde divine, toujours désireuse de sauver k
monde pourvu qu'il se convertisse. Le dévouement du clergéjdans ces calamités, fait bien voir aux populations combien l'Église est impatiente de venir en aide à ceux qui souffrent. Nous ne citerons que Mgr Plantier, évêque de Nîmes, se rendant au péril de sa vie, dans les localités envahies par les eaux, pour porter des secours et des encouragements à ses diocésains visités par le malheur.
Que ne peut-on donc pas attendre de la Sainte Église pour la restauration de l'ordre social et l'apaisement des flots tout autrement redoutables de la démocratie dévoyée au souffle de la Eévolution ?
CHAPITEE VIII.
l'éruption du Vésuve en 1872.
I. Premières catastrophes. — II. Les ravages du volcan. — III. Pronostics populaires. — IV. Vive l'Eglise !
I. — Après avoir rapporté quelques signes dans les éléments de l'air et de l'eau, nous voici aux signes du feu. Certes le feu a parlé de nos jours, en termes non équivoques, de la justice de Dieu et de ses droits indignements outragés. Les incendies n'ont jamais été si fréquents : l'incendie de Chicago est encore présent à la mémoire de tout le monde ; aujourd'hui c'est le tour de Boston, dont le désastre égale peut-être
celui de la première ville. Mais Fincendie de Fui par la Commune est d^ime éloquence plus giaiii encore : le feu a passé Hl surtout où Tiniquité rai abondé ; les Tuileries, rHôteUde-Ville, ont été teni blement ravagés, tandis que les ^lises, la Samb Chapelle notamment qui se trouvait environnée d*éi fiées en flammes, ont été préservés. .
Mais venons-en h, la dernière éruption du yéaa au printemps de 1872. Elle comptera parmi les pli violentes de l'histoire de ce volcan célèbre. Ses déln ont surtout été terribles par le grand nombre de n times qui y ont laissé la vie, principalement pin les étrangers accourus pour êixe témoins de rémptio Dès le 24 avril, le Vésuve était en feu ; des défan tiens formidables se faisaient entendre ; il sembb qu'on assistait iL une de ces batailles formidables di lesquelles sept cents canons tirent à la fois, km les populations de la montagne étaient-elles tout sur pied, et le 25 où les étrangers affluaient < Naples, on voyait voitures et piétons se croiser, s les routes conduisant au volcan, avec la foi effarée des indigènes qui fuyaient, emportant lei objets les plus précieux et chassant leurs troupea devant eux. La peur avait été bonne conseillère. Di la nuit du 25 au 26, le volcan se fit tout à coup joi avec une intensité inattendue, par une multitude fissures très-éloignées du cratère principal. Uun ces gouffres enflammés s'ouvrit notamment le lo du chemin de l'Observatoire où se trouvaient i foule de curieux. En un instant, la plupart de < malheureux se virent renversés par les explosioi
bombardés de projectiles en fusion, cernés par des courants de lave brûlante, aveuglés par l'horrible fumée qui enveloppait toute la montagne, condamnés enfin à périr de la mort la plus inattendue comme la plus affreuse.
• Pie IX a fait allusion à. cette catastrophe, dans la réponse qu'il adressait, le dimanche 28 avril, à la nombreuse députation de romains qui étaient venus lui témoigner leur fidélité au nom des paroisses des Saints- Apôtres et des Saints- Vincent et Anastase ' ! Le désastre tout récent de Naples , notre voisine, dit-il, peut encore nous servir d'exemple. IJn grand nombre de personnes ont eu l'imprudence de s'approcher sans réflexion du . feu dévorant qui sortait avec impétuosité des bouches du Volcan et beaucoup d'entre elles sont restées victimes de leur curiosité mal entendue. Il en est ainsi de ceux qui fraternisent avec la révolution et avec les révolutionnaires, dans l'espoir de dominer la première et de réprimer les seconds. Insensés ! les uns et les autres seront la proie de la flamme dévorante qui les entoure. »
II. — Dans la journée du 26 et la nuit suivante, l'éruption atteignit des proportions formidables. La nuit surtout offrit un spectacle à donner le frisson aux plus courageux : le ciel reflétait d'une manière lugubre l'incandescence du volcan; on eût dit une immense conflagration de toute la contrée. Des fleuves
ï Voir le CathoUqm de Borne, no du 29 et 30 avril 1872.
de feu s'échappaient des différents cratères et sillonnaient les flancs de la montagne en plusieurs directions ; réclat s'en réfléchissait dans la mer qui ébit comme toute teinte de sang.
Le plus considérable de ces courants de lave se dirigeait droit vers Naples, ravageant et incendiint arbres et maisons sur son passage, et arrivait jusqu'à Fonticelli, c'est-k-dire h, moitié chemin de la grande ville. Le deuxième courant, d'une abondance et d'une : rapidité terrible, s'était dirigé vers les deux villes i importantes de la côte, Torre del Greco et Bésim ] mais s'arrêta heureusement avant dien atteindre te faubourgs. Deux autres villes étaient encore menacto par d'autres courants.
Pendant ce temps et les jours suivants, le cratère principal continuait à lancer des torrents de scories brûlantes qui s'élançaient quelquefois k plus de mille mètres de hauteur, en colonne de feu, pour retomber de tous côtés en pluie enflammée sur les campagnes et les villes voisines ; l'énorme nuée qui s'était accumulée au-dessus de la montagne, s'abaissait lentement et finissait par envelopper de ténèbres tout le pays environnant. Cette nuée crevant toujours en pluie orageuse, joint son bruissement et ses éclats de tonnerre avec les mugissements du volcan, et les lueurs des éclairs avec celles des bombes de laves. Il y eut un moment où le nuage funèbre s'étendait sur un espace de plus de quinze lieues, de Saleme à Capoue, se résolvant ça et là en une pluie abondante et boueuse. La montagne, invisible pendant deux jours, ne manifestait au loin son activité que par de sourdes
détonations qui faisaient trembler les maisons et vibrer les vitres jusqu'à Naples. Par intervalle, le vent balayait l'atmosphère et laissait alors apparaître le volcan dont l'immense colonne de fumée ressemblait à un gigantesque pin-parasol. Enfin, après une dernière série de convulsions de la montagne qui avait fait redouter de nouveaux désastres, l'éruption cessa pour faire place à une pluie de cendres qui inonda les villes et les campagnes à une hauteur plus ou moins considérable. La durée totale de l'éruption s'étendit du 24 avril au 1^5 mai.
III. — Tels sont les traits principaux de. ce phénomène prodigieux. Les circonstances où il s'est produit peuvent lui servir de commentaire. < Nous lisons en effet dans Y lndé]^endani de Naples, dit le Catholique de Borne ' , le rapprochement suivant entre la simultanéité, à Naples des malheurs publics et de l'arrivée des princes de la maison de Savoie :
« 1860. Première entrée de Victor-Emmanuel k Naples. Une pluie diluvienne de plusieurs jours empêche les fêtes et ruine les coûteux préparatifs de réjouissance officielle.
« 18t63. Autre entrée; autre déluge accompagné de roulements de tonnerre et d'éclats de foudre qui tuent huit personnes.
« 1865. Le roi d'Italie retourne à Naples. Choléra.
« 1866. Arrivée du prince Eugène de Carignan à Pizzo Falcone, un éboulement occasionne la ruine de plusieurs maisons et la mort d'un grand nombre de personnes.
< 1867. Le prince Amédée visite Naples. Une | drière éclate & Paosilippe et tue cinquante penon
« 1869. Naissance du prince de Naples, ffli prince Humberiî. Des pluies torrentielles emptdi et gfttent tous les préparatifis de lllluminatioo.
< 1872. Victor Emmanuel est à Naples ; et le 1 suve conmience sa terrible éruption. »
< Pures coïncidences, dira-t-on : tant que youf drez. Mais le peuple va plus loin ; et là ob Foi voudrait voir que le hasard, il découvre le do^it Dieu.
« Le peuple a-t-il toujours tort ? »
IV. — En même temps que le peuple était fiq de ces coïncidences, il trouvait dans le dévouemeBt clergé et dans Tassistance du ciel un motif de pi
pour résister au volcan révolutionnaire, tout aat ment redoutable, qui menace de Tentraîner \ abîmes. Les journaux hostiles à la religion ne p valent s'empêcher de reconnaître tout ce qu^il y ai de noble charité et d'infatigable zèle à secourir les i times de Téniption, de la part du cardinal archeîè de Naples, admirablement secondé par ses prêtra ses religieux. N'oublions point de mentionner ai Tabbé Diego Franco de Altamura, professeur, coaj teur de rUlustre Palmieri à l'observatoire du Vésu au moment du plus grand péril, il était accouru de poste dangereux et s'était porté au secours des y times asphyxiées ou brûlées par l'explosion soudi du volcan.
Nous avons déjà raconté, dans le troisième livre
cette première partie, le prodige de la statue de saint Félix de Noie qui a eu lieu pendant que l'éruption était dans toute sa force. Le miracle de la liquéfaction du sang de saint Janvier, l'illustre protecteur de Naples, eut aussi lieu, à la suite, des prières d'action de grâces célébrées en son honneur. Il avait été transporté proceBsionnellement dans l'église de Sainte- Claire. Il est renfermé dans deux fioles conservées dans un magnifique reliquaire en argent. Celles-ci furent placées, dans cette église, sur l'autel oîi était exposée la tête de saint Janvier. Après vingt-sept minutes de prières solennelles, le sang jusque-là coagulé, devint d'abord glutineux, puis se liquéfia entièrement et ap* parut écumant. L'émotion du peuple était indescriptible. Keporté en triomphe au Dôme, il se trouva de nouveau coagulé et desséché. Puisse ce pauvre peuple ne plus oublier d'où lui vient le salut.
CHAPITBE IX.
INCENDIES DE LA CATHÉDRALE DE CANTORBÉRY ET DE LA CELLULE DE LUTHER A ERFURTH.
L La cathédrale de Cantorbéry échappe à un grand incendie, le 3 septembre 1872. — IL La cellule de Luther à Ërfurth est entièrement détruite par les flammes, le 7 mars précédent.
I. — Que nos lecteurs nous pardonnent de leur remettre en mémoire l'incendie de deux monuments appartenant à la Séforme protestante, dont l'un a été ar-
raché & raction des flammes pendant qne Faotn trouvé sa raine complète.
La cathédrale de Cantorbérj, ai chère aux ciQi qnes par les grands souvenirs de saint Thomas Bee sert, depuis trois siècles, de Métropole à FégHaei , . , glicane. On sait que cette branche de la réfimne i
moins éloignée que le luthéranisme et le calfiiû de notre mère la sainte Église Bomaine.ElIe aeoiw ses cathédrales, xme partie de sa liturgie et im sa lacre de clergé. Aussi un grand nombre d^Ângliei ministres ou simples croyants, ont-ils, de nos joi réjoui les catholiques par leur retour k la Tiiie n gion : ce qui a fidt rétablir lahiérarehie ecdésiasl^ en Angleterre par Pie IX.
On comprend donc que catholiques et protesta se soient intéressés au sort de la cathédrale de Ci torbéry dont le télégraphe nous a raconté heure | heure le danger et la préservation. Voici ', en efl comment les angoisses publiques sont traduites ] voie télégraphique à TEvening-Standard :
« Cantorbéry, 11 h. du matin (3 septembre 187
« L^extrémité orientale de la cathédrale, au-dess de Tautel, est en flammes. On est consterné : l'en est général. Heureusement, on a pu se procurer Teau. Toute la garnison donne son assistance p< éteindre le feu. On ne connaît pas encore la cause rincendie. Des hommes travaillant, parait-il, à répai la toiture, ont laissé tomber sur le bois le feu d( on se servait pour couler le plomb, et ont mis le fi
Vos^ National de Metz, vendredi, 6 septembre 1872.
< Deux heures. — On s'est rendu maître du feu ; mais les pompes jouent toujours. La flamme a couvert une superficie de 150 pieds (anglais), détruisant tout. On a enlevé tout ce qui pouvait être enlevé. On espère que la destruction à l'intérieur n'aura pas été aussi considérable qu'on l'avait craint.
< Trois heures. — Le feu est dominé entièrement. Le plomb coulé de la toiture est tombé sur le pavé de mosaïque devant le monument ' de Thomas Becket. 11 arrive en ville de nombreuses brigades de pompiers des villes environnantes. L'édifice est rempli de fumée. Les autorités insistent pour qu'un service ait lieu dans la cathédrale, afiin que la coutume de trois cents ans ne soit pas interrompue.
< Heureusement, le feu n'a pas fait de ravages à l'intérieur delà cathédrale, quoique une pluie de plomb fondu soit tombée sur l'autel. Tout le monde s'est empressé d'enlever de l'intérieur les chaises et autres objets mobiliers susceptibles de s'enflammer dans la nef. On avait tellement d'appréhensions dans les derniers moments, que l'on avait mandé, par le télégraphe, le capitaine Shaw, de la brigade des pompiers de Londres. Quelques vitraux ont souffert.
« L'édifice est assuré au Sunfire Office^ moyennant 20,000 livr.sterl. Les dégâts sont évalués à 5,000 liv. Le feu est maîtrisé, grâce aux efforts de la population et des soldats. >
^ Henri VUI a profané le tombeau de saint Thomas dont il a
fait livrer les reliques aux flammes, et jeter les cendres an
vent. La mémoire du saint plane néanmoins toujours dans la
cathédrale, témoin de ses vertus héroïques et de son martyre.
Nous pronostiquons de cet incendie de trois- k gnitn heures, éteint vers le soir, que le temps n^eet pu éloigné où TAngleterre, revenue de trois siècles paûéi dliérésie, se rendra à la foi de ses pères, la maisoi royale en tête ; ses cathédrales, ses ^;lises et ses cdlégiales, magnifiquement restaurées aajourdluii, retrouToront bientôt Fâme du vrai culte, la Ssinti Eucharistie, avec son sacerdoce et salitois^ bénis. Ci signe du feu vient s'ajouter k d'autres ngnes plsi concluants encore.
( n. — Peu de mois auparavant, un autre monumori delà réforme avait aussi été atteint par le feu, dsni la ville d'Erfurth, mais pour dispandiare sans retov. Le Bien PMie de Chmd \ nous donne ainsi la nouvelle, du sinistre, arrivé le 7 mars :
« A cinq heures de Taprès-midi» le tocsin répandait Talarme dans toute la ville. Tout le monde se préciptait vers le lieu du sinistre, et en route la vérité commençait à se répandre : la grande salle de TAsile évangélique des orphelins, la cellule de Luther était la proie des flammes.
< Uincendie s'était propagé avec une telle ràjudiU et avec une telle violence, que tout espoir de sauve le monument fut abandonné dès le principe.
< La cellule que Luther avait habitée lorsqu'il étai moine, cette cellule que les protestants coisidéraietî comme le berceau de la EeYonne, était dévorée pa rélément dévastateur. •
1 No du 22 mars 1872.
< On à de nombreuses pertes bibliographiques à déplorer.
« La Bible annotée par Luther lui-même, plusieurs manuscrits émanant des hommes les plus distingués de la Réforme, le livre des étrangers sur lequel Schiller, Gœthe, Alexandre de Hiimbold, la reine Louise et Frédéric-Guillaume JII s^étaient inscrits, tout a été réduit en cendres. >
Nous ne pouvons le cacher ; h première lecture, cette nouvelle de Tincendie de la cellule de Luther oti périt aussi sa fameuse Bible, nous a viven^ent frappé. La FroYÎd^c^ sans la permission de qui paa w ohoveu ne tombe de notre t^tç, u'a-t^elle paç eu un dessem particulier en livrant aux flammes la cellule & jamSiia souillée du moine apostat, aujourd'hui que la pré-^ tendue réforme est montée au capitple ? Ç'il est vrai que les extrêmes se touchent, et que Terreur triom-» phante ne s'est jamais maintenue longtemps au pinacle, nous pouvons compter sur la victoire finale de la vérité catholique sur 1^ protestantismei dans uu avenir bien rapproché; l'incendie de la cellule dft Luther en e^t le feu 4e joie ayant-coureur.
CHAPITKE X,
RUINE d'aNTIOCHE, A LA SUITE DU TBEBfBLEMENT DE TERRE D'AYRIL 1872.
I. Combien l6 signe des tremblements de terre est frëqoe aujourd'hui. — II. Catastrophe d'Antioche. — III. Ma heur au Pasteur infidèle à Pierre !
1. — Nous arrivons aux signes récemment prodoi sur rélément qui nous touche de plus près, la terre c nous naissons, vivons et mourons. Lorsque la ter tremble sous nos pieds, quel mauvais signe ! On sei alors, incrédule aussi bien que fidèle, la cognée po» h la racine de Tarbre. Or, depuis trois ans seulemen combien de secousses n^ont pas ébranlé le sol, dai toutes les parties du monde ? Nous avons cité, dans n< éditions précédentes, le tremblement de terre si te rible, arrivé au Thibet, le 11 avril 1870 et dont Chine même fut émue. Nous pourrions raconter maû tenant comment, du 8 ou 9 décembre 1871, toute ui ville, CoUa-Cato, capitale de Tîle de Mindanao, ai Philippines, a disparu dans les convulsions et les effoi drements d'un tremblement de terre dont la nouvel nous arrivait en Europe avec celle de la destructii d'Antioche par le même fléau. Mais l'espace nous fa défaut; nous ne pouvons même qu'indiquer L secousses ressenties en France et en Allemagne d( puis 1870. Ce sont des avertissements du ciel. J gait-on pas vaguement que Paris, Lyon, Marseill
Genève entre autres sont menacées de destruction, à cause du débordement de Tiniquité dans les murs de ces villes coupables ? On voudrait en vain se persuader que cette ruine est impossible : à coup sûr eUe n'entre pas dans les idées du progrès moderne. Mais qui résistera à la justice irritée du Très-Haut? Pour nous apprendre qu'elle ne reculera pas devant le châtiment annoncé, voilà qu'elle couche dans la poussière une ville de renom, Antioche, assise aux mêmes rivages que ceux ou trône Marseille et où viennent se déverser les eaux du fleuve de Genève et de Lyon.
II. — Les fêtes de Pâques venaient de se terminer dans l'Église latine ; on était au mercredi, 3 avril 1872, quand le télégraphe porta l'effroi dans toute l'Europe par la nouvelle que Antioche était en ruine, une partie de ses habitants ensevelis sous les débris de leurs maisons et les autres sans asile dans la campagne. Ce n'était que trop vrai. Toute la côte avait du reste été secouée et les villages des environs n'étaient plus eux-mêmes qu'un monceau de ruines, tandis que plusieurs autres villes avaient aussi eu à souffrir du fléau, sensible jusqu'en Syrie.
Yoici ce que Mgr Zacharie de Catignano, délégué apostolique de la Mésopotamie, en écrit, h la date du 19 avril, au Directeur des Missions catholiques ' ;
« Je suis arrivé à Antioche le 16 avril. A la vue de cette ville désolée, je ne pus retenir mes larmes.
1 No du 24 mai 1872, p, 360.
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