‹ Voix prophétiques; ou, Signes, apparitions et prédictions modernes touchant les grands événements de la Chrétienté au XIXe siècle et vers l'approche de la fin des tempsChapitre 55 sur 90 · LE DÉBORDEMENT DU TIBRE · texte numérisé non relu

LE DÉBORDEMENT DU TIBRE

(27, 28 et 29 décembre 1870).

I. Contraste entre le présent et le passé. — II. Les trois jours de la crue du Tibre. — III. Quelques circonstances à noter.

I. — Nous avons prêté peu d'attention au prodigieux débordement du Tibre qui inonda pendant trois jours la plupart des quartiers habités de Rome, à la fin de décembre 1870. La guerre appelait ailleurs nos préoccupations. Si nous considérons néanmoins toutes les circonstances du fléau, il nous sera impossible de ne pas y reconnaître un nouveau signe des temps calamiteux dont nous n'avons pas encore le dernier mot. Autrefois, à l'approche de la venue du divin Sauveur, Rome avait vu tout à coup jaillir une fontaine d'huile qui coula pendant un jour avec tant d'abondance, qu'elle descendait jusqu'au Tibre. Dans cette fontaine d'huile sortie du sein de la terre et dont l'emplacement se remarque encore aujourd'hui, à. l'entrée du chœur de la Basilique de Sainte-Marie-in- Trastevere, les chrétiens virent plus tard un témoignage de l'éternelle miséricorde de Dieu, annonçant ainsi au premier peuple du monde l'avènement du Prince de la paix. Quel contraste entre ces flots d'huile salutaire et les ondes fangeuses du Tibre sous lesquelles la Ville éternelle se trouva subitement

ensevelie, trois jours durant ! L'inondation avait été prédite par la vénérable Ânna-Marîa Taîgi ' et elle coïncidait avec les préparatifs de la première visite de Victor-Emmanuel k Bome, ce qui a vivement fra^ les esprits en Italie.

U. — Voici ce qu'on écrit de Bome à ce 8«yet, le 2 janvier 1871, à la Semaine religieuse de Taumay*:

< Cette inondation est regardée ici comme une image des temps actuels. Aucune n'a été aussi élevée et aussi désastreuse que celle-ci. C'est un s^pectacle navrant. Il y a eu dix mètres au-dessus du niveau ordinaire du Tibre. Les églises Sainte-Marie du Peuple, Saint-Boch, Saint-Jérôme, la Botonde, la Maddeise et même Saint-Charles au Corso ont été inondées.Daii8 plusieurs rues il est difficile de porter des secours ï cause de Timpétuosité du torrent. Des fenêtres des maisons, on voit des femmes et des enfants tendre les bras et agiter un drapeau blanc ; ils demandent des secours. Les journaux de tous les partis indistinctement accusent la nouvelle municipalité, qui n'a rien su, comme à l'ordinaire, ni prévenir ni organiser. Les pertes sont incalculables; on ignore également le , nombre des personnes noyées. Les désastres déjà si formidables de la ville sont peu, dit-on, en présence de ceux de la campagne. Qu'il vous suffise de savoii que l'inondation, commencée le 27, augmenta les 28 et 29, à ce point qu'au palais Madama, au ministère

î Voir la Vénérable Amia-Maria Taïgiy par le P. Caliitv liv. m, c. 12, p. 270, 3e édit.

' Bien Public de Gand, no du 8 janvier 1871.

des finances, des documents et des registres d^une grande valeur furent anéantis. A la Banque romaine on a perdu une quantité de billets. Des bateliers arrivent et apportent de Naples pour un million de pain. Le gazomètre ne fonctionnant plus, on supplée au gaz en éclairant les fenêtres des maisons. Toutes les marchandises èont perdues. Le Tibre baisse enfin,quoiqu'il continue à pleuvoir; et là où l'eau a séjourné, il n'y a pas possibilité de mettre le pied, h, cause de l'épaisseur du limon et de la vase déposée.

« Borne est inondée, or qu'est-ce qu'une inondation? C'est une violation momentanée du cours régulier de l'eau. Que laisse une inondation ? Elle laisse des douleurs, des misères, des ruines qui demandent beaucoup d'argent et de fatigues pour les réparer. C'est un déluge envoyé de Dieu pour laver la terre des iniquités qui la couvrent. Or, voilà la situation physique et morale de Borne. Coïncidence étrange : en 1864, Florence, déclarée capitale,s'est vue envahie par l'Arno en même temps que par son hôte royal, comme Boma en 1870 l'a été par le Tibre et par la même tête couronnée, qui semble ainsi traîner avec elle toutes les calamités. Ne sont-ce pas là des avertissements pour les peu-' pies ? »

Comme la Bévolution dont elle est le signe prophétique, l'inondation a causé d'épouvantables désastres, et les journaux des 29, 30 et 31 décembre sont pleins de détails de cet aflFreux événement. Le maximum de V inondation a été atteint le troisième jour ^ 29, où elle a dépassé de trente pieds le niveau ordinaire du Tibre, qui n'a point eu cette hauteur dans les autres débor-

m. — Groupons quelques détails d( tiou, pour mieux en faire ressortir les

Ifoua ne dirons rien de la parcimon tive avenir an secours des malheureu?

fléau, tandis que le Saint-Père prodigi en nature et en argent, malgré la d^ trouve lui-môme. Parmi les noyés trouve le frère de Samuel Allatri, un organisateurs des ovations révolutioi plébiscite.

Le Roi est arrivé le 31 décembre k qi matin, et avant de quitter la station di il SB retourna vers le chef de gare p mander, tant il avait à cœur de se prodi gemeofc de la misère publique, d'avoir t tenir prêt le même jour, à cinq heu convoi pour Florence.

Une bande de gamias, payes pour fait trations patriotiques ea l'absence du vi

A San-Marcello, quelques bouquets de fleurs, maladroitement lancés dans la voiture royale, firent sauter le chapeau de Sa Majesté et la décoiffèrent. Le cortège ne parcourut que les quartiers les plus éloignés de Tinondation, sans entrer dans aucune basilique.

Enfin le Eoi est parti sous les plus fâcheux auspices : quelques instants après son passage à Orbetello, première station de la Toscane, la gare de cette station s'est écroulée, h, la suite d'un tremblement de terre.

L'inondation du Tibre s'est ainsi trouvée commentée par ces divers incidents : elle laisse entrevoir un autre cataclysme où la Révolution s'ensevelira ellemême en croyant y précipiter la Sainte-Église.

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