PIEUSE PROTESTATION
OU
PRIÈRE AFFECTUEUSE A LA TRÈS-SAINTE-VIERGE POUR OBTENIR LA GRACE D'uNE BONNE MORT.
Voir la page 137 de ce volume, où il est question de Testime que feit la très-Sainte-Vierge de cette touchante prière, connue en Italie sous le nom de Protesta, Dans nos jours si incertains du lendemain^ on ne saurait trop affectionner cette pieuse protestation.
0 Vierge Marie, Mère du divin Sauveur du inonde, admirable entre toutes les femmes, Beine des Anges et du Ciel, Fleur des Patriarches, Couronne des Martyrs, venez à, mon secours.
Fontaine de consolation et de bonté. Source de miséricorde et de pardon. Temple de Dieu, Sanctuaire de TEsprit-Saint, Étoile d'allégresse, Consolation de la mer. Cèdre de pénitence, Mère très-pure et trèschaste, Ô vous qui êtes au-dessus de toutes les Vierges, consolez mon cœur, montrez-moi vos miséricordes, enseignez-moi vos vertus, gravez en moi le Nom de Jésus, votre adorable Fils.
Je vous recommande mon âme pour l'heure où je
mourrai ; faites que je n'aie plas le malheur d'offenser par le péché votre bien-aimé Fils Jésus, mon iiédemptenr délivrez-moi de tout mal. Ainsi soit-il.
0 très -Sain te- Vierge, si la faveur m'a été faîte de pouvoir, malgré mou indignité, me prosterner à vos pieds avec l'humilité d'un serviteur et l'amour d'un enfant, je sens que c'est surtout en ce moment oii je vais vous demander la grâce la plus importante, celle de laquelle dépend mon bonheur étemel ; c'est que mon âme s'endorme de la mort des Justes. Mourir saintement est la grâce que je vous supplie de m'accorder, {^râce difficile h, obtenir, je l'avoue : car si le pas le plus difficile pour l'homme est celui de la mort, il est plus difficile encore de mourir de la mort des Justes, et il est surtout difficile de mourir en Juste quand on a été pécheur. Cependant, malgré tout, je ne désespère pas ; bien plus, la difficulté elle-même augmente ma confiance. Par cela même que cette grâce est difficile à obtenir, j'ai recours à vous, je vous la demande et je l'espère de vous, parce que, seule après Dieu, vous pouvez tout ce que vous voulez, au ciel et sur la terre. Il n'y a rien de difficile qui, pour vous, ne soit facile, et il vous suffit de vouloir une chose, pour qu'elle soit faite : Tout pouvoir vous a été donné au ciel et sur In terre, afin que tontce que vous voulez, vous puissiez le réaliser : c'est saint Bernard, votre serviteurs! dévoué, qui nous le dit.
Oh ! combien y en a-t-il qui, après avoir été de grands pécheurs, sont morts, grâce îi vous, de la mort des Justes! Pour moi, 0 Vierge, je ne vous demande pMB qu'^ ma dernière heure vous m'accordiez ces mar-
ques d'amour que vous avez données à vos plus chers serviteurs, en les favorisant de votre aimable présence, en les comblant de consolations et de caresses, en les fortifiant, en allant même jusqu'à les servir de vos mains avec une tendresse qu'ignore même une mère. Ces faveurs, je ne les mérite pas, je ne les espère pas, je n'y prétends pas ; elles sont réservées à ces âmes fortunées qui, par une vie angélique, se sont rendues dignes de recevoir de vous, k l'heure de la mort, ces précieux témoignages de votre amour. Pour moi, il me suflBt que vous m'obteniez la grâce de bien mourir. Néanmoins je vous demande aussi d'être présente à mon trépas, par votre protection et votre tout-puissant secours. Accordez-moi la patience dans les douleurs de mon agonie ; faites que j'expire, avec votre Nom si doux sur les lèvres, et en baisant les plaies sacrées du Crucifix.
Ah! combien! je redoute qu'oppressé alors parla grandeur de mes maux, je ne sache pas en ce moment-là avoir recours à vous autant que le besoin extrême où je serai le demandera ; c'est pourquoi je m'adresse à vous maintenant pour cette dernière heurOi et je vous dis avec le prophète : Lorsque la force me fera défaut^ ne nC abandonnez pas. Lorsque mon intelligence faillira avec mes forces, lorsque j'aurai presque perdu le sentiment de la vie, lorsque le corps accablé sera un obstacle aux opérations de mon âme, oh ! alors, 6 Marie, ne m'abandonnez pas. Secourez à cette heure-là votre pauvre serviteur N...., qui, délaissé de tous, n'aura plus d'autre soutien que le vôtre. 0 miséricordieuse Mère, si vous daignez me
recevoir à Tombre de votre patronage, je m'avancerai tranquille vers les ténèbres de la mort, et je pourrai dire avec David : Alors même que je marcherai a% milieu des ombres de la mort, je ne craindra% aucwi mal, parce que vous êtes avec moi. 0 vous, Yieige pleine de pitié, au nom de cette immense douleur que vous" avez ressentie au pied de la Croix, h la mort de votre divin Fils, soyez-moi propice h Fheure de b mienne ; daignez souscrire k présent à naM>n humble demande, afin de Fexaucer au dernier jour de ma vie, et que, protégé par vous dans le dernier passage, je puisse aller jouir dans Tautre vie de la splendeur de voiare gloire, pour vous louer, vous bénir et vous aimer dans les siècles des siècles et pendant toute rétondti Ainsi soit-il.
Que la très-sainte Trinité et Tauguste Sacrement de Tautel soient connus et aimés de tous !
Bénie soit la sainte et immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge-Marie !
(Extrait de la Vie de la vénérable sœur Véronique de N.'D.* des Sept-Douleurs.)