CHAPITRE 1er. 1 g
soit décidément la plus avantageuse. On peut quelquefois cependant en prendre plusieurs pour arriver concentriquement au même but; sur-tout lorsqu’au début d’une entreprise , on a des forces considérables sur plusieurs points. Par ce moyen , sans doute , la marche des opérations est plus facile ; mais elle n’est pas toujours la plus sûre, à moins que l’armée qui s’avance n’ait une supériorité telle, que chacune de ses colonnes soit plus forte que celle de l’ennemi quelle peut rencontrer; qu'elles soient assez rapprochées les unes des autres pour se prêter un secours mutuel , en cas de nécessité ; ou enfin , que l’adversaire soit tout-à-fait hors d’état d’entreprendre quelque chose contre une d’elles, avant que toutes aient atteint le but de leur mouvement. Autrement , un corps d'armée qui s'avance sur plusieurs colonnes est toujours exposé à être coupé par l’ennemi qui se jetterait entr’elles, et les battrait les unes après les autres.
Mais les «lignes d’opérations parallèles ou divergentes , sont encore bien plus dangereuses. Les premières n’ont pas assez de liaisons , ou elles ne leur servent à rien , parce que chaque ligne tend vers son but particulier. La liaison diminue dans les dernières , à mesure que la marche se prolonge. L’on ne
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peut guères se servir (le celles-ci que dans uue invasion , ou lorsqu’on ne s’attend à aucune résistance.
Les observations précédentes sont dans la nature du sujet , et ramènent au principe fondamental : de réunir ses forces ou elles doivent agir. Elles font voir aussi que la propriété des lignes d’opérations se développe en sens inverse dans les retraites. Leur objet est le même dans l’offensive et la défensive; elles rattachent sans cesse le point où l'on se trouve , à celui qu’on veut occuper, et lient, en un mot, en en avant comme en arrière, l’objectif avec la base.