‹ Vol. 1Chapitre 17 sur 93 · CHAPITRE 1 er · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1 er

Une base d’opérations doit reposer sur plusieurs points ; parce qu’il est difficile et dangereux de réunir tous les approvisionnemens d’une armée dans un seul dépôt , et de n'avoir qu’une route pour les transports. Soit qu’on se porte en avant, soit qu’on se porte en arrière, il y a plus de facilité pour les manœuvres , plus de choix dans les lignes d’opérations , lorsque les objets nécessaires se trouvent répartis sur plusieurs points , et qu’on peut se les procurer par différens chemins.

Quelquefois cependant le terrain ne présente qu’un seul point pour base d’opérations, et une seiüe route pour ligne d’opération et de communication. Ces cas sont rares , mais ôtent alors toute possibilité de manœuvrer.

Les points qui constituent la base doivent être liés entre eux par des communications praticables. 11 est bon qu’ils soient sur une ligne de défense avantageuse ou devant elle , afin qu’au besoin l'armée soit à même de les protéger. Dans ce cas , la ligne de défense devient elle-même la ligne d'opération. Il serait à désirer que ces points fussent fortifiés , afin de pouvoir les abandonner à eux -mêmes, sans crainte de perdre les magasins qui y sont établis ; et de n’être pas obligé de les défendre avec des détachemens , qui ont toujours l inconvé-

nient d’affaiblir l’armée. Les mouvemens d'un général en chef, forcé avant tout de couvrir ses magasins et de laisser des troupes pour les garder, ne seront jamais si rapides ni si hardis , que s’il avait la faculté de s’en éloigner pour quelque temps, avec l’assurance de les retrouver intacts.

La direction la plus favorable de la hase d’opérations, est celle qui serait parallèle à la base d’opérations de l’ennemi, parce quelle est moins susceptible d'être menacée (i). Par la même raison , la meilleure ligne d opération est celle qui , partant de notre propre base, conduit perpendiculairement contre la position de l'ennemi ; attendu que de cette manière la base en est protégée , malgré son étendue et l'éloignement de l'armée.

L’opération la plus dangereuse est celle qui part du point de la base la plus éloignée de l’ennemi , vu qu’elle laisse ses flancs à découvert ainsi que ses communications et sa ligne de retraite.

(i) Cette assertion ne parait pas juste, et je crois que la position de la Bohême, dans la campagne de i<3i3, suffit pour prouver que la meilleure base d’opérations est, au contraire, celle qui serait perpendiculaire avec l'extrémité du front d’opérations.

Page 1