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CHAPITRE 1er

Si la base sur laquelle nous opérons est plus étendue que celle de l’ennemi , nous serons moins exposés à être entourés , et nos derrières en seront plus sûrs. Il en résulte toutes sortes de facilités pour manoeuvrer, et une supériorité marquée sur l’adversaire , lequel éprouve plus de gêne dans ses mouvemens.

Il est également avantageux de se trouver plus près de la base de l'ennemi, qu’il ne le serait lui-même de la nôtre ; car toutes les opérations sur ses flancs , ses communications et ses derrières , offrent plus de chances en notre faveur , que celles qu’il tenterait contre nous à un plus grand éloignement de notre base. (1)

(1) Si nous avons bien rendu le sens de l’auteur, cette maxime serait susceptible d’objections. Il semble, en effet, qu’une armée est toujours plus à craindre prés de sa base, que près de celle de l’ennemi. Une armée française sera toujours plus forte sur le Hhin que sur la Vistule , ou même sur le Danube ou l’Adige ; et je crois aussi que la manœuvre de l’archiduc Charles sur le flanc de Jourdan par N eumarkt , qui aurait «dû perdre l’année de Sambre et Meuse, n’aurait eu ni la même importance, ni le même résultat , exécutée à proximité de la base des Français. Quel a été le grand avantage du mouvement des Russes sur Kaluga, en 1812? c’est qu’il s’effectuait dans l’intérieur même de la base des Russes, et à 400 lieues

a4 PRINCIPES DE STRATÉGIE.

L’action d'une armée sur le pays qui l’environne suit la direction de la ligne d’opération. On dégarnit souvent une contrée pour en couvrir une autre; ce qui amène un changement dans la base d'opérations et dans les communications.

Ou les points qui forment la hase sont d’une importance majeure, et leur occupation indispensable pour la réussite des entreprises, ou bien leur influence se restreint à assurer le succès d’une seule opération , et il suffit de les occuper temporairement lorsqu’on est sur le point de l’entreprendre. On met au nombre des premiers, les positions qui donnent l’entrée de notre pays. Celles-là ne doivent jamais être dégarnies, et leurs communications avec l'armée ne sauraient être interceptées sans les plus graves inconvéniens. Cependant , si elles étaient assez fortes par elles-mêmes , ou que l’armée eut déjà acquis un ascendant assez

de la base des Français : un tel mouvement, fait au* frontières de France, n’eût mené à rien. Enfin, s’il est •vrai que les lignes cTopéralions les plus profondes soient les plus désavantageuses (ce que personne ne révoque en doute), il est incontestable aussi que plus on s'éloigne de sa base pour se rapprocher de celle des ennemis , plus la ligne d’opération s’étend en profondeur, et devient par eela même dangereuse.

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