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CHAPITRE 1er

Une opération comprend le cours entier d'une guerre , ou seulement d’une campagne. Quelquefois encore , elle se borne à l’occupation d’un point stratégicpie , et à l’obtention des avantages cpii s’y rattachent. Le choix de l’objet de l’opération n’est pas indifférent , vu qu’il doit porter sur le point dont l’occupation peut procurer un résultat décisif. La fixation de la base doit lui être subordonnée , en ayant égard toutefois à la nature du théâtre de la guerre.

provinces, à des lignes de fleuves ou déplacés, et qu’on n’a obtenu que de faibles succès. Nous donnerons pour exemple de cette assertion, le plan d’opérations arrêté par les Souverains alliés, à Trachenberg , en i8i3, et qui a eu de si grands résultats : il ne contenait aucun point objectif ; la concentration des efforts devait avoir lieu sur le quartiergénéral de Napoléon, ce qui, en d’autres termes, voulait dire qu’on agirait suivant l’emplacement de ses forces , mais toujours de manière à opérer un effort simultané. Sans doute ce plan avait aussi ses défauts , car l’on n’a obtenu de succès décisifs que quand les trois armées n’ont plus formé que deux masses réunies sur une seule rive de l’Elbe; mais il fera néanmoins époque dans les annales militaires, par sa simplicité et la justesse des principes sur lesquels il a été basé. La division des masses en trois armées , a été une faute nécessitée par des considérations politiques tout-àfait étrangères à l’opinion des auteurs du plan.

Le choix de la ligne d'opération et du point dont il faudrait partir pour atteindre le but proposé , ne dépend pas toujours des avantages naturels de cette ligne; mais souvent de circonstances et de causes tout-à-fait étrangères. La position réciproque des troupes , la proximité ou l'éloignement des endroits d’oii l’on attend des renforts, l'avantage de couvrir une plus grande étendue de pays par la ligne d'opération qu’on a prise , la nature du terrain traversé par ces lignes , comparée aux différentes armes que I on a à sa disposition , ou dans lesquelles on a la supériorité , le dégré d importance que l’adversaire attache à telle ou telle ligne , la résistance présumable des points qui la défendent; en un mot , toutes les circonstances qui peuvent avoir de 1 influence dans la guerre, doivent être calculées d’avance pour décider un choix aussi important.

Les manœuvres combinées sur le concert et la réunion de plusieurs masses éloignées sont, en Stratégie; beaucoup plus dangereuses qu'en Tactique , vu que la distance des lignes est plus grande , et qu'il est par conséquent plus difficile de mettre de la précision dans des calculs, et de faire tout arriver à point nommé. Les avantages que de semblables manœuvres sont dans le cas de procurer , dépen-

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