CHAPITRE II
coupées par plusieurs lacs et des gorges qui rendent les communications très - difficiles. A partir de Steier et Lambach , en allant vers le Danube , le pays s’aplatit : on y trouve plusieurs routes; mais les collines et les ravins qu’on y rencontre à chaque pas le rendent, par cela même, peu praticable, excepté dans la plaine entre Wels et Linz.
L’Iser a sa source dans le Tyrol , au-dessus de Hallerberg, et quitte cette province non loin du pas de Scharnitz , au-dessus de Mittenwald; il reçoit, à Wolfertshausen , la Loisach , passe ensuite devant Munich , tourne au nord-est après s’être grossi près de Moosburg, des eaux de l’Ammer ( ou Amper), et de celles du lac deWurm, et va se jeter dans le Danube auprès de Deckendorf. Les hautes chaînes du Tyrol , qui s’abaissent insensiblement en collines vers ces contrées en suivant le cours de User, s’éloignent , il est vrai , de Munich , mais 11’en circonscrivent pas moins ce grand bassin, dit Moos- Kessel, formé par User et les montagnes appelées Œrdinger- Moos et INymphenburger-Ried. Ce bassin , en s’élargissant de l’ouest à l’est, forme une plaine qui a dix -huit lieues depuis Fürstenfeld jusqu’aux forêts d’Anzing près de Hohenlinden , et dix-neuf lieues du sud au nord , c’est-à-dire,
68 APPLICATION DE La STRATÉGIE.
de Holzkirclien, derrière le bois de Hœfeldingen jusqu’à Freising. Cette chaîne se prolonge d’un côté entre le Lech et l’Ammer ; et de l’autre , entre User et llnn , où longeant la rive gauche de cette dernière rivière jusqu’auprès de Moosburg , elle contourne la plaine dont on vient de parler, pour border ensuite User jusqu'à Dingelfingen, et s’aplatir insensiblement vers le Danube.
Cet exposé suffit pour faire voir que User ne présente que peu de points de passage avantageux : les principaux sont à Munich , Freising, Moosburg, Landshut , "VVerth , Dingelfingen , Landau , Platting ; encore tous leurs abords sont -ils pénibles, à cause des marais ou des hauteurs qui les environnent.
Le pays entre llnn et User, au-dessous de Wasserburget de Munich, est couvert en partie de montagnes de médiocre élévation; la plupart sont arides , boisées , coupées d'un grand nombre de vallons marécageux , et ne s’abaissent qu'à proximité du Danube. U n'y a dans ce district que trois ruisseaux qui méritent attention , et cela seulement parce que leurs cours marécageux forment des défilés : ce sont d’abord la Roth , qui jaillit auprès de Piieder- Berg-Kirchen , s’unit à Ober-Dietfurt avec la Bina , venant d’über-Baden-Kirchen , traverse
Eggenfelden , et entre dans Flnn en face de Scharding ; 2° la Vils , qui prend sa source non loin de Kochlheim, traverse Vilsbiburg , prend à Kriegsdorf , les eaux de la Kolbach , et s’embouche dans le Danube à Vilshofen ; 3° enfin ï Isen , qui commence au-dessus du bourg de ce nom , passe devant Dorfen et Ampfing, et se jette dans l’Inn à N eu - GEtting.
Les marais de la rive gauche de User , entre Munich et Freising , sont considérables , et s’étendent jusqu’à l’Ammer. Cette rivière vient d'Etal, au pied de la chaîne du Tyrol , coule entre des montagnes jusqu’au lac d’Ammer, arrose Bruck et Dachau, et se rend ensuite dans User à Moosburg, après avoir reçu la Würm , qui sort du lac de ce nom et traverse cette grande étendue de marais. La nature du pays laisse peu de communications ouvertes dans cette contrée.
Nous observerons que les quatre principales rivières dont il a été question plus haut , après avoir quitté la chaîne des Alpes tyroliennes se rendent au Danube dans la direction du nordest , et qu’au contraire le Lecliy arrive perpendiculairement. L’espace entre le Lecli ^ l’Ammer et l’Inn a la figure d’un triangle dont le Danube forme la base. Les assises des montagnes du Tyrol , qui ne sont ici que de fortes
collines , s'abaissent de pins en plus vers le Danube, et se terminent pour la plupart à des plaines marécageuses: des forêts coupées d’une infinité de vallons arrosés par des ruisseaux bourbeux en couvrent la surface et entraveraient les opérations, quoicpie au-delà de Freising et de Friedberg, il existe des communications dans tous les sens. Les filets d’eau les plus remarquables de cet espace , sont la grande Laber, l’Abens , 111m, la Paar et l’Aclia.
Le Lecli prend sa source au Tlornspitz , sur le mont Tannberg , dans cette grande chaîne cpai sépare le Yoralrberg du Tyrol , et divise , dans une direction septentrionale , les aflluens du Rhin et du lac de Constance , de ceux du Danube. Il quitte le Tyrol au-dessous de Reuti , entre Pinzwang et Fuessen , où il n’est encore qu’une petite rivière ; des rives escarpées resserrent son cours torrentueux jusqu’à Landsberg , et en forme im défilé difficile , qu’on ne peut franchir qu'à Fuessen , Schongau et Landsberg. Ici les montagnes s'abaissent , et la vallée dans laquelle il coule s’élargit. Aux environs d’Augsburg , il est bordé par des collines qui s'écartent souvent de deux et trois lieues de ses rives. 11 reçoit près de cette ville la Wertach, et serpente dans la plaine jusqu'au Danube. A partir du point où la vallée