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CHAPITRE I I

d'arriver au défilé avant que l’adversaire y soit parvenu, et déjà en mesure de le défendre : les opérations doivent donc être conduites sur les points de passage mêmes , ou dans une direction telle qu’on soit sûr d'y arriver avant luL Les obstacles que l’occupation d’une rive présente aux opérations qui ont lieu sur l’autre , sont réciproques, et entravent également les entreprises de l’armée opposée; ainsi toutes deux ont un égal intérêt à gagner le défilé du Danube , qui se trouve être , dans ce cas , l’objectif des deux partis.

Mais c'est principalement entre Ulm et Ratisbonne que le Danube a une influence marquée sur les opérations des deux armées, parce que les points de passage compris dans cet espace offrent seuls des communications qui coupent le théâtre de la guerre dans tous les sens; c'est par conséquent dans cet intervalle qu’il faut prendre une position favorable. Les deux partis peuvent se procurer cet avantage avec la même probabilité de succès , vu que la distance entre les deux extrémités du défilé et lesbases d’opérations les plus rapprochées, est à peu près la même. En effet, deBrisachàUlm, il y a dix marches; de Strasbourg jusqu’à la même ville , huit à neuf; de Lauterbourg , huit; deBudweis et d’Enns à Ralisbonne , il y en a dix.

Cette différence paraît moindre encore, si Ton considère qu’Ulm est encore distant de huit marches de ftatisbonne, qu'il existe beaucoup de passages dans cet intervalle, et qu’il suflit d’en avoir occupé un avant 1 ennemi , pour manoeuvrer sans obstacle sur les deux rives de ce fleuve. C'est aux circonstances à déterminer le choix du point le plus favorable et la manière de bien débuter , en écartant l'adversaire du fleuve et des positions d’où il arrêterait le cours ultérieur des opérations. Ce point enlevé, on marchera avec circonspection contre sa base , afin de s'emparer d’autres positions ou de quelques passages d’une importance plus décisive.

La base d’opérations de l'ouest est tellement couverte par le Rhin et par la double ligne de places fortes , que ce n'est qu'à la suite dévénemens extraordinaires et hors de la prévoyance humaine , qu’il est permis de 1 attaquer; tout ce qu'on peut espérer, c’est de s’en approcher, et de choisir une position qui procure la faculté de déjouer les opérations de l'ennemi, de le repousser quand il se montre sur la rive droite du fleuve , et de couvrir les pays en arrière.

La ligne la plus convenable à ces sortes de positions, serait celle d'où l'on pourrait se mou-

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