CHAPITRE ir. g
voir vers toutes les lignes d’opérations de l’ennemi , sans compromettre ses propres communications. Celie cpii remplira cette condition et se trouvera en même temps la plus rapprochée de lui, est la meilleure , parce qu’elle couvrira une plus grande étendue du pays en arrière.
La route de Fribourg à Francfort, dans la vallée du Rhin, forme la première liaison entre les différens débouchés de la base d’opérations occidentale; mais cette ligne est longue : les deux têtes de pont de Kehl et de Casse!, situées à ses extrémités , protègent tous les passages qu’il plairait à l’ennemi d’effectuer. La vallée du Rhin n'a pas plus d’une marche de largeur, et toutes les routes qui en partent sont parallèles jusqu’au-delà des montagnes et sans liaison transversale. C’est pourquoi il serait trop dangereux de s’établir sur une de ces lignes, l’ennemi pouvant déboucher vivement et inopinément de ses têtes de ponts , et atteindre les communications ou la ligne de retraite de l’armée qui s’y serait placée , avant qu’elle eût le temps de les couvrir*
La seconde ligne de communication entre les routes qui vont du Rhin au Danube, conduit de Mœskirch à Miltenberg et Aschaffenburg , en longeant le pied oriental des montagnes; «lie parcourt un pays ouvert, et donne plus de
facilité pour manœuvrer, que celle de la vallée du Rhin; elle est en outre parmi les routes propres à la défensive , la seule qui se trouve entre la base occidentale des opérations, etune ligne tirée d’Ulm vers le Mein.
Le point le plus avantageux pour prendre position con tre la base de l’ennemi , est entre Stuttgard et Ludwigsburg : il sera regardé comme le second objectif des opérations de 1 armée de l’est. Il réunit toutes les conditions qu'exige la Stratégie, pour agir défensivement; aucun sur toute la ligne, n’a de communications plus courtes avec le Danube : les routes d Esslingen à f lm, de Canstadt à Dillingen par Heydenlieim , d'Aalen et de Aoerdlingen par Ingolstadt et Ratisbonne , y aboutissent ; l ennemi qui s avancerait du Rhin ne pourrait , sans être prévenu , atteindre une route qui menaçât cette ligne de retraite. La plus courte de celles qui y mènent , ainsi qu’aux bords du Danube , est celle de Brisaeh à Ulm par Moesskirch; or de Brisach à Moesskirch, il y a six marches , tandis qu'on n en compte que quatre de Stuttgard: de Brisaeh à Ulm par Moesskirch, il y a dix marches, et de Stuttgard, quatre seulement: tous les autres débouchés qui conduisent de Strasbourg au iSecker, se rapprochant davantage vers le front de la position qu’on pro-