Chapitre ii
couvertes par des montagnes et des places fortes, et l’on ne peut guère combiner de mouvemens contre son centre , pour se rendre maître de toute la ligne. 11 faudra donc se résoudre à tenter une opération isolée sur l'une des rives du Danube , attendu que la base de l’est ne peut, à proprement parler, être rompue qu’entre le Danube et Steier , ou entre Tein et Rosenberg. Une pareille entreprise n’aurait cependant de succès qu’autant que l’ennemi , dans l’impossibilité de gagner Ratisbonne , serait hors d’état de changer de rive et d’arrêter les mouvemens de l’armée de l’ouest, par une opération sur ses derrières.
En supposant même que ce cas ne soit pas à craindre , les points les plus importans de la base de l’est , où toutes les communications aboutissent, sont Enns et Budweis. Or, l’éloignement de ces deux points, et les difficultés d’y arriver, sont à-peu-près dans les mêmes rapports. 11 y a de Ratisbonne à Enns dix marches , et autant de Ratisbonne à Budweis : la route qui conduit à la première de ces places traverse User et l’Ina , celle qui mène à l’autre est tracée sur les montagnes de la frontière de Bohême ; mais en comparant les avantages de ces deux directions , on donnera la préférence à celle de Budweis, et l’on regardera ce point,
avec raison , comme le second objectif des opérations de l'armée de l’ouest.
La marche sur Emis vous rend maître d'un petit espace resserré entre de hautes montagnes et le Danube , où h ennemi arrête tous progrès ultérieurs, en s’établissant sur les escarpemens de la rive gauche de ce fleuve : position dont on ne peut le déloger en aucun cas. Si vous avancez , au contraire , jusqu'à Budweis, alors votre armée est maîtresse de la plus grande partie de la ligne d'opération de l'ennemi. Celui-ci se porte-t-il sur Prague? les deux rives du Danube appartiennent au vainqueur , qui peut utiliser ce fleuve pour le transport de ses parcs et l'établissement de ses communications sur la rive droite. L avantage n'est pas moindre pour lui , si P adversaire se retire sur le Danube. En effet , rien n'est plus aisé que de 1 v tenir en échec avec peu de troupes , et de s'établir sur sa base d’opérations en investissant , sans perte de temps , Prague ou Theresienstadt.
Dès qu’on a dépassé la frontière de Bohème, les communications sont encore plus sures , parce qu elles s étendent d Egra à Mayence , conséquemment à une plus grande distance du Danube et des points où l ennemi pourrait les gêner. Au reste, il ne saurait lui-même s'exposer à quitter les environs d'Enns et de Linz,