CHAPITRE II
des forces disponibles des états; l’autre est ordinairement amenée par des événemens politiques ou par les opérations de la campagne précédente. Il ne reste au général qu'à bien se pénétrer de l’état des choses et à combiner ses projets , d’après les moyens qui sont à sa disposition, et selon que les événemens rendent ses déterminations plus ou moins urgentes.
Pour partir d'un point fixe et ramener à des hypothèses simples les divers accidens qui surviendraient dans le cours des opérations , par la différence des forces, et la facilité qu’une puissance aurait d’ouvrir la campagne avant l’autre; on va supposer qu'il y a parfaite égalité de troupes et de moyens dans les deux armées , ainsi que dans la capacité des généraux qui les commandent; ils seront censés partir de leur base à la meme époque , et n’être guidés , dans le choix de leur point de départ, par aucune considération étrangère à leurs vues: l’on n’aura égard qu’à la nature du terrain pour développer les avantages d’un parti sur l’autre. La solution de ce problème fera plus facilement connaître et apprécier tous les changemens qui proviendront du hasard ou de la nécessité , et servira de base à leur calcul; car si l’on a compté d’avance sur le choc de masses égales , il sera d’autant plus aisé de déterminer le résultat i. * g
1 3.J APPLICATION DE LA STRATÉGIE, quand il y aura inégalité dans les forces opposées.
Les points des bases d opérations d’où partent les lignes les plus courtes, pour arriver aux premiers objectifs, sont Lauterbourg pour la base d.e l'ouest, et Budweis pour celle de 1 est. Chacune des deux armées partira de ces points pour arriver aussitôt que possible sur le Danube. L’armée de l’ouest étant de douze lieues plus près d Ulm, que celle de l est de Ratisbonne , elle profitera de cette circonstance pour s’emparer de suite d’une plus grande partie de l’espace qui conduit à 1 objectif , et préférera par conséquent, à la ligne d opération dülm , celle qui va directement de Lauterbourg àDonamvertli. Cette ville est éloignée de Ratisbonne de trente-une lieues et demie ; mais les armées des deux partis ne sauraient assigner à leur ligne d’opération une direction sur des points plus rapprochés l un de 1 autre, et par conséquent plus éloignés des deux bases respectives; parce que dans une ooération d’une longue durée, où toutle succès dépend d arriver le premier, il est impossible de fonder ses calculs sur l’espoir d arriver à point nommé et peu d’instans avant 1 ennemi; U convient, au contraire, de prendre assez de