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CHAPITRE II. l4g

Danube , n’aboutiraient qu’à forcer l’armée de l’est à se rapprocher du fleuve, et seraient ainsi bien moins décisives qu’une défaite qu’elle -essuverait sur le Necker; celle-ci lui ôterait tout moyen de s’opposer aux progrès ultérieurs de l’armée de l’ouest, et la mettrait peut-être hors d’état de gagner son premier objectif sur le Danube.

En admettant qu’il fallût absolument chasser l’ennemi de son premier objectif, on ne pourrait , par les memes raisons , s’engager dans aucune opération qui partit des ailes de la base pour se diriger sur une extrémité plus éloignée; car il serait impossible d’y parvenir sans laisser de côté la position de son adversaire. Malgré la difficulté du passage à travers les montagnes du Raube-Albe , la ligne de Canstadt à Gemünd est la plus propre à remplir le but indiqué, attendu qu elle couvre la direction de retraite , sur laquelle l’ennemi n’arriverait qu’au moyen d’un détour , c'est-à-dire , en exposant ses communications sur le Danube. Arrivé à Gemünd, on verra parla position qu’aura prise l’adversaire , dans quelle direction il convient de continuer le mouvement. S il a pris poste à Ulm, il faudra avant tout aller l’y chercher.

En règle générale on doit calculer lorsqu’on

l5o application de la stratégie.

établit son plan d’opérations , cpie l'ennemi jugera avec sagacité , et prendra les mesures les plus convenables à ses intérêts: mais dans l’exécution , il est des cas où l’ennemi montrant des côtés faibles, vous autorise à vous écarter de cette règle et des premières combinaisons qui s'y rat tachent. C'est ainsi , par exemple , qu'on peut prendre pour objectif immédiat un point placé sur les derrières de l’ennemi, quand de faux calculs font amené dans une position d’où il ne saurait rien entreprendre de décisif contre nos communications, avant que les siennes ne fussent ellesmêmes interceptées. L'armée de l'ouest a la faculté de tenter une manoeuvre de ce genre, en opérant sur l'extrémité gauche de la ligne qui s’étend depuis le Mein jusqu'à Memmingen; parce qu'il n'y a pas plus de marches d Ochsenftirt à Ratisbonne , que d’Llm à l’une ou l’autre de ces deux villes; d’ailleurs, sous différens rapports, il n'est pas hors de vraisemblance , que cette armée atteigne le point de Ratisbonne sur les derrières de J ennemi , avant que celui-ci ait le temps de s'y rendre , ou d’agir sur ses communications vers Ochsenfurt.

S'il fallait gagner le dernier objectif sur la Moldaw, la ligne la plus convenable à suivre parait être celle de RaLsbonne à iSeumarkt et

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