CHAPITRE Iî. S
faveur duquel elle serait hors d'état de faire une diversion.
On déterminera aisément , par analogie de ces observations et des principes qui en dérivent, la conduite à tenir dans les différens cas qui se présenteraient selon les points de départ et de rencontre des deux armées. Le but est invariable, comme le chemin qui y conduit plus facilement. Ainsi , il nous reste à parler de l’hypothèse , où dès l'ouverture de la campagne , une des armées se trouverait en possession du mier ou du second objectif.
L’armée de l’ouest partant du Rhin pour diriger une opération contre l’ennemi qui se trouve sur le Necker , et qui a déjà atteint son second objectif, ne doit avoir d’autre vue que de lui faire du mal par les moyens les plus faciles; elle sera dispensée de toute précaution pour sa base d’opération, parce qu elle a déjà en elle-même toute la solidité désirable.
Le parti le plus convenable serait de s’avancer entre le Necker et 1 Enz , pour attaquer l’ennemi, soit en front s’il est près d'Heilbronn , soit en manoeuvrant par Pforzheim et Bessigheim , sur la droite de sa position , s’il est près de Stuttgard. Dans ce cas , ni les communications , ni la ligne de retraite ne courraient de risque , parce qu elles seraient couvertes d’un
l48 APPLICATION DE LA STRATÉGIE.
côté par lelNeckcr et les montagnes de l’OdenwaJd , et de l’autre par la chaîne cjni s’étend de Freudenstadt à Pforzlieim. Le pays intermédiaire offre d’ailleurs des routes et des plaines propres aux manœuvres.
Si I on avait le bonheur de forcer l'ennemi à se replier sur sa gauche , vers Esslingen ou Tübingen, on serait maître des roules qui mènent à ses communications du Danube. Une attaque contre la gauche ennemie par Tübingen , n’offrirait pas , au contraire, d’aussi grands avantages; parce qu’on le choquerait en front, et qu'en cas d’échec , l’on n’aurait pour se retirer au-delà des montagnes, que la mauvaise route de Freudenstadt.
Le même but ne serait rempli , ni par la ligne d’opération entre le Necker et le Mein, ni par celle entre Brisach et la Rench; on ne peut sur aucune d'elles franchir la ligne de Miltenberg à Mœsskirch , aussi long-temps que 1 ennemi garde le INecker , à moins de lui livrer toutes les communications. Et ce ne serait qu’après une énorme perte de temps et avec des chances très - défavorables , qu’eu dernière analvse il faudrait toujours en venir aune attaque devive force. Eu effet, une simple marche du côté du Mein, ou une menace exécutée sur l’extrémité opposée , en s’avançant par la droite du Haut-