CHAPITRE II
laines facilites pour remplacer les consommations journalières, établir de nouveaux magasins , et tenir en réserve , pour des besoins imprévus , les approvisionnemens déjà formés. Ainsi ce système emporte déjà par lui-même la nécessité d’établir des magasins sur des points stratégiques , pour peu qu’on veuille mettre les armées à l’abri des événemens , et concilier leurs besoins avec le moins de charges possible pour le pays.
Chaque ligne d’opération devant être couverte par les mouvemens et les positions de l’armée , il s’ensuit que les points les plus favorables pour le dépôt des approvisionnemens doivent se trouver sur cette ligne ; et comme elle détermine en même temps la direction de tous les mouvemens progressifs ou rétrogrades, elle marque aussi la voie la plus convenable pour le transport des subsistances.
Restreindre à une seule ligne l'établissement des dépôts et l’arrivage des convois d’objets nécessaires à l’entretien d une armée , est une chose trop difficile , pour ne pas chercher à les placer sur. plusieurs points qui aient des communications sûres avec la ligne d’opération ; plus ces points seront multipliés, plus la circulation sera facile et les subsistances seront assurées.
En face de l'ennemi , l’armée ne couvre qu’une étendue de pays égale à la largeur de la position qu’elle occupe ; mais à une certaine distance, elle protège aussi tout le pays situé en arrière, que le premier ne pourrait inquiéter sans donner prise sur sa ligne de retraite. 11 convient donc d’établir seulement quelques magasins à la pi’oximité des positions de l’armée et d’en placer le plus grand nombre à un plus grand éloignement. Les premiers ne sont ni assez sûrs ni assez spacieux , pour qu’on y dépose des approvisionnemens qui excéderaient les besoins de quelques jours; les seconds doivent être destinés aux grands dépôts. Ces considérations s’appliquent aux convois des magasins principaux aux magasins avancés. Pour qu'ils soient bien couverts , il faut que toutes les routes sur lesquelles ils cheminent, se resserrent vers la ligne d'opération , à mesure qu’ils s’approchent de l’armée , et qu’elles finissent par s’y réunir (1). C’est d’après ces principes que se
(i) La direction concentrique pour les convois peut être bonne; mais ce ne serait jamais que contre l’attaque de grands corps réguliers. De bons partisans inquiéteront toujours les convois , quelle que soit la direction des routes,