CHAPITRE X
chevaux, prit position entre Offenbacli, juscpi en face de Hoechst : un cordon de troupes légères le liait à Mayence , et un corps volant entretenait sa communication avec le Necker. Le 1 2 juillet , l’arrière-garde se retira aussi sur le Mein , et s’établit entre Offenbacli et Stockstadt, où elle se mit en communication avec Aschaffenburg.
A la vérité , Wartensleben s’était un peu trop étendu ; cependant la position qu’il choisit remplissait assez son but , et s’il l’avait bien défendue , l’armée de Sambre et Meuse n’eût pas fait un pas de plus. Jourdan n’avait pas assez de monde pour passer le Mein à force ouverte entre Mayence et Francfort, et couvrir ses flancs contre les têtes de pont de ces deux places, où des masses considérables le menaçaient; il eût commis une nouvelle imprudence en se dirigeant vers le Mein supérieur , parce qu’il aurait donné prise aux Autrichiens sur ses communications (i) , avant d’atteindre
(0 Si la neutralité de la Hesse, sous la protection de la Prusse, n’eût empêché Jourdan de se porter vers Hanau pour y tenter le passage du Mein, il y a tout lieu de croire que loin de donner prise sur ses communications, il eût menacé celles de son adversaire. Il ne se serait certaine-
leur ligne de retraite vers l’Archiduc et le Danube. Son début vicieux , en le plaçant dans cette situation délicate , avait permis à l’ennemi de se retirer librement sur le bas Mein. 11 ne lui restait donc d’autre parti cpie de le déloger de Francfort, afin de lui enlever le point d’où pouvait partir incessamment le coup le plus funeste contre lui.
On savait que la place n’était pas tenable, et que ses fortifications se trouvaient en trèsmauvais état ; sa grande population , ses richesses, intéressant vivement les Autrichiens à sa conservation, fondèrent Jourdan à penser qu’il suffirait d'un bombardement pour la faire tomber entre ses mains; en conséquence, il fut résolu.
L’armée française resta , le 11 juillet, dans sa position de la veille. L’attaque fut fixée pour le 12; mais attendu que l’ennemi n’avait pas été complètement battu, on recommanda la plus grande prudence aux chefs des différentes colonnes. Les avant-gardes devaient reconnaître d’abord la position de l'ennemi , et être
ment pas compromis en opérant ce mouvement avec 60 mille hommes contre 4o mille rejetés sur la défensive, et tout occupés de leur propre conservation.