CHAPITRE X
auquel il avait expédié un courrier , pour prendre ses ordres. Le trompette était suivi d’une députation du Sénat, qui demanda grâce. Le feu cessa; la députation et la dépêche de Wartensleben, furent envoyées à Homburg, quartier -général de Jourdan. La garnison profita de ce répit pour arrêter l’incendie et mettre en état les contrescarpes; Kleher de son côté , éleva de nouvelles batteries , fit venir des munitions , et rassembla des échelles dans les villages voisins.
Cependant Jourdan fut inexorable ; il n’accorda aux magistrats qu’une suspension d’armes de trois heures , menaçant la ville d’assaut et d’incendie; ce délai écoulé le i3 au soir, Kleber fit un feu violent de toute son artillerie. Des mouvemens de troupes , l’aspect des échelles apportées à dessein d’épouvanter les assiégés , leur firent croire qu’on allait tenter l'escalade. Le feu se déclarant au même moment en beaucoup d’endroits , Wartensleben entra en pourparlers avec Kleber : ils convinrent d’un armistice de quarante-huit heures. Aux termes de cette suspension d’armes, les Français ne devaient entrer dans Francfort, ni mettre pied sur la rive gauche du Mein , ni de la Kinzig , avant le 16, à sept heures du matin.
Cette convention était tout-à-fait dans l es-
prit (les instructions de l'Archiduc , pour qui la position de Francfort perdait toute son importance , dès qu’il se retirait sur le Danube. Wartensleben à la faveur de l'armistice, se dirigea sur Würzburg. Dès-lors ayant assez d’avance pour s opposer incessamment à 1 ennemi , il était sûr de pouvoir concentrer bientôt, sur le haut Mein, son armée étendue sous Màyence. Accorder du temps à im adversaire qui est sur la défensive , en retraite , et qu on a tourné, c’est lui fournir gratuitement 1 occasion de ressaisir l’avantage qu’il n’aurait recouvré qu’avec peine , et peut-être jamais.
Wartensleben profita de la convention, pour gagner Würzburg sans être inquiété. Le i5, l’armée autrichienne se mit en marche sur deux colonnes ; toutes les troupes placées sur le Mein jusqu’à Offenbach, vinrent à Aschaffenburg ; celles qui étaient à Aarheilingen , plus bas vers le Rhin , dans un camp derrière Bobenhausen. Un corps volant d’un bataillon et 8 escadrons , commandé par le général Elsnitz, se retira sur la gauche par Darmstadt et Weinheim; il ne resta que des postes de cavalerie en présence des avant-gardes françaises.
Le 16 , toutes les divisions parvinrent à leur nouvelle destination; continuant leur marche le lendemain, elles passèrent le Mein sur un