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CHAPITRE X

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la rejoignit. Le gros de cette division française les suivit et bivouaqua près de la route , occupant Burgsinn , Maidsinn, Mittelsinn etWernfeld par ses avant-postes. Collaud s’établit sur la hauteur de Ruppertshütte et Bartenstein , son avant-garde à Lohr ; des coureurs se montrèrent sur les hauteurs de Zeilingen et Herstadt. Ces deux divisions gardèrent leurs positions le 20; Championnet et ‘Grenier restèrent à Wiesen , où ce dernier était arrivé le ig, après avoir été relevé la veille , à Aschaffenburg par la division Bernadette.

Le mouvement des Français sur Gemünden détermina l’avant-garde autrichienne stationnée aux environs d’Esselbach et de Boesenbach , à se retirer à Lengfurt , d’où elle se porta le 20 à Würzburg , pour y passer le Mein à la nuit. Toutes les forces de Wartenslehen étaient concentrées. 11 choisit sagement Würzburg comme point de direction ; car quoique l’Archiduc fût encore le 20 sur le îïecker , le premier ne pouvait espérer se joindre à lui dans cette contrée; en effet, il n’avait plus de libre que la route de Miltenberg et Heilbronn , encore la longueur de son détour rendait sa jonction à la grande armée sur le Necker , d’autant plus incertaine, que celle-ci était en pleine marche vers le Da-

204 histoire de la campagne de 1796.

nube; de plus, le mouvement eût été dangereux : parce que déjà engagé dans les défilés du Necker, l’Archiduc aurait rencontré des obstacles insurmontables dans l’exécution des manœuvres qu’il eût tentées en faveur de son lieutenant. Leur jonction ne devenait possible , que dans le cas où le premier , attaquant son adversaire , Wartensleben aurait pris part au combat par une marche de flanc vers le Necker , dans les environs de Wimpfen. Mais qu’attendre d’une opération combinée à une pareille distance, contre l’ennemi qui avait, sur la rive gauche du PSecker, toute facilité de manœuvrer? La position de "Wiirzburg réunissait au contraire , plusieurs avantages stratégiques. Elle couvrait à la fois toutes les routes de la Bohême et celles qui mènent, par Ochsenfurt et Kitzingen, entre Ulm et Ratisbonne , sur le Danube. Tant que les Autrichiens en conservaient la possession , Jourdan n’eût pas osé s'avancer parSchweinfiirt et Bamberg , de peur de les avoir sur son flanc , à portée d’opérer sur ses communications , sans risque pour les leurs. Enfin le terrain des environs de Wiirzburg est d'une telle nature , qu’il facilite les mouvemens en tous sens.

Le Général autrichien agissait prudemment

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