‹ Vol. 2Chapitre 112 sur 157 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

si Jourdan portant son aile droite en avant , l’eût menacé de îe couper du Danube , et de le rejeter sur la route d’Egra.

Au lieu de poster un simple détachement sur la haute Kinzig , avec ordre d’y laisser paisiblement l’ennemi , le Général français chercha à occuper la route à laquelle il devait le restreindre , et marcha , après la prise de Francfort, sur Würzburg par Aschaffenburg Milteuberg. C’était sous la première de ces villes qu’il convenait d’attaquer les Impériaux ; et si la position se trouvait trop forte pour être emportée , il fallait s’établir vis-à-vis dans une semblable , afin de couvrir ses communications et

emparer le plutôt possible de la ligne de communication d' Aschaffenburg , jus que s et compris Nürnberg ; si Wartensleben persiste à rester entre le Nocher et le Mein , cela seul suffira pour vous donner un ascendant marqué sur lui ; s'il se retire dans cette direction , poursuivez-le avec acharnement avec le centre et la droite , tandis que la gauche quittant les bords de la Kinzig , se dirigera sur la Saal , s'emparera de Schweinfurt , et prendra position sur le haut Mein , aux environs de Lichtenfeld. » Par cette manœuvre , le Directoire croyait tourner l’armée autrichienne qui se serait portée sur la Rednltz , l’empêcher de s’élever sur le flanc gauche et les derrières de celle de Sambre et Meuse ; enfin la rejeter plus facilement en Bohême.

208 histoire de la.' campagne de 1796.

«a ligne de retraite , et faire sous sa protection des démonstrations contre Ochsenfurt. Wartensleben ne pouvait garder long-temps Würzburg : dès qu il l’aurait évacué , c’était le moment de le poursuivre sans relâche avec la droite, afin de le forcer à précipiter la retraite, ou à recevoir le combat dans une position défavorable. Alors sans doute, les Autrichiens eussent été anéantis, et la campagne, peut-être même la guerre, se fut terminée; car après la destruction de sa droite, l’Archiduc se serait trouvé dans l impuissance de résister aux deux armées ennemies. Tout concourut inutilement à procurer ce glorieux résultat au Général français , et c'est en vain que l’offensive lui donna l'initiative des mouvemens ; ses efforts ne visèrent point à forcer son adversaire à recevoir une bataille, où sa supériorité en infanterie lui donnait un espoir fondé de remporter la victoire.

On ne doit pas toujours réputer pour Général celui qui se trouve à la tête d une armée. La plupart de ceux qui commandent n'ont aucune idée de Stratégie , et ne connaissent que la Tactique. Incapables d'embrasser l'ensemble des grandes opérations , ils ne sont guidés que par des vues étroites et momentanées ; leurs mouvemens n’ont aucun but

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