CHAPITRE XI
RI
12 escadrons , couvrit l’aile gauche à Plochingen. Le contingent de Souabe s’était déjà retiré à Gamerdingen.
La position des Autrichiens à Canstadt et Esslingen , parut trop menaçante pour que Moreau continuât ses operations , avant de les avoir délogés et éloignés du Necker. Il donna 1 ordre à Saint-Cyr de les repousser avec la division Taponnier , dans 1 intention de se diriger à droite aussitôt après cette attaque, de passer la rivière à Esslingen , et de marcher vers le Danube.
Ce plan , qui eût été bon lorsque l’Archiduc se trouvait encore sur ÎEnz ou à Pforzheim, était peu convenable dans les conjonctures pi esentes. Moreau , ayant rassemble la majeure partie de ses forces sur la gauche , pouvait-il bien se flatter de les porter à sa droite sans dévoiler ses desseins à l’Archiduc ? Celui-ci qui se trouvait a Canstadt , n etait-il pas à portée d occuper en forces la route de Plochingen et la vallée de la Fils , afin d’assurer ainsi sa communication avec le Danube, ou lès Français ne 1 eussent jamais devance ? La conséquence la plus favorable de cette manoeuvre eût été d’obliger les Autrichiens à continuer leur retraite sur ce fleuve , résultat que Ferino eût également obtenu en débouqhantde la Forêt-Noire ,
et s’avançant par la rive droite. Moreau aurait donc fait un meilleur usage de sa supériorité, s’il eût débordé la droite des Impériaux, pour les acculer au Danube , et les couper de leurs communications avec Wartensleben , car c’est ainsi qu’il eût assuré sa jonction avec Jourdan (1).
L’Archiduc devina l’intention de son adversaire. Mettant une grande importance à la possession de la route d'Esslingen à Ulm, qui est la plus rapprochée du Danube , il détacha , le 20 au soir, 6 bataillons et 6 escadrons à Plochingen ; 5 autres bataillons et i4 escadrons furent envoyés à Rœngen , afin de couvrir la route de Stuttgard à Kirchheim et Uihingen, dans la vallée de la Fils , et de pousser des détachemens à Urach pour observer l’ennemi. Ces renforts arrivèrent à temps. Le 21 au point du jour , Laroche parut vers Esslingen, et Taponnier, vis-à-vis de Canstadt. La fusillade commença entre les avant-postes.
(x) La Stratégie était alors dans son enfance. Moreau , comme ses collègues , n'avait encore fait jaillir que des étincelles de ce génie qui plus tard se développa en lui. Il ne fit pas plus d'efforts que Jourdan pour opérer la jonction des deux armées , et ne manœuvra point avec l’ha- Inleté qu’il déploya sur le même théâtre en 1800.