CHAPITRE XI. 2l
Les colonnes chargées de l'attaque de Berg et de Caustadt remplirent leur objet ; les Autrichiens furent repousses de l’autre côté du IVecker et perdirent le faubourg de cette dernière ville , sans avoir le temps d’en rompre le pont. Cependant, comme ils se maintinrent dans la ville et à la rive droite du Necker , les Français ne purent passer outre, et le combat se réduisit à une fusillade assez vive qui finit à la nuit.
Pendant qu’on se battait à Canstadt , les Français attaquèrent aussi le général Hotze à Esslingen ; une colonne fila de Degerloch à Nellingen parRuitli , vers Esslingen et laferme de Weilerhof; chemin faisant, elle replia les postes autrichiens dans les jardins d’Esslingen et sur la hauteur de la maison de péage; mais Hotze étant survenu avec 2 bataillons et 3 compagnies de chasseurs , la repoussa de Weilerhof et de la tête du bois voisin. Les Français renforcés à leur tour , revinrent inutilement à la charge : cette ferme et les hauteurs d’Ësslingen , restèrent au pouvoir des Autrichiens; les premiers retournèrent à Ruith , et placèrent des piquets à la lisière de la forêt.
Les deux partis restèrent en présence le 22. L’Archiduc avait déjà commis une faute d’attendre l’attaque des Français; mais c’en était
1 4 HISTOIRE de la campagne de 1796.
une bien plus grave de passer la journée dans cette position, d'autant qu'il était informé du projet de son adversaire , de sa supériorité , et de son arrivée à Ludwigsburg. Le temps qu'il gagnait par ce délai ne compensait pas le péril qu’il courait.
Ce ne fut que le 22 juillet que les Autrichiens se rendirent à Scborndorf , en deux colonnes , par la chaussée de Waiblingen et par Rorneishausen. L’arrière-garde partagée également en deux sections , s'établit à une heure après minuit, à Grossheppach et Beutelsbach, d’où elle forma une chaîne de postes, par Plochinhen et Kirchheim jusqu a Ovven. Le corps volant d'Ottmarsheim etMündelsheim se retira entre Winnenden et Hauweiler.
Le 21 ,1e contingent de Souabe, se prévalant de la déclaration du landgrave de Fur-, tensberg , portant « que les Princes souve- » rains du cercle de Souabe négociaient avec » la France , et que leurs troupes ne prend) draient plus de part aux opérations » se retira de Gamerdingen à Biberach.
Au moment où l’Archiduc se préparait à quitter les bords du Necker , le général Liudt, commandant les troupes saxonnes, lui déclara qu’il lui était impossible de s’éloigner des frontières de 1 électorat , et de continuer la cam-