CHAPITRE II
passage des Français, en 1795, n’avait que trop bien prouvé, que la ligne de démarcation prussienne ne pouvait être regardée comme un appui.
Une opération sur le Haut-Rhin , contre Huningue, présentait mille difficultés, quoique cette place ne soit elle-même que d'une faible importance. Le Rhin a peu de hons passages dans les environs, où d’ailleurs le terrain n’offre pas de position pour couvrir un siège.
L’armée d’observation aurait dû, dans ce cas, ou rester dans l’étroit espace compris entre le Rhin et les montagnes des Y osges , défendu d’un côté par Béfort , et borné de l'autre par Neuf- Brisach , ou laisser ces places derrière elle , pour les assiéger ensuite. Le premier parti était dangereux, et le dernier exigeait une supériorité marquée, parce qu il nécessitait un grand développement de forces , principalement dans les Vosges. Aucun des deux n’aurait rempli son but , à moins qu’une forte armée sur la rive droite du Rhin , vis-à-vis de Strasbourg, n’eût été à même de déjouer les projets des Français contre les communications des Autrichiens; or, c’est ce que l’on ne pouvait attendre de l’armée d'observation chargée de couvrir le siège d’Huningue , car elle eût été déjà trop occupée.
Les Impériaux dénoncèrent l'armistice, en déclarant que les hostilités recommenceraient le ier juin. Par suite de cette notification, les armées se concentrèrent de part et d'autre , les 3o et 3i mai, dans les positions d'où elles devaient bientôt se mesurer.
Elles étaient distribuées , ainsi qu'on le voit dans les tableaux ci-contre.
(Ton. i , pag. ij.)