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CHAPITRE II

ennemis. La levée du siège de Landaw et la retraite de ceux-ci sur le Rhin , étaient les conséquences infaillibles de cette manoeuvre. Or, les premiers se trouvant déjà maîtres des communications de leurs adversaires, n’auraient pas manqué de la rendre aussi pénible que périlleuse. Pour assiéger cette place avec apparence de succès , et s’opposer aux entreprises ultérieures des Français, il était donc indispensable de rassembler une forte armée sur chacune des extrémités de la ligne autrichienne.

La formation de ces deux armées n’aurait pas dispensé d’avoir un gros corps de troupes pour défendre la position que les Impériaux tenaient sur la rive gauche du Rhin , car dans son plus petit développement, elle devait s’étendre de la Lauter à la Nahe , laissant le Glan au centre , entre Pirmasens et Deux -Ponts. Ses deux ailes , appuyées au Rhin , décrivaient autour de Landaw un demi-cercle coupé par les montagnes des Vosges, dans lequel tous les corps isolés ne pouvaient se prêter secours , ni se réunir. Ainsi la France avait l'avantage de tous côtés, lors même qu’elle n’aurait pu mettre sur pied des armées aussi formidables que l’Autriche , car avec la faculté de concentrer ses forces à volonté sous la protection de

ses places, elle conservait, dans tous les cas, une supériorité réelle sur ses ennemis disséminés.

Cependant l'offensive sur les autres points n'offrait aucune chance favorable aux armées autrichiennes , et ne pouvait , dans l état de choses actuel, remplir 1 e but proposé. Il n'y avait que deux opérations susceptibles de réussir, à la faveur de circonstances particulières. C'était un passage du Rhin plus haut que Strasbourg , pour faire le siège d Huningue , ou une attaque sur la rive droite du Bas-Rhin pour reprendre Düsseldorf. Encore n’y avait-il pas beaucoup d'apparence de succès dans l un et l’autre cas.

La reprise de Düsseldorf aurait étendu, et par conséquent affaibli la ligne défensive , sans procurer d’appui à son aile gauche (1). Le

(i) L’auteur prouve ici la justesse de la remarque que nous avens faite plus haut, au sujet des places fortes sur le Bas-Rhin. Il va même jusqu'à dire qu’elles eussent été nuisibles aux Autrichiens, en donnant trop d’extension a leur ligne de défense; sur quoi nous observerons encore qu’il paraît aller trop loin. Les Autrichiens ne devaient pas considérer Dusseldorf comme une simple place, mais bien comme une tête de pont qui procurait aux Français un très-bon débouché sur la rive droite. Sous ce rapport, il méritait une attaque sérieuse.

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