CHAPITRE XIÎ
contre lui est grand. Aussi ces conseils, où l’on tremble d'être tourné ou coupé, prennent-ils toujours des décisions pusillanimes. On veut éviter le danger présent et ne rien hasarder , ce qui est pourtant inévitable dans une action vigoureuse et décisive , sans songer aux embarras qu’on se prépare , tant il est peu de gens qui percent dans l’avenir !
Si les craintes du conseil de guerre , pour
I aile gauclie de l’armée , motivèrent la retraite, celles de Wartensleben pour la droite et la route d Egra , étaient encore plus vives.
II détacha le 22 le général Mercantin, avec 27 escadrons à Burgwinheim , en lui prescrivant de faire courir la campagne à ses hussards, jusqu’à Eltman et Schweinfurt. L’armée le suivit dans la nuit du 22 au 2 3 , et prit deux camps à Brunn et à Neusess , sur le Sand Le 23 au matin, tous les avant-p stes furent repoussés de Wernek sur Schwanenfeld , après avoir soutenu un petit combat; leur marche depuis là ne fut plus troublée. Une partie de la cavalerie passa le Mein au gué de Dettelbach; le reste le traversa avec l’infanterie et la garnison de Wiirzburg à Schwarzach , sur deux ponts qui furent détruits aussitôt après. On établit une chaîne de postes , de Kitzingen jusqu’en face de Schweinfurt. Le gros de
l’arrière-garde campa entre Reipelsdorf et Schwarzach.
Ce mouvement ne rassura pas encore Wartensleben , lecpael croyait ne pouvoir défendre une route qu en l’occupant. Informé que des détaehemens ennemis poussaient jusqu’à Ilassfurt , sur la rive droite du Mein , il fit aussitôt partir Mercantin avec sa cavalerie , pour le passer à Eltmann. Les avant-gardes des deux partis se rencontrèrent à Hassfurt et Kloster- Therese ; mais les Français se replièrent sur Schweinfurt.
Le 24 juillet , AVartensleben suivit la cavalerie avec l’armée par Geroltzhofen à Eltmann, où l’infanterie passa le Mein sur deux ponts de pontons, et la cavalerie à gué, pour s’établir ainsi qn’il suit : 4 bataillons formant la droite dans Koenigsberg-, i4 bataillons et 24 escadrons sur les hauteurs entre cette ville et Zeil , appuyant leur gauche à la route de Schweinfurt à Bamberg; 2 bataillons et 10 escadrons à Sandt, sur la rive gauche du Mein, couvrant le chemin vicinal de Bamberg; un pont de pontons établit la communication entre ces deux lignes; un bataillon et 14 escadrons s’étendaient entre Breitbach et Ohci- Schwarzach, près du défilé sur la route de Wür-zburg. Toutes les autres troupes, con-