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CHAPITRE XII

Aussitôt que Wartensleben fut informé de ce mouvement , il se décida à attaquer Jourdan , et à punir la témérité qu’il avait eue de découvrir ses flancs et ses communications. L’attaque dut avoir lieu le a3 juillet sur trois colonnes : la première dirigée par Oberbleichfeld , Brechthausen et Wernek contre Schweinfurt; la deuxième , par Unter - Bleichfeld sur Arnstein;la dernière, parRetzbâch et Thüngen. La réserve eut l’ordre de suivre la seconde colonne. On jeta des ponts à Scliwarzacli pour faciliter la retraite aux deux premières ; il fut enjoint à la troisième , qui avait la sienne assurée par Kitzingen , de recueillir la garnison de Wjprzburg.

La résolution de Wartensleben était conforme aux circonstances. Il est probable qu’il eût battu l’ennemi, inférieur à lui sur le point d’attaque , et que le moindre des résultats eût été de conserver plus long-temps le point stratégique, si important de Würzburg;mais,le 22 au soir , à l'instant où il donnait les ordres de mouvement, le rapport d un déserteur annonçant l’arrivée de Bernadotte aux environs de Miltenberg , et ses dispositions pour se porter sur la Tauber, lit tout suspendre. Cette nouvelle, qui prouvait à quel point les Français se trouvaient dispersés, n’aurait pas dû retar-

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der l’attaque d’un instant. Eu efïèt , les postes autrichiens étant encore à Bischofsheim et Mergeuthein , Bernadotte ne pouvait gagner , le chemin de Schwarzach par Je flanc ou les derrières de 1 armée impériale, avant la décision du combat de Schweinfurt ; sur-tout si Wiirzburg restait fortement occupé. Néanmoins ’VV artensleben convoqua un conseil, et non-seulement on y ajourna lattaque , mais encore on y résolut la retraite.

Peu d’hommes ont assez d’énergie et de caractère , pour prononcer hardiment leur opinion , sans égard aux personnes et aux circonstances. D un autre côté , rien ne blesse plus l’amour - propre , que. ... le reproche du manque de jugement encouru par le général dont le plan a échoué ; car la plupart des hommes jugent du mérite d’une résolution d’après le succès qui , à la guerre , ne se calcule jamais d’avance avec certitude. Aussi tous ceux (jui sont appelés à un conseil de guerre, y entrent avec la conviction que le général en chef se trouve dans l'embarras, et cherche à s’étayer des avis d’autrui , pour rendre en cas de malheur ses fautes excusables. Chacun des membres est d'autant plus éloigné d émettre une opinion tranchante , que le nombre de ceux qui peuvent déposer

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