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CHAPITRE XII

il poussait devant lui Elsnitz , lequel abandonna enfin Marktbiber, et arriva le 28 à Burgwinheim; il occupa ensuite Schlusselfeld et Dieburg , d’où il communiqua , par des patrouilles , avec les avant - postes de l’armée. Les Français occupèrent Castel et - Ipbofen.

Jourdan garda le 3o juillet la position de Schweinfurt ; à partir du 2 5 , il ne se passa rien de remarquable dans les deux armées, quoiqu il y eût de fréquentes escarmouches , à l’occasion des reconnaissances continuelles que les généraux en chef ordonnaient.

Ils étaient tous deux sans plan , et ne voyaient pas jour à en former dans leur situation respective; ils s’épiaient pour se mettre en défaut par de petits moyens , et faire un pas de plus. Jourdan ne voulait que gagner du terrain, et Warlensleben mettait toute son étude à n’en pas perdre : ni l’un ni l’autre ne montra d’énergie , et ne profita des fautes grossières de son adversaire; on eût dit qu’ils avaient changé de rôle , et agissaient l’un pour l’autre. En tournant la droite de Wartensleben, Jourdan fit tout ce qu’il fallait pour le rejeter sur ses communications avec l'Archiduc et le Danube; et le général autrichien en les découvrant , semblait inviter son adversaire

2 3o HISTOIRE DE LA CAMPAGNE DE I796.

à s en rendre maître. Il s'appliqua à barrer aux Français une route sur laquelle ils ne pouvaient lui nuire, et où ils se seraient écartés de leur but.

Lorsque Wartensleben prit la résolution de se porter en toute diligence à Zeil , il dut présumer, ou que l’ennemi se trouvait en force à Scbweinfurt , ou qu’il n’y était pas. Dans le premier cas, il était probable que Jourdan s’avancerait rapidement dans cette direction, et alors il ne pouvait le prévenir; dans le second, il était inutile de manoeuvrer avec toute l'armée , pour s'opposer à lopération d'un simple détachement. De toute . manière , il semblait plus convenable d'opérer sur les communications de l'ennemi, en se portant sur la Wern avant que Bernadotte pût arriver, et de le fort'er par-là à la retraite; ou bien encore, s il ne voulait pas l’attaquer, de passer le Mein près de Dettelbach , et de prendre position à distance égale de Bamberg et de Scbweinfurt.

Supposé que Wartensleben fût déjà en mouvement sur Zeil , il eût bien fait de le continuer avec toutes ses troupes, afin d être en mesure d’attaquer l’ennemi, immédiatement après son arrivée; mais piiisqu il connaissait la direction dans laquelle s avançait la droite de 1 armée

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