chapitre XII
française , et qu’il pouvait facilement discerner son éloignement, il était plus probable qu’il le battrait alors, qu’après lui avoir donné le temps de rassembler ses forces. Ajoutez à cela que les Autrichiens n’avaient rien à craindre d’un échec , parce que l’ennemi ne menaçait pas leur retraite : c’était le cas ou jamais , de lui livrer bataille. Cependant Wartensleben élendit son front pour occuper toutes les routes aboutissant a Bamberg. Il se plaça , avec le gros de son armée, sur l’extrême droite, comme si des routes courant dans diverses directions pouvaient être défendues autrement que par le choix d’un bon point central.
Jourdan manoeuvrait encore plus mal. Ses deux ades étaient si éloignées, qu'il donnait à l’ennemi , quoique inférieur , l’occasion de les attaquer et de les battre , sans quelles pussent se secourir; d’ailleurs sa gauche s’étendait trop pour agir avec vigueur. Aussi tous les mouvemeus s’opérèrent lentement, comme cela est inévitable , quand on les ordonne d’après les reconnaissances de la position de l’ennemi. 1 malement , Jourdan perdit sept jours très -précieux, durant lesquels Wartensleben resta tranquille à Zeil. Il ne lui en fallait pas autant pour rassembler ses forces et attaquer' son adversaire; ou tout au moins pour rec-
tifier la fausse direction de ses opérations , en faisant passer le Mein , en toute diligence , aux divisions Collaud et Grenier et se portant avec elles contre Bamberg, pendant que Lefebvre amuserait Wartensleben sur son front.
Cette manoeuvre suffisait pour percer le faible cordon des Autrichiens. Leur armée, tournée par la gauche , eut été forcée de se retirer en toute bâte dans la direction prise ; trop heureuse encore d'atteindre la Bohème par des détours ! En cas d'échec , Jourdan avait une retraite assurée par la route de Würzburg , couverte par sa manoeuvre : les Autrichiens , meme victorieux, n'auraient pas osé s'avancer par Gmiinden et le laisser sur leur liane. Au pis-aller , quand toutes les routes lui eussent été coupées, il était toujours maître de se retirer vers le Necker.
L’expérience avait démontré jusqu'à nos jours, que les armées perdent en mobilité ce qu’elles gagnent par le nombre. Dans le siècle actuel leur force s'est considérablement accrue : néanmoins leurs mouvemens n'ont jamais été plus rapides. D'un autre côté , s'il est certain que la mobilité diminue en raison de l’agglomération des masses sur un seul point ou dans une même direction , il n'est pas moins