‹ Vol. 2Chapitre 126 sur 157 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

vrai que, pour obtenir l'avantage un jour de bataille, on doit rassembler toutes ses forces afki d’en opposer au moins d’égales à celles de son adversaire.. Des contradictions en apparence si manifestes , ne peuvent être expliquées et appréciées à leur juste valeur, que par un général stratégien qui aura saisi les points décisifs du théâtre de la guerre. En effet, ces points servent de but à tonies les colonnes, quoiqu’elles y marchent par plusieurs directions ; c'est là quelles se concentrent au moment du choc. Quand l’adversaire en est encore éloigne , o qu on a déjà remporté sur lui une victoire complote, qu’il est dispersé, coupé de ses communications, et sans appui; rien n empecîie alors de se diviser pour regagner , par la vitesse de ses marches , le temps, qu'on a employé à rassembler ses masses, à l’approche du combat, afin de s’ouvrir un chemin à la victoire.

Jourdan marchait et manoeuvrait en présence de l'ennemi, avec des colonues isolées, sans avoir obtenu ou sans viser à obtenir aucun avantage qui justifiât son système. Non-seulement il courut ie danger d’être battu en détail, ce qiu u eut pas manque d arriver à Wurtzbourg ouàZeil,avec un général plus hardi que Wartensleben;mais il négligea même l’objet qui seul pouvait motiver la dispersion de ses forces ,

234 HITTOIRE de la campagne de 1796.

c’est-à-dire la célérité des mouvemens. En effet , toutes les fois que ses colonnes rencontraient les Autrichiens , elles ne les forçaient à la retraite que par des combats ; perdant un temps précieux à attendre celles qui marchaient sur d autres directions , et sans jamais se trouver en mesure de profiter de leur supériorité numérique pour inquiéter f ennemi. Leurs manoeuvres lentes et étendues n’auraient décontenancé ni amené un autre adversaire à faire ce qu’ elles voulaient.

L’Archiduc ne dissimula pas à Wartenslehen son mécontentement de la conduite qu’il avait tenue depuis le 22 août. L'abandon de Wiirzburg , et la convocation du conseil de guerre , où , au lieu de se décider à attaquer l'ennemi , on prit le parti de se retirer à Zeil , 1 avaient vivement affecté. Il manda donc à son lieutenant qu’il allait le joindre pour frapper un coup décisif, et qu’il eût à se replier sur le Danube, en détachant un petit corps pour couvrir la frontière de Bohème. L'on observera que si Wartenslehen avait eu plutôt connaissance du plan d'opérations , son mouvement sur Zeil n'aurait probablement pas eu lieu ; il se serait retiré par Kitzingen à Ntirnberg , ce qui l'aurait conduit au point décisif avec plus de facilité et de vitesse.

Sans doute le plan d’un Général en ch

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