‹ Vol. 2Chapitre 155 sur 157 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

de cette béllé occasion de battre l’ennemi , et de l’inquiéter le 12, quand il se retira devant lui en plein jour. Un général entreprenant h’eut certainement pas manqué de mettre à profit les fautes de l’Archiduc , en faisant harceler sa retraite par une partie de son armée , qui aurait eu suffisamment de munitions pour le moment.

Finalement, si l’on compare les manœuvres de Moreau et de l’Archiduc , depuis la fin de juin jusqu’à la mi-août, on s’aperçoit qu'elles sont directement opposées aux principes qu’on a établis (1). Un mouvement offensif tenté à la suite d’un succès , avec des forces supérieures , doit être exécuté avec vigueur et rapidité ; la retraite d’une armée inférieure en nombre , au contraire , doit être faite avec calme , à pas mesurés , mais sans baltes inutiles , et dans des positions sûres. La marche de Moreau fut trop circonspecte, la retraite de

(1) Eugène et Frédéric sont quelquefois convenus de leurs fautes, mais un aveu semblable ne serait pas sorti de leur bouche : l’Archiduc fait plus; guidé par l’amour de l’art et de la vérité, il perpétue le souvenir des siennes en les gravant dans l’histoire , et se montre ainsi supérieur aux sentimens d’orgueil , si prompts à s’élever dans le coeur d’un Général qui a fait de grandes choses.

2g0 HISTOIRE DE LA CAMPAGNE DE 1796.

l’Archiduc trop lente; il mit de la témérité dans ses manœuvres et dans le choix de ses positions. Les motifs d’une conduite si différente se trouvent dans le caractère des deux Généraux.

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