CHAPITRE XV. 2S
des dispositions quïl ordonna le 19, lorsqu’il fut décidé à prendre l’initiative.
Le gros de l’armée française , de 33 bataillons et 4 6 escadrons arriva le même jour aux environs de Neresheim; le 1 1 , l’armée campa entre Dischingen et Schweindorf, refusant sa gauche, qui s’appuyait à la route de Nordlingen.
Si l’Archiduc ne laissant que de la cavalerie seulement à Kloster-Mædingen et Dillingen , eût attiré , dès la veille de la bataille , toute l’infanterie de ce dernier endroit à Amertinsen et Aufhausen,ouàChristgarten et Edesheim afin de la réunir à son centre , il aurait pu attaquer avec supériorité l’angle saillant de la position française , ce qui eût donné quelque espoir de succès. Loin de là, les colonnes isolées, qui le 1 1 s’avancèrent contre elle, étaient non-seulement trop faibles pour cette opération , mais leur éloignement les eût encore empêchées de se secourir et de se retirer en bon ordre , si les Français s’étaient jetés sur l’une d’elles. L’Archiduc , il est vrai , espérait surprendre l’ennemi en attaquant au point du jour , et se promettait beaucoup de la manoeuvre qu’il avait préparée pour tourner son aile droite ; mais un orage retarda l’attaque, et la sagacité de Moreau fit échouer ses dispositions. On doit donc rejeter comme vicieuse , toute manoeuvre qui ne met
pas assez de forces en actionau point décisif; et dont la réussite dépend de la coincidence d’événemens incertains ; car de légers accidens peuvent changer l’état des choses , et enlever au général la faculté d'y porter de prompts remèdes.
La conduite de Moreau , le jour delà bataille, fut prudente et habile : ni la perte de Heidenlieim , ni la manoeuvre qui menaça de tourner son aile droite, ni les démonstrations sur Bopfingen , ne lui firent prendre le change ; sa présence d’esprit fut admirable ; il tint ferme sur le point qu il avait choisi avec discernement.
Le seul reproche qu’on peut lui faire , c’est de 11e pas s’être porté en avant , lorsque les Autrichiens furent chassés de la forêt de Schweindorf , dès qu'il s'aperçut qu’ils étaient trop faibles pour appuyer leur attaque. S il eût laissé une division et la réserve àDischingen et Dunstelkingen , et se fût porté avec les trois autres entre Schweindorf et Forheim, l’ennemi aurait été coupé , culbuté et forcé à se retirer dans la vallée de la Kessel et sur le Danube. Le corps qui opérait de Mædingen contre Bopfingen et Neresheim, se fût trouvé entièrement coupé.
La fuite du parc d’artillerie de Fleidenheim, et la crainte de manquer de munitions, empêchèrent vraisemblablement Moreau de profiter